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Fin du masque dans certains lieux : Macron manie la carotte pour légitimer son pass sanitaire

Après avoir usé du bâton et annoncé l’imposition prochaine du pass sanitaire et par là même concrétisé un nouveau bond en avant dans l’autoritarisme de la gestion macronienne du Covid, voilà que le gouvernement joue de la carotte et annonce le futur retrait du port du masque, en arrière-plan c’est pourtant la 4ème vague et la menace du variant Delta qui se fait de plus en plus pressante.

jeudi 15 juillet

Crédits : WANG ZHAO / AFP

Dans un contexte d’ importante propagation du virus, notamment en France avec l’arrivée du variant Delta, et de possible 4ème vague Olivier Véran a annoncé la possibilité prochaine du retrait du port du masque dans certains lieux, notamment les espaces de loisir, comme l’a annoncé Olivier Véran au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron. Une mesure plus que surprenante dans le constat de l’imminence de la quatrième vague épidémique, plus virulente, plus meurtrière.

Cette annonce ne peut être analysée sur le seul terrain sanitaire et répond bien évidemment à des enjeux politiques. Lundi 12 juillet, Emmanuel Macron annonçait l’extension du pass sanitaire à l’ensemble des bars, restaurants, centres commerciaux et trains. Entre imposition vaccinale pour les soignants sous peine de licenciement, extension du pass sanitaire et fin de la gratuité des tests PCR à l’automne, l’allocution d’Emmanuel Macron, constituait un nouveau bond en avant dans la méthode autoritaire qui est opposée depuis des mois aux vagues de flux et reflux du Covid-19.
La généralisation de la vaccination est assurément l’une des clefs de résolution de la situation épidémique et le fait que près de la moitié de la population ne soit toujours pas vaccinée constitue un élément légitime de préoccupation mais les mesures autoritaires décidées par la macronie ne font que renforcer la défiance légitime vis-à-vis du gouvernement, et par extension celle plus contestable, et qu’il faut combattre, vis-à-vis de la vaccination. Face à la crise du Covid, le logiciel reste inchangé : contraindre, plutôt que convaincre.

Mais voilà donc qu’après avoir usé du bâton, le gouvernement joue de la carotte et par là-même s’autorise à jouer avec la santé de la population pour la forcer à suivre sa direction. Un savant mélange entre répression, pression et récompense. Répression envers les médecins et le personnel de restauration, qui risquent des sanctions en cas de non vaccination, pression pour les citoyens et les précaires, obligés de se faire vacciner pour accéder à certains lieux ou de payer les test PCR, et récompense, avec l’arrêt du port du masque dans certains lieux clos publiques.

A nouveau, en arrière-plan ce que le gouvernement essaye de faire miroiter à l’horizon c’est le retour des « jours heureux » dont la réalisation a été violemment percutée par le retour au premier plan de la crise sanitaire. Si Macron, se retrouve une nouvelle fois pris au dépourvu par la montée fulgurante et largement annoncée d’une 4ème vague de l’épidémie avec le variant Delta, il a au moins le mérite de la constance dans sa gestion erratique de la crise. Ainsi l’arrêt programmé du port du masque dans certains lieux publiques et clos, port qui rappelons-le, reste le meilleur moyen de lutter contre la propagation du virus d’autant plus face à la virulence du variant Delta, est au mieux surprenante.

Plus que jamais contre toute mesure policière et coercitive, il s’agirait d’œuvrer, à la base, à mettre en œuvre une véritable stratégie de prévention à même de briser les chaines de contamination. Une généralisation de la vaccination ne peut être imposée par la coercition, ni par des faux-semblants de mesures sanitaires, mais seulement par un travail patient de conviction que seule une alliance entre les soignants et la population peut mettre en œuvre, sur les lieux de travail et d’études, dans les quartiers populaires.




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