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Politique

Justice de classe

Gilets Jaunes. Édouard Philippe se vante de 1800 condamnations devant l’Assemblée

1796 condamnations, 1422 personnes en attente de jugement, 1300 comparutions immédiates, 316 personnes placées sous mandat de dépôt depuis le 17 novembre : voilà les chiffres revendiqués par le Premier ministre devant l’Assemblée ce mardi.

mardi 12 février

Crédit photo : LP/Philippe de Poulpiquet

Près de 1800 condamnations de manifestants par la Justice, dont s’est targué le Premier ministre devant l’Assemblée nationale pour tenter de faire passer ce message : le gouvernement garde le cap et fait régner l’ordre. Les propos de Philippe tenaient ainsi presque de la fanfaronnade. Ces chiffres des plus hallucinants quant aux moyens employés, dans la police et dans la justice, pour réprimer les manifestants montrent bien le désarroi du gouvernement pour refermer la crise ouverte.

Mais cette crise est loin de se refermer : à la fois du côté du gouvernement avec la démission du « cerveau » de Macron, l’affaire Benalla brusquement rouverte et un grand débat qui ne prend absolument pas. Au contraire, les manifestations continuent chaque samedi, malgré la violence de la répression policière, et en sont d’autant plus radicales.

Face à cela c’est la carte de la répression, aussi bien policière que judiciaire, que jouent Macron et son gouvernement, pour tenter de remettre tout le monde dans les rangs. Et on connaît le caractère arbitraire de cette justice de classe, qui a les moyens de condamner de manière totalement expéditive et sans preuve aucune, avec notamment un recours fréquent à la présomption de violences de groupe.

Philippe peut bien citer dans son discours les actes les plus impressionnants s’étant déroulé pendant les manifestations, les plus de 60 % de soutiens au mouvement qui s’expriment toujours signifient bien cela : la vraie violence est sociale, c’est celle infligée par le gouvernement et le patronat à grands renforts des forces de répression. Aujourd’hui c’est la relaxe d’absolument tous les inculpés qu’il faut exiger et pour laquelle il faut se battre.

Et parmi ces centaines de condamnés, l’arbitraire de leur Justice est bien en acte. L’article de la loi Sarkozy 2, pouvant incriminer toute personne pour « Participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes et de dégradations de biens » est utilisé à foison pour criminaliser toute personne ayant sur soi de quoi se protéger de la répression policière. La loi « anti-casseur » déjà adoptée à l’Assemblée est un outil de plus dans tout l’arsenal juridique à disposition du gouvernement pour criminaliser les manifestants.

Ainsi que nous l’écrivions en décembre, toutes les condamnations sont emblématiques de cet arbitraire de la justice : « celle de Steven, un maçon de 24 ans passant devant le tribunal pour avoir ramassé un casque de vélo devant un Décathlon saccagé pour se protéger et qui écope de trois mois de prison avec sursis pour « Vol caractérisé et participation à l’émeute ». Celle de Ryad, artisan, condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir transporté, dans sa voiture, un petit marteau. Et puis tous les autres, venant souvent de région, manifestant pour la première fois, et qui vont être condamnés pour avoir transporté sur eux pour se protéger, des masques, du sérum physiologique, ou des protège-tibias, sans savoir qu’il s’agissait désormais d’un moyen pour la justice de les inculper. »

Les chiffres tombent au moment où le procès de Christophe Dettinger va avoir lieu, le boxeur devenu symbole d’un refus de baisser la tête face à la violence de la répression policière.
Pour donner quelques éléments de comparaison avec ces taux de répression, durant la loi travail n°1, de mars à juin 2016, ce sont 753 manifestants qui avaient été poursuivis par la Justice (sans être tous condamnés). Face à cette justice de classe, qui nous condamne et nous criminalise, nous devons intensifier le combat contre Macron, sa répression et son monde.

Relaxe de tous les inculpés !




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