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Gabriel, travailleur de la maintenance RATP : « C’est dans l’unité qu’on gagnera et pas dans la division ! »

« La lutte n'a pas d'étiquette syndicale. » Ce jeudi, les travailleurs de la maintenance de l’atelier RATP de Sucy-en-Brie en grève pour des augmentations de salaire ont envahi la Maison de la RATP. Nous relayons l’intervention de Gabriel, élu syndical à la CGT.

jeudi 17 novembre

Photo : Révolution Permanente

Ce jeudi, les grévistes de l’atelier de maintenance RATP de Sucy-en-Brie ont envahi la Maison de la RATP pour revendiquer des augmentations de salaire. Cette action coup de poing s’inscrit dans une série de journées de mobilisation isolées, dans la droite continuité de la « journée noire » qui a eu lieu à la RATP le 10 novembre dernier, en particulier du côté des métros et RER. Au métro, cinq lignes étaient en effet entièrement fermées et les autres lignes assuraient un service minimal, les deux lignes ayant assuré le service habituel étant celles automatisées. En colère face à leurs conditions de travail et à des salaires ne permettant pas de survivre face à l’inflation, les grévistes avaient déjà envahi le siège de la RATP pour interpeller la direction.

Si jeudi dernier, la forte mobilisation du ferré a contrasté avec la faiblesse des taux de grévistes du côté du secteur bus et de la maintenance, ce jeudi, l’envahissement de la maison de la RATP par les grévistes de Sucy-en-Brie a démontré une volonté de jonction et de durcir le mouvement. Ces derniers sont en effet en grève depuis mi-octobre et, partis au départ sur une revendication défensive contre le fait que la direction voulait leur retirer des primes, c’est aujourd’hui également pour 300 euros d’augmentation de salaires qu’ils se battent. Ils dénoncent également la casse de leurs conditions de travail, conséquence directe de l’ouverture à la concurrence. Ce jeudi, les travailleurs du plus grand atelier de maintenance du réseau ferré de la RATP ont finalement envahi le siège en scandant « la maintenance en colère, augmentez les salaires ! » et ont réussi à faire en sorte que la direction lève la séance du CSE pour recevoir les grévistes.

Une radicalité importante, donc, qui s’est ressentie dans la prise de parole de Gabriel, gréviste et élu syndical à la CGT « Notre arme, c’est de bloquer les trains [...]. Nous à la maintenance, on est en train de bloquer et on sait que ça va prendre des mois et des mois pour reprendre », conscient de la force des grévistes. À rebours de la logique de division qui peut primer aux sommets des syndicats, le gréviste a fini en expliquant : « Ils nous mettent la pression mais on va gagner ce combat ! C’est dans l’unité qu’on gagnera et pas dans la division ! Solidaires, FO, CGT, on peut réussir ensemble, et c’est ce qui est en train de se passer. »

Une envie d’en découdre qui doit donner de la force au mouvement et lui permettre de s’étendre, à tous les autres secteurs de la RATP mais également à tous les autres secteurs du monde du travail que l’inflation étouffe.

 



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