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Politique

Répression

Genève. Répression de prisonniers en grève du travail obligatoire pendant la canicule

Face à la canicule, les prisonniers sont particulièrement exposés et vulnérables. Surpopulation, étroitesse des cellules et travail obligatoire dans des ateliers étouffants forment le quotidien de nombreux détenus. Face à des conditions de travail insupportables, des prisonniers suisses se sont mis en grève, et affrontent une dure répression.

vendredi 22 juillet

crédit photo : OIP

A Genève, en Suisse, dans la prison de La Brenaz, les détenus sont astreints au travail obligatoire en atelier. Exposés à une température de près de 35 degrés dans le bâtiment, ceux-ci ont demandé à la direction de la prison de pouvoir ouvrir les fenêtres pour tenter de se rafraichir comme le rapporte la RTS. Face au refus du chef d’atelier, neuf prisonniers ont décidé de se mettre en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. S’appuyant sur le fait que les détenus ne disposent ni du droit de s’organiser, ni du droit de grève,la direction de la prison a immédiatement réprimé le mouvement, en sanctionnant collectivement les prisonniers de l’atelier. Ces derniers ont ainsi été privés de toute activité, et enfermé en cellule 23 heures sur 24, pendant une semaine.

 La violence de cette répression vient s’ajouter aux conditions de détention très dures que subissent les prisonniers, aggravées en période de fortes chaleurs. Comme a pu le décrire le média Street Press, l’atmosphère étouffante qui règne dans les maisons d’arrêts, accentuée par la surpopulation et l’enfermement, pèse lourdement sur les détenus. Dans le reportage, les détenus rapportent qu’il doivent eux même payer, entre 20 et 40€, pour équiper leur cellule d’ un ventilateur, les plus pauvres n’auront que leurs yeux pour pleurer. De plus, les nouveaux équipements de sécurité dont sont équipées les prisons mettent en danger la santé des prisonniers, comme les fenêtres anti-bruit installées aux Baumettes, qui ne permettent aucune aération par temps de canicule. C’est dans cette même prison des Baumettes qu’un détenu de 26 ans a été retrouvé mort dans sa cellule, dimanche 12 juin.

Le niveau historiquement haut de surpopulation, pour laquelle la France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2020 pour « conditions de détention inhumaines et dégradantes » empire les conditions de détention. Dans ce contexte, les vagues de canicule rendent encore plus dure la vie en prison. Les détenus sont en première ligne de l’épisode caniculaire. Et les Etats y ont trouvé un nouveau moyen de faire montre de l’ampleur de leur barbarie.



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