^

Politique

Répression

Gilets jaunes : six mois de prison ferme pour avoir appelé à bloquer une raffinerie

Hedi, c'est son prénom, est un Gilet Jaune de la première heure, diffusant en direct la plupart des actions du mouvement. Une peine de prison de six mois ferme vient d'etre prononcée, suite à son appel lancé le 2 janvier pour bloquer la raffinerie de Port-La Nouvelle.

jeudi 10 janvier

Photo : Hedi Martin

Le 2 janvier, lance un appel au blocage de la raffinerie de Port-La Nouvelle sur les réseaux sociaux, blocage qui, au plus fort, a paralysé une centaine de camions citernes sur le site, qui a été évacué dans la matinée, par la même occasion, Hedi est arrêté par les forces de l’ordre.

Le motif retenu contre lui, qui pourrait bien, au vu du tournant répressif pris par le gouvernement, se généraliser, celui d’organisation d’une manifestation illégale, le même motif qui avait été retenu pour arrêter Eric Drouet le 3 janvier. Le plus inquiétant consiste encore dans l’utilisation qui est faite contre lui de son profil Facebook, Hedi, sommé de justifier ses publications, subit une réelle intimidation au cours de son procès, presque coupable d’avance et comme responsable des violences commises contre la police, comme le rapporte le Monde : « Ce message (posté le 2 janvier) donne l’impression que vous êtes au centre de l’information », lui indique le président du tribunal. « Il faut tenir face au CRS, ça veut dire quoi ? Vous pouvez concevoir que ce message soit ambigu ? », lui a-t-il encore lancé. « Je partage tout ce qui a trait aux Gilets jaunes », expliquera-t-il pour justifier certains posts sur Facebook de nature injurieuse envers les forces de l’ordre. « Tous ces messages peuvent avoir une double lecture. Entre ce que vous dites et les actes qui ont lieu derrière, il y a une différence », lui signifie le président du tribunal. »

Le fait qu’Hedi ait par ailleurs acquis, dans le Narbonnais, une « certaine notoriété » comme l’a dit Philippe Romanello, président du tribunal, n’est pas anodin : en s’en prenant aux Gilets Jaunes les plus impliqués et les plus visibles, comme cela a été le cas avec Eric Drouet par exemple, le gouvernement entend poursuivre ses manœuvres d’intimidation par la répression, espérant que la crainte engendrée sera suffisante pour épuiser et apeurer le mouvement. Pourtant, au vu des réactions de solidarité qui ont pu émerger autour de la cagnotte de Christophe Dettinger, force est de constater que la réponse répressive su gouvernement, en plus de dévoiler la vraie nature de ce dernier, pourrait, tout au contraire de l’éteindre, attiser l’incendie des Gilets Jaunes.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Emmanuel Macron   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique