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Gestion sanitaire catastrophique : Une nouvelle vague redoutée fin juillet ?

Face à la propagation du variant Delta, le ministre de la Santé Olivier Véran s’inquiète d’une quatrième vague fin juillet. Malgré la présence de ce variant depuis plus d’un mois sur le territoire français, une nouvelle fois le gouvernement avait pourtant choisi de faire l'autruche rejouant la carte du « retour a la normal », preuve supplémentaire de son inconséquence.

mardi 6 juillet

Source photo : Alfredo ESTRELLA / AFP

Ce dimanche soir, sur son compte Twitter, le ministre de la Santé Olivier Véran a affirmé ses craintes quant à la propagation du virus en France : « Depuis 5 jours, le virus ne baisse plus, il réaugmente ». Nous sommes, en effet, face à une légère hausse du nombre de cas de Covid-19. 2 549 nouveaux cas ont été recensés dimanche dans le pays, soit une moyenne sur sept jours de 2 312 nouvelles infections quotidiennes. Une semaine plus tôt, le 27 juin le nombre de nouveaux cas en 24 heures était de 1 578, avec une moyenne sur sept jours de 1 816. Soit une augmentation de plus d’un quart du nombre de cas (27,3%).

Selon France Info : « Dimanche est également le septième jour consécutif de hausse, même légère, du nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19. Une recrudescence qui contraste avec plusieurs semaines de décrue. »

Cette progression est liée à celle du variant Delta en France. Ce variant, détecté pour la première fois en Inde, est plus transmissible selon Mahmoud Zureik, professeur en épidémiologie et santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines « de l’ordre de 40% à 60% par rapport au variant Alpha [également appelé variant anglais] , lui-même 50% plus transmissible que le variant original. »

Le variant Delta, est présent dans de nombreux pays. Actuellement, il touche violemment la Russie, qui a annoncé dimanche avoir recensé 25 142 nouvelles contaminations lors des dernières 24 heures, un record depuis le 2 janvier. De son côté, l’Afrique du Sud, en réponse à une forte hausse du nombre de cas a reconfiné son territoire fin juin, pour au moins deux semaines. Dans plusieurs pays dominés les hôpitaux recommencent à être saturé c’est le cas du Kazakhstan qui a annoncé un bilan de 3.003 nouveaux cas en 24 heures, un malheureux record pour ce pays d’Asie centrale, ou encore du Bangladesh, reconfiné depuis jeudi dernier face à une importante hausse, dans ce pays les hôpitaux n’arrivent plus à faire face au rythme de contaminations.

Face à ce bilan inquiétant, rappelons que Jean Castex, déclarait dans un entretien pour Le Parisien publié le 10 mai : « Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire », alors que dans le même temps, des clusters du variant indien (ancien nom du variant Delta) naissaient en Grande-Bretagne et qu’il commençait à se répandre en France, ce risque de quatrième vague était donc dans les tuyaux Malgré la propagation continuelle du variant, le gouvernement n’a pas mis en oeuvre une nouvelle fois de stratégie de prévention qui chercherait à briser les chaines de contamination.

Philippe Froguel, généticien lillois et professeur à l’Imperial College de Londres, cité par France Info évoque un autre faille dans la gestion française ne permettant pas l’éradication de ce variant : « le problème, c’est qu’on ne dispose pas de chiffres fiables sur la présence du variant Delta." Il accuse ici les séquençages. Selon lui, 500 000 séquençages ont été réalisés Outre-Manche pour traquer le variant Delta. Contre 3000 seulement par semaine en France. Ces chiffres sont très faibles, alors que la technique de biologie moléculaire de séquençage du virus est la seule manière de savoir s’il a muté ainsi qu’estimé sa date d’apparition, son origine géographique et sa vitesse de propagation. Le séquençage est donc crucial pour contrôler l’épidémie de Covid-19.

De plus, cette propagation du variant Delta est également la conséquence d’une crise sanitaire gérée au bénéfices des pays impérialistes multipliant ainsi les risques de développement de nouveaux variants toujours plus agressifs dans les pays sous domination qui n’ont pas les ressources pour faire face à la crise. De fait, début juin, on observait une concentration de 81% des doses vaccinales disponibles dans les pays impérialistes pour seulement 0,3% dans les pays à faible revenu.

La hausse de contamination actuelle et le risque d’une quatrième vague fin juillet s’inscrit dans la continuité de la guerre des vaccins engagées par les différents pays impérialistes. Le fait que ce variant soit né d’un pays dominé et qui n’a donc que très peu de moyens sanitaires pour faire face à une telle pandémie, montre une nouvelle fois comment les pays impérialistes inscrivent leur stratégie vaccinale au regard de leurs propres et seuls intérêts. En France, 51% de la population a reçu au moins sa première dose et 35,5% ont un schéma vaccinal complet, alors qu’en née par exemple seul 4,5% de la population a reçu les deux doses du vaccin.

La situation persistante avec les nouveaux variants souligne l’importance de freiner la circulation du virus. Pour cela, les solutions médicales, si elles sont nécessaires ne suffiront pas. Il faudra mettre fin au droit de propriété intellectuelle que défendent les États impérialistes pour satisfaire la soif de profit des grandes entreprises pharmaceutiques, mais surtout mettre en oeuvre une stratégie de prévention qui soit à même de briser les chaines de contamination. A leur gestion criminelle et répressive, il est temps d’imposer une gestion par en bas, des travailleur.e.s qui sont les seuls capables de prendre en charge la crise sanitaire. Il est urgent d’investir massivement dans les hôpitaux et les structures de santé afin d’augmenter le nombre de lit en réanimation . Exigeons la levée immédiate des brevets sur les vaccins, ce n’est qu’ainsi que nous pourrons mener à bien une stratégie de vaccination massive !




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