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Sous traitance du nettoyage en greve !

Gare de Lyon Perrache. 46ème jour de grève des travailleurs contre Arc-en-ciel et la mairie EELV

En grève depuis le 10 octobre, les travailleurs du nettoyage de la société Arc-en-ciel en sont à leur 46ème jour de grève pour s'opposer au non renouvellement de leur contrat décidé par la mairie de Lyon, dirigée par EELV.

Simon Derrerof

25 novembre 2022

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Crédits photos : Twitter @RachelKéké

Depuis maintenant plus de sept semaines, les travailleurs du nettoyage de la gare de Lyon Perrache, employés par la société sous traitante Arc-En-Ciel, sont en grève pour défendre leurs emplois. En effet, la mairie de Lyon dirigée par les verts, a annoncé que les contrats des agents ne seraient pas renouvelés en janvier, en raison d’un changement dans la politique d’attribution de marché, comme nous l’évoquions dans nos colonnes. Ainsi, la métropole menace de mettre à la porte 22 agents de nettoyage.

Si la mairie écologiste affirme agir au nom de l’ « insertion sociale », elle cherche surtout à se débarrasser des ex-grévistes de la gare routière Perrache, qui en juin 2021, avaient mené une grève de 10 jours pour dénoncer le harcèlement et les humiliations menés par un agent de la métropole. Si la métropole tente aujourd’hui d’apparaitre ouverte au dialogue, c’est pour tenter de sauver une image déjà bien dégradée. En effet, depuis le début du mouvement elle n’aura cessé d’harceler les grévistes et de tenter de les réprimer, allant jusqu’à interpeller le préfet sur la situation.

De plus, la métropole cherche à se couvrir comme l’illustrent les propos de Bertrand Artigny, vice-président chargé des finances, qui a renvoyé la responsabilité sur le dos du sous-traitant en affirmant que « la gestion des ressources humaines d’Arc-en-ciel lui impose de repositionner les personnes dans son entreprise voire à la holding T2MC » comme le relate Lyon Capitale. Pour tenter de se donner un vernis social, la métropole a émis l’hypothèse d’une potentielle embauche des salariés à condition que certains « ne trouvent pas à un poste correspondant à leurs compétences », sans pour autant donner de garantie sérieuse.

Arnaud Rivière de la Mure, syndicaliste au sein de la CNT affirme d’ailleurs en ce sens que « la fenêtre d’ouverture n’est pas synonyme de dialogue, on retient que la mairie a demandé à la sécurité d’empêcher les retours de salariés sur le site ». De plus, ces promesses d’embauches ne sont évidemment pas suffisantes à l’heure où la société Arc-en-ciel dans laquelle travaillent les grévistes est connue pour ses méthodes de voyou et licencie pratiquement systématiquement les travailleurs qui osent se rebeller contre la maltraitance au travail.

En réalité, la responsabilité de la mairie est clairement engagée, car elle a fait le choix de recourir à une entreprise comme Arc-en-ciel connue pour ses méthodes désastreuses alors qu’elle pourrait tout aussi bien mettre un terme au conflit en internalisant les travailleurs de la gare comme des salariés de la métropole.

Ainsi, depuis maintenant 46 jours, les travailleurs d’Arc-en-ciel se battent pour garder leur emploi. Face au mépris conjoint d’Arc-en-ciel et de la mairie EELV, la lutte des agents de nettoyage de Lyon Perrache rappelle que les conditions de travail et de vie des salariés de la sous-traitance sont soumises à une précarisation toujours plus grande.

L’entreprise Arc-en-ciel avait déjà connu une grève spontanée du personnel de la fac du Mirail pour dire « non à l’esclavage », dénonçant des conditions de travail intenable et le travail non payé. Actuellement, la grève de Lyon Perrache résonne particulièrement avec deux autres mobilisations sur des sites où travaillent le sous-traitant. C’est le cas à l’université de Paris 1 Tolbiac où les grévistes se battent notament contre le harcèlement et pour des salaires dignes, mais aussi à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine où 60 salariés ont fait grève la semaine dernière selon la CNT SO.

Ces mobilisations de salariés précaires viennent rappeler à quel point il est urgent d’en finir avec la sous-traitance qui permet aux directions d’entreprise et d’établissement de se déresponsabiliser des conditions de travail et de salaires toujours plus dégradées.


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