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Politique

Vu dans le Canard Enchaîné

Gilets jaunes : le parquet de Paris ordonne des gardes-à-vue et des fichages abusifs

Le Canard Enchaîné a consulté un courrier compromettant : les magistrats du parquet de Paris auraient reçus de nouvelles consignes à adresser aux forces de l'ordre en cas d'interpellation de Gilets jaunes. Le courriel recommande ainsi le fichage systématique quelque soit les faits ou encore des garde-à-vue abusives...

mercredi 30 janvier

Photo : © MEHDI FEDOUACH / AFP

Une chose est sûre le gouvernement ne cesse de s’appuyer sur la mobilisation des gilets jaunes pour "s’armer" judiciairement en vue de la suite du mouvement et de ceux à venir. Après la loi "anti-casseurs" qui n’est rien d’autre qu’un arsenal répressif pour contrôler et empêcher toute contestation, un courriel consulté par le Canard Enchaîné et adressé aux magistrats du parquet de Paris par sa hiérarchie préconiserait un ensemble de consignes en cas d’interpellation de gilets jaunes.

Ainsi, les gilets jaunes, en plus de se faire gazer, matraquer, de risquer d’être blessé (gravement) par des tirs de flash-ball chaque samedi, auront droit à un traitement bien particulier en cas d’interpellation (plus de 10 000 depuis le début du mouvement).

Toute arrestation doit mener à maintenir ’l’inscription au fichier TAJ" (traitement des antécédents judiciaires) quelque soit le motif de l’interpellation et même "lorsque les faits ne sont pas constitués". A cela s’ajoute le fichage "même si les faits sont ténus", c’est-à-dire un fichage systématique de l’ensemble des interpellés lors des manifestations Gilets jaunes. Cerise sur le gâteau, une fois placé en garde-à-vue, tout Gilet jaune est désormais assuré de ne pas ressortir quelques heures plus tard : les magistrats sont priés de "de ne lever la garde-à-vue que le samedi soir ou le dimanche soir afin d’éviter que les intéressés ne viennent à nouveau grossir les rangs des fauteurs de trouble"

Le parquet de Paris a nié toute volonté de prolonger des gardes-à-vue sans raison. Pourtant, cela n’aurait rien de surprenant. La répression tant policière que judiciaire contre les manifestants ces dernières années, et particulièrement contre les gilets jaunes depuis novembre, ne fait que s’intensifier. Depuis le début du mouvement, nombreux sont les gilets jaunes qui sont passés en comparution immédiate et ont écopé de peine de prison.

Déjà début décembre, plusieurs peines de prison ferme ou avec sursis pour faire figure d’exemple et effrayer les gilets jaunes ont été prononcées. Des peines souvent arbitraire, non dues à un port d’armes ou à des violences attestées, mais pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes et de dégradations de biens ", selon l’article 222-14-2 du code pénal.




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