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Du Pain et des Roses

Culture du viol

Finkielkraut à heure de grande écoute : « Je dis aux hommes : violez les femmes »

C’est à une heure de grande écoute, sur LCI qu’Alain Finkielkraut s’est attaché à défendre Roman Polanski face à Caroline de Haas. Pour ce faire, il a appelé les hommes à « violer les femmes »…

jeudi 14 novembre

Dans l’émission « La grande confrontation » organisée sur LCI en prime time et animée par David Pujadas du mercredi 13 novembre, Alain Finkielkraut s’est livré à l’une des pires défenses du réalisateur Roman Polanski. Pour rappelle le cinéaste est accusé de viol et d’agressions par 12 femmes. Lors des faits, la plus jeune de ces femmes n’avait qu’une dizaine d’années, les autres étaient aussi pour beaucoup mineures, n’ayant que 13 ou 16 ans. Les faits se sont produit de 1977 jusqu’à récemment.

Alain Finkelkraut concentre sa défense de Polanski uniquement sur l’affaire la plus célèbre, le viol de Samantha Gailey qui n’avait alors que 13 ans « et 9 mois » comme tient bon de le préciser Finkelkraut pour amoindrir l’aspect pédophile de l’acte du réalisateur qui avait 44ans à l’époque. Il tient aussi à préciser aussi que la jeune adolescente avait « un petit amis » à l’époque, que donc elle était « pubère » comme si l’existence de relations de la part de l’adolescente la rendait disponible pour tous les prédateurs pédophiles. Cette ligne de défense est pour le moins ignoble en ce qu’elle justifie la pédophilie et l’abus de pouvoir du réalisateur sur une jeune fille. Un moyen de justifier et banaliser les nombreux viols dont est accusé Polanski.
 
L’autre cheval de bataille de Finkielkraut au cours de cette émission était la critique de la notion de culture du viol. Tandis que Caroline de Haas dénonçait la banalisation du viol – notamment sur les plateaux télévisés, par le biais de blagues – et le fait qu’il ait minimisé les actes de Roman Polanski, Finkielkraut a rétorqué : « « Violez, violez, violez ! Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs ! »

Des propos que Pujadas a immédiatement essayé de minimiser en décrétant qu’il s’agissait de second degré. Une réaction du présentateur qui n’est pas sans rappeler que lui-même avait décrété il y a quelques années que « le patriarcat c’est fini ».

 
Pourtant, chaque jour, des dizaines et des dizaines de femmes sont victimes de viols, et les propos de Finkielkraut, minimisés par Pujadas, à une heure de grande écoute, viennent banaliser ce triste quotidien. A 10 jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, ces propos scandaleux viennent nous rappeler que le combat contre le patriarcat est devant nous, et qu’il faudra pour cela s’en prendre à l’ensemble du système qui l’alimente et le justifie.

Crédit Photo : LCI