^

Politique

Contre la répression

Franck, Gilet jaune éborgné au LBD, présent à la Sorbonne avec les étudiants

Franck, 20 ans, qui a perdu son œil a cause d’un tir de LBD 40 le 1er décembre, était aux côtés des étudiants et d’autres Gilets jaune pour protester contre la venue de Christophe Castaner à la Sorbonne ce mercredi.

jeudi 7 février

Le jeune homme, originaire de la Haute-Marne, en voyage à Paris pour quelques jours, s’était joint aux étudiants de Tolbiac qui bloquaient leur fac le 5 février. Alors qu’il a arrêté l’école en 6ème, c’était la première fois que Franck, 20 ans, mettait les pieds dans une université. Au cours de l’Assemblée Générale des étudiants, il a alors raconté comment le 1er décembre, sa vie à basculé lorsqu’il a reçu un tir de LBD40 dans l’œil droit, troublant sa vue à vie. Il a invité les étudiants à se joindre aux Gilets jaunes, puis a manifesté à leurs côtés l’après-midi.

Ce mercredi, Franck était une nouvelle fois aux côtés des étudiants lors du rassemblement contre la venue du ministère de l’intérieur à un colloque à la Sorbonne organisé autour du thème « L’intégration républicaine en péril : comment la refonder ? ». Le jeune homme s’est alors adressé à la foule rassemblée devant l’université : « Même mutilé, je continue, car à l’heure d’aujourd’hui le gouvernement est scandaleux, il nous fout dans une merde pas possible ! ». Ensuite, il a raconté comment à la manifestation du 5 février, des CRS se sont ouvertement moqué de sa blessure, et s’en sont même félicité devant lui en criant « Encore un qui était dans un viseur de notre collègue, félicitations à notre collègue ».

Des dizaines de camions de CRS avaient fait le déplacement pour la venue du Ministre, et Franck a saisi l’occasion pour les interpeller au mégaphone. Brandissant une photo de son œil juste après avoir reçu le tir de LBD40, le jeune homme scande : « Aujourd’hui, mes parents ont mal, car vous avez détruit une vie ».

Au même moment, plusieurs étudiants de l’université Paris 1, militants au Poing Levé, brandissaient des photos de gilets jaunes mutilés par la police au sein du colloque dans lequel ils s’étaient infiltrés. L’un d’eux interpelle le ministre à propos du cas de Franck : « Hier, en Assemblée Générale, un jeune de 20 ans qui s’appelle Franck est venu témoigner, il a été éborgné par votre police. […] Vous dites que vous ne voyez pas les violences policières, on est venus vous les montrer », ce à quoi le ministre a osé répondre « Je ne connais aucun policer qui attaque un quelconque manifestant ».




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Répression   /    Politique