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Politique

Blessés et fichés

Gilets Jaunes fichés à l’hôpital et violation du secret médical : le Canard Enchaîné confirme les doutes

Cela fait plusieurs mois que des rumeurs circulent sur le fichage des manifestants dans les hôpitaux. Après des premières confirmations la semaine dernière, le Canard enchaîné revient à la charge avec de nouveaux documents. Un fichier avec des noms et des détails sur les blessés circulent effectivement dans les hôpitaux parisiens de l'APHP.

mercredi 24 avril

Quand on est blessé dans les manifestations Gilets Jaunes, on réfléchit à deux fois avant de se rendre à l’hôpital pour se faire soigner. Et d’autant plus quand on voit les peines prises par des manifestants pour n’importe quel prétexte, et les lois visant à criminaliser les Gilets jaunes.

Le Canard enchaîné sortait mercredi dernier un papier ratifiant le fait qu’un fichier, nommé SI-VIC, mis en place durant les attentats de 2015 par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour dénombrer le nombre de blessés, étant toujours en cours d’utilisation. Mais cette fois-ci, pour ficher les manifestants. Loin d’être seulement un outils de décompte du nombre de blessés, comme l’affirmait d’abord le directeur de l’AP-HP, Martin Hirsh, il s’agit bel et bien d’un fichier permettant de divulguer les identités et des détails sur les personnes hospitalisées. Le 20 avril, l’AP-HP avait néanmoins été obligé de reconnaître l’existence de ce fichier, assurant par contre qu’il ne contenait rien de médical...

Sauf que, ce mercredi, Le Canard revient à la charge avec preuves à l’appui sur les pratiques des hôpitaux parisiens. Des extraits du fichier sont ainsi publiés, avec des détails sur le noms, adresse, date de naissance des personnes blessés, et des détails médicaux : « Flash ball cuisse, tir flash ball plaie arcade, traumatisme main gauche » ou encore « Chaussettes vertes à petits pois, cheveux courts, manque petit orteil pied droit »

Un « secret médical » livré sur le plateau aux ministères de la Santé, de la Justice, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. « L’inscription d’Untel résidant à telle adresse, pris en charge à 16h46 pour un tir de flashball à l’hôpital Cochin, représente une info en or pour les flics qui voudraient le cueillir ou simplement enrichir leur répertoire de manifestants », souligne le Canard Enchaîné.

La veille de ces nouvelles révélations confirmant ces pratiques liberticides, l’Ordre des médecins condamnaient déjà ces pratiques. Une dénonciation dont devrait s’emparer tout notre camp social face à la recrudescence de ces fichages, bien loin de se cantonner au seul AP-HP, qui ne font que renforcer le dispositif répressif de l’exécutif.




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