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Politique

Gestion de la crise Made in Darmanin : 100.000 verbalisations depuis le début du reconfinement

Interviewé ce matin sur France Info, Gérald Darmanin a annoncé 100.000 verbalisations depuis le début du reconfinement et un durcissement des contrôles. Le ministre de l'Intérieur confirme que la seule réponse du gouvernement face à la crise sanitaire, c'est la répression.

samedi 14 novembre

crédit photo : capture d’écran France Info

12.000 verbalisations en 24h, voilà ce qui rendait fier le ministre de l’intérieur, ce vendredi matin au micro de France Info. Alors que la seconde vague s’annonce plus meurtrière que la première, avec déjà plus de 400 morts par jour, et que le gouvernement apparaît délégitimé à l’image de la mobilisation dans les établissements scolaires pour des protocoles sanitaires à la hauteur, Gérald Darmanin a répondu aux questions des journalistes en défendant une gestion répressive de la crise à l’image de la loi sécurité globale qui sera débattu sur les bancs de l’assemblée nationale à partir de mardi prochain.

100.000 verbalisations depuis le début du reconfinement et plus de 400 morts par jour : la gestion répressive de la crise sanitaire incapable de résorber l’épidémie

En introduisant par des chiffres tels que les 400 morts par jour causés par la pandémie, Gérald Darmanin annonce 100 000 verbalisations pour non-respect du nouveau confinement, dont 12 000 ces dernières 24h. Il passe ainsi par la culpabilisation de la population qui ne respecte pas le confinement pour justifier, dès aujourd’hui, l’augmentation du dispositif policier dans les rues. Tout cela pour faire croire que le gouvernement maîtrise la crise. « Je ne souhaite pas envoyer des policiers verbaliser des croyants devant une église mais s’il s’agit d’un acte répété, je le ferai dès ce week-end. Il n’y aura plus de week-end de mansuétude », a déclaré le ministre de l’intérieur, qui expose ainsi très clairement ses consignes au préfet. Il n’est plus question de laisser passer la moindre excuse de déplacement en dehors du fait d’aller travailler pour assurer les profits des grands patrons.

Comme le couvre-feu avait pu le montrer, le gouvernement ne cesse de durcir les mesures pour ne se concentrer que sur la préservation de l’économie. Pour cela, son seul outil est la répression donc le déploiement de la police et de la gendarmerie partout dans les rues. L’offensive sécuritaire se fait de plus en plus forte et violente, comme nous avons pu le voir lors de la mobilisation de l’éducation où de nombreux lycéens ont été gazés, matraqués et arrêtés. C’est toujours la même logique qui est de cacher la mauvaise gestion de la crise sanitaire par la répression policière. Car en attendant, cette seconde vague tend a être plus meurtrière que la première avec plus de 400 morts par jour, les hôpitaux n’ayant pas été préparés malgré les avertissements répétés des soignants depuis le mois de mai.

« 48 étrangers expulsés » : Darmanin instrumentalise les attentats pour justifier sa politique xénophobe

Interrogé sur la menace attentat, Darmanin déclare que celle-ci est toujours très présente, peut-être plus qu’en 2015. La différence qu’il apporte est qu’aujourd’hui la menace vient beaucoup plus de l’intérieur que de l’extérieur. Un discours qui montre, d’une part, la position impérialiste de la France en louant les exploits de l’armée française dans des pays sous domination tels que le Mali. D’autre part, en se vantant d’avoir exclu « des étrangers en situation irrégulière », le ministre fait l’apologie du racisme d’État. Le ministre de l’intérieur s’exprime en ces mots : « Il y en a 48 qui ont été expulsés [parmi les 231 « soupçonnés de radicalisation »] depuis que je suis ministre de l’Intérieur, il y en a eu plus de 450 depuis que le président de la République est Emmanuel Macron. Par ailleurs, il y a la moitié de ces 231 personnes qui sont désormais hors d’état de nuire. Plus de 50 sont en centre de rétention administrative en attendant d’être expulsés dans les heures et les jours qui viennent. Une quarantaine sont assignés en résidence afin d’être particulièrement surveillés ».

Par ailleurs, parler de menace endogène s’inscrit dans l’offensive islamophobe du gouvernement. Darmanin considère que la menace viendrait de l’intérieur avec des personnes radicalisées via des « officines islamistes radicales ». Des propos qui ne sont qu’une suite logique au discours sur le séparatisme de Macron. C’est cultiver la culture de la peur et la division de la population sur des bases islamophobes ou racistes, en construisant l’image d’un ennemi intérieur incarné par les étrangers.

La loi de Sécurité Globale : l’offensive sécuritaire en marche

En commençant par dire que les attentats « c’est aussi les meurtres de policiers à leur domicile » suite à la publication de vidéos, Gerald Darmanin criminalise par un tour de passe-passe les journalistes et tout ceux qui filment les images de violences policières en manifestations ou dans les quartiers populaires. Ainsi le ministre a annoncé que les images de violences policières pendant les manifestations des Gilets Jaunes ou celles qui ont révélé l’affaire Benalla, ne devraient plus être diffusé sans avoir été flouté. C’est un pas de plus vers l’impunité policière que veut ainsi faire le ministre, afin d’invisibiliser les violences policières et criminaliser ceux qui les dénoncent.

En somme, cette interview de Gérald Darmanin s’inscrit parfaitement dans la logique actuelle du gouvernement qui est de poursuivre la gestion répressive de la crise, et profiter du confinement et de l’État d’urgence sanitaire pour mener une offensive contre les droits démocratiques. Pendant ce temps, l’épidémie de Covid19 continue de faire des dégâts. Alors dans cette situation il s’agit de dénoncer les attaques sécuritaires et exiger des moyens pour la santé et l’éducation afin d’augmenter le nombre de lits dans les hôpitaux et embaucher des soignants, et non pour la police et la répression.




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