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Notre classe

Nos vies valent plus que leurs profits

Gers. Un Leader Price ferme sans prévenir ses employés.

Un matin de la semaine dernière, les onze employés du Leader Price de Fleurance, une petite ville du Gers, ont appris que leur magasin fermerait ses portes dans la semaine même.

vendredi 28 décembre 2018

En ces fêtes de fin d’année, le mépris des entreprises pour leurs salariés ne prend pas de vacances. A deux jours de Noël, les employés de l’enseigne de hard-discount Leader Price ont eu l’amère surprise d’apprendre que leur lieu de travail allait fermer ses portes très rapidement. Alors qu’aucune procédure de licenciement n’a été prévue, la direction générale du magasin l’avoue elle-même, certains employés n’ont pas encore reçu leur lettre de licenciement, les salariés se trouvent dans une situation révoltante.

Certains des employés se sont déjà vu proposer un reclassement dans une autre enseigne. Seul problème, celle-ci se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Fleurance, dans une autre ville, accessible seulement en voiture. On se rend assez bien compte des difficultés pour se rendre au travail que cela va poser à l’ensemble des employés.

« Silence radio », raconte Monique à RTL, responsable de caisse. « C’est ça qui me gêne le plus. On a donné, donné, donné pendant tant d’années », « Nous n’avons pas été accompagnés ». La mère de famille montre le mépris d’une boîte qui se déleste de ses employés sans prendre de pincettes, sans considérations sur l’implication d’un licenciement pour la vie d’une famille.

Même si cette affaire est révoltante, elle est le lot quotidien d’une majeure partie de la population vivant dans les zones rurales où l’accès au travail est bien trop souvent précaire. Les licenciements et les propositions de reclassement lunaires sont signes d’une incompréhension, d’une volonté de ne pas comprendre les conditions de vies de la majorité des travailleurs.

Et c’est justement contre ce mépris que se battent en ce moment les gilets jaunes. C’est contre le mépris du gouvernement et du grand patronat qui taxent les plus pauvres, leur retirent des aides et les enfoncent dans la misère.

Crédit photo : ERIC PIERMONT/AFP




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