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Gilets jaunes : il n’y a ni « répression » ni « violences policières » pour Macron

Alors que l'autoritarisme et la brutalité vont croissantes, touchant même, comme au cours de l'acte 16, de simples passants, dont l'un a reçu un tir de LBD en pleine bouche, Macron, acculé face à la réalité de la répression, décide tout simplement... de trouver « inacceptable » qu'on emploie les termes « répression » et « violences policières ».

Crédit photo : AFP F. Tanneau

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C’est bien l’une des fonctions du grand débat : une mystification à large échelle. Alors que la répression se poursuit, et de façon particulièrement brutale, touchant des passants dans la rue, il s’agit d’ouvrir un front qui confère l’apparence d’un débat à ce qui n’est qu’une façon de gagner du temps et lutter pour l’espace médiation et politique pour en finir avec les Gilets Jaunes.

Pourtant, force est de constater que la recette a du mal à prendre.

Cette fois, c’est une jeune agricultrice bio du Var, Alexia Olagnon, qui est intervenu au cours d’un débat jeudi, organisé à Gréoux-les-Bains (en Alpes de Haute-Provence), pour dénoncer la répression subie par le mouvement des Gilets Jaunes : Des « gilets jaunes » « sont certainement en train de se faire réprimer à l’extérieur de cette salle (...) La répression, on ne peut pas l’ignorer », a dit l’agricultrice, déclenchant les applaudissements de la salle. Elle a par ailleurs rappelé la répression ciblée ciblant les militants écologiques, « qui se retrouvent en garde à vue pour avoir décroché votre portrait pour le symbole. »

Pour seul réponse à cette répression barbare, devenue impossible à ignorer, y compris pour les grands médias, Macron s’est contenté de... réfuter le terme : « Je n’aime pas le terme de répression car il ne représente pas la réalité » . Jugeant le terme inacceptable, il a poursuivi en présentant son grand débat comme la chose la plus démocratique qui existe : "Je vous invite à me présenter des régimes autoritaires et répressifs où ce type de débat est organisé" – se gardant de mentionner la tentative de perquisition qui a ciblé Mediapart, la répression de masse qui cible les Gilets Jaunes, la loi anti-casseurs qui restreint le droit de manifester ou encore ses tentatives récentes d’instrumentaliser l’antisionisme à des fins de criminalisation des mouvement sociaux. Les habits démocratiques dont se parent Macron ressemblent de plus en plus à des loques.

Plus encore, le président a enfoncé le clou en retournant l’accusation de violence, en faisant porter la responsabilité aux Gilets Jaunes : « Depuis plusieurs semaines, il y a des gens qui ont décidé de s’infiltrer et de dénaturer le mouvement. Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit (...) Ils ont détruit, menacé, et frappé les forces de l’ordre qui sont chargées de vous protéger. (…) Partout où il y a de la violence, j’assume que les forces de l’ordre soient en mesure de se protéger et de protéger l’ordre public ».

Bref, une nouvelle tentative grossière de justifier la répression de masse qui s’abat sur le mouvement des Gilets Jaunes alors que leur mobilisation se poursuit, et continue de porter un coup au rythme des réformes voulues par Macron.




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