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Politique

CRISE SANITAIRE

« Fulgurance » de la 5ème vague : vers un renforcement de l’autoritarisme sanitaire ?

Face à "l'expansion fulgurante" de la 5ème vague, le gouvernement Macron est forcé de changer de ton. Mercredi se tiendra un Conseil de Défense sanitaire, duquel sortira possiblement un renforcement des outils autoritaires utilisés par le gouvernement.

lundi 22 novembre

Source photo : AFP/Thomas Samson

Face à l’expansion la cinquième vague sur l’ensemble du continent européen, le gouvernement français commence à changer de ton. C’est le sens de l’intervention de Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, qui déclarait ce dimanche au micro d’Europe 1 que « cette cinquième vague démarre de façon fulgurante ».

Car si de nombreux pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Belgique voient leur taux de contamination exploser, la France n’est pas en reste et connaît elle aussi une hausse exponentielle du nombre de cas de Covid-19. En effet, selon France Inter, « en moyenne calculée sur sept jours, le nombre de cas quotidiens a quasiment doublé en une semaine : il était de 18.189, contre 10.023 le dimanche précédent », soit une augmentation de 81,4 %. Une croissance alarmante qui commence à se répercuter, quoique dans un rythme inférieur pour l’heure, sur les admissions à l’hôpital, qui sont elles-aussi actuellement en hausse, avec 3269 nouvelles admissions pour Covid-19 la semaine passée, allant jusqu’à provoquer la mise en place de « plans blancs » dans les hôpitaux des zones les plus touchées .

La cinquième vague met en péril la politique du gouvernement Macron

La dégradation rapide de la situation sanitaire en France oblige le gouvernement Macron à changer ses plans : alors qu’il souhaitait tourner le plus rapidement possible la page du Covid-19 de laquelle il s’érigeait en vainqueur, pour pouvoir s’atteler à la campagne présidentielle, le gouvernement se retrouve forcé de remettre la question sanitaire au centre.

Bien que le gouvernement se retrouve de facto sur le devant de la scène à près de cinq mois des élections, ce qui, selon un des soutiens d’Emmanuel Macron, « le valorise » car « les Français ont une opinion plutôt positive de sa gestion de la crise jusqu’ici », la situation est en réalité bien périlleuse. En effet, dans le cadre où plusieurs pays d’Europe impose de nouveau des restrictions sanitaires, l’hypothèse d’un nouveau confinement en France cet hiver signerait pour Macron un échec total quant à l’autoritarisme sanitaire qu’il impose depuis le début de la crise. Car après l’imposition autoritaire du pass sanitaire cet été, qui a permis au gouvernement d’apparaître à l’international comme le pays qui avait le mieux réussi à maitriser la quatrième vague, la perspective d’une cinquième vague qui serait en mesure de mettre une terrible pression sur les hôpitaux – une hypothèse loin d’être à écarter, à l’instar de l’Allemagne, pourrait s’avérer très problématique pour Macron, qui sera dans ce cas comptable d’un éventuel confinement et ses conséquences, en vue des présidentielles.

Ainsi, le risque que les hôpitaux arrivent à saturation dans les prochaines semaines, ce qu’annonçait ce lundi Jean-François Delfraissy à l’antenne de LCI en expliquant que la cinquième vague aurait « un impact important de l’ordre de 1000 à 1500 hospitalisations par jour pendant plusieurs semaines », viendrait remettre en question le bilan de la stratégie sanitaire du gouvernement, ce que la droite n’hésitera pas à faire. Mais la cinquième vague aurait des conséquences plus graves encore pour Macron, qui avait pris comme l’un des principaux thèmes de campagne présidentielle la reprise économique, et qui se voit désormais obligé de mettre au deuxième plan l’horizon économique et social qu’il promouvait depuis septembre. C’est ce que présageait un élu macroniste dans l’Opinion : « Ce sera compliqué de gagner pour Macron si la Covid n’est toujours pas maîtrisée, redoute un élu macroniste. On sera renvoyé à notre incompétence ».

Vers un nouveau pari sanitaire criminel de Macron ?

Alors que la hausse des contaminations est déjà alarmante depuis plusieurs semaines, le gouvernement a pour l’heure maintenu ferme sa ligne, versant même dans le criminel, en refusant absolument tout rétablissement des tests gratuit pour les non-vaccinés. Suite à la « fulgurance » de la vague, Macron a convoqué sous pression un nouveau Conseil de Défense sanitaire où il décidera en définitive seul de la stratégie sanitaire à adopter.

Il est possible qu’à l’occasion, ils reviennent sur certaines des décisions prises, mais la ligne avancée par les ministres jusqu’à lors reposaient sur le renforcement des contrôles des pass sanitaires et la culpabilisation des non-vaccinés, à l’instar de Bruno Le Maire qui refusait encore il y a près d’une semaine de revenir sur l’arrêt de la gratuité des tests en expliquant qu’il fallait que « chacun prenne ses responsabilités ».

Plusieurs pistes sont cependant à l’étude, comme le revèle BFMTV. Ainsi, dans la lignée des recommandations du Conseil Scientifique, « le gouvernement envisage d’ouvrir le rappel vaccinal à tout le monde, six mois après la seconde dose ». Pour autant, la question de l’intégration de cette dose de rappel pour tous au pass sanitaire ne serait pas encore tranchée, toujours selon BFMTV. De même, continue le journal, « les sujets des jauges, notamment en cas de grands rassemblements, et le renforcement du télétravail ne font pas, pour l’heure, partie des priorités pour le gouvernement ».

Mais ce serait bien le renforcement des outils autoritaires existants qui pourraient s’avérer la pierre angulaire du dispositif gouvernemental, comme le renforcement des contrôles sur le pass sanitaire : « Il y autant de consignes que d’établissements, il faut clarifier », aurait expliqué à BFMTV un ministre participant au Conseil de Défense. Rendez-vous, mercredi.




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