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Monde

Des classes qui se tiennent sages

Floride : des militaires embauchés comme enseignants pour réprimer la jeunesse

Après le port d’arme dans les écoles et les lois « Don’t say gay », le gouverneur de Floride offre une passerelle vers l’enseignement aux militaires. Une nouvelle offensive contre l'école et une tentative de réprimer la jeunesse

lundi 15 août

Crédits photos : Alexandra Radu/Anadolu Agency via AFP

Le pourrissement de l’école capitaliste atteint de nouveaux sommets. Alors que les élèves retrouvent le chemin de l’école aux États-Unis, c’est avec des militaires que certains feront leur rentrée en Floride.

Avec seulement 60 crédits universitaires (la moitié d’un programme de 4 ans), et 4 ans de service dans l’armée, militaires et anciens combattants pourront désormais obtenir une certification temporaire de 5 ans qui leur permettra d’enseigner dans les écoles publiques. Autrement dit, si vous êtes un parfait « patriote », que vous savez obéir et faire obéir, vous êtes désormais aussi, un parfait professeur. Initié par le gouverneur ultra-réactionnaire Ron DeSantis, cette nouvelle offensive contre l’école est permise grâce à une enveloppe de 8,5 millions de dollars, voté le 9 juillet, et destinée aux anciens combattants et à leurs épouses.

Dans une publication du 11 août, le gouverneur s’enorgueillit d’ailleurs du fait que « la Floride est l’État le plus généreux avec les militaires et les anciens combattants ». Ce dernier assume d’ailleurs pleinement le caractère idéologique de son choix : pour lui, rien de mieux qu’un ancien militaire pour faire chanter les élèves la main sur le cœur en regardant un drapeau.

Ce n’est pas la première fois que les militaires sont appelés en renfort dans les écoles aux États-Unis. En Janvier dernier notamment, le Nouveau Mexique avait fait appel à la garde nationale pour tenir les classes alors que les absences des professeurs, notamment dues au covid, se multipliaient. Cette solution de secours était déjà un révélateur du sous-investissement chronique dans l’éducation. La solution de DeSantis va plus loin, et marque par la transparence de ses intentions en termes de militarisation de l’école, d’embrigadement de la jeunesse.

Elle s’inscrit dans une offensive de longue haleine. Déjà en 2019, DeSantis avait autorisé les professeurs à porter des armes à l’intérieur de établissements scolaires. Le mois dernier, il signait la loi « Don’t say gay » qui interdit d’aborder l’oppression de genre alors que, en avril, il aviat imposé la même mesure concernant le racisme. Le voilà désormais logiquement à l’œuvre pour faire entrer progressivement de nouveaux types de professeurs qui pourront être armés et parler des « bons sujets ».

Alors que tout est fait pour que la destruction des conditions de travail et la rémunération des enseignants continue d’alimenter l’hémorragie de professeurs que subit le système éducatif, la militarisation de la jeunesse est une tendance qui n’épargne aucun pays. En France, les cinq années de Blanquer avec la création du Service National Universel ou encore le récent rattachement du Ministère de la jeunesse au Ministère des armée, marquent ce virage.

Alors que les perspectives belliqueuses des puissances impérialistes émaillent toujours plus la scène internationale, l’école est ainsi touchée par cette dynamique réactionnaire. Au delà de l’austérité imposée à l’école, l’éducation devient un enjeu idéologique de plus en central pour les capitalistes qui cherchent toujours plus à discipliner et réprimer la jeunesse.



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