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Politique

Crise interne chez LREM

Gilles Le Gendre quitte la tête du groupe LREM : la crise interne s’accentue

Gilles Le Gendre, chef des députés du groupe parlementaire LREM, va quitter ses fonctions en septembre prochain. Ce départ « en toute liberté » cache en réalité une crise profonde de leadership dans le groupe de l'ex-majorité présidentielle.

jeudi 16 juillet

Crédit photo : Ludovic Marin - AFP

Gilles Le Gendre, chef du groupe LREM à l’Assemblée, a annoncé qu’il allait quitter son poste lors des prochaines journées parlementaires qui se tiendront les 10 et 11 septembre. Au lendemain du vote de confiance accordé à Jean Castex, le nouveau premier ministre de Macron, et du nouveau chemin pro-patronal que le haut fonctionnaire trace clairement, la décision de Le Gendre est lourde de signification. Celui qui incarnait un gouvernement « trop intelligent, trop subtil, trop technique » lors de la crise des Gilets Jaunes affirme prendre cette décision « en toute liberté » sans que « nul ne me l’impose ». Pourtant, les derniers mois de son investiture à la tête du groupe de l’ex-majorité présidentielle n’ont pas fait l’unanimité en interne.

Gilles Le Gendre fait les frais de la perte de confiance continue qui affecte le groupe LREM depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron. La multiplication des groupes parlementaires dissidents à LREM, affaiblissement le bloc macroniste petit à petit, avec un neuvième puis un dixième groupe ont soulevé les critiques en interne. Gilles Le Gendre, tenu pour responsable de ces défections, affirme qu’« un changement de président est nécessaire pour insuffler (un) nouvel élan » et qu’« un passage de relais s’impose, qui apportera du sang neuf à la tête de notre groupe ». Voilà pour la version officielle. Mais le député de Paris n’hésite pas à régler ses comptes, dans le courrier adressée aux membres de son groupe. Il revendique son départ, « n’en déplaise à celles ou ceux qui par ambition ou revanche personnelles seraient prêts à s’affranchir de nos règles internes, à mettre à mal notre unité et à trahir notre promesse de pratiquer la politique autrement, sans hésiter à s’afficher sur la place publique ».

Dernièrement, les critiques à son égard ont été vives et nombreuses dans les rangs du groupe LREM à l’Assemblée. En effet, en juin dernier, le magazine Marianne s’était procuré une note personnelle de Gilles Le Gendre adressée à Macron dans laquelle il lui proposait son casting pour un remaniement ministériel. Ne ménageant pas ses critiques envers Edouard Philippe trop distant avec le groupe LREM, Le Gendre n’épargnait pas non plus le gouvernement qui selon lui « doit être un vrai collectif, ce qui n’a jamais été le cas pendant trois ans ». Mais ce qui a dû le plus heurter ses collègues, c’est la sécheresse avec laquelle il assénait qu’« aucun candidat crédible » dans son groupe parlementaire ne pouvait prétendre au poste de Premier ministre.

Pour reprendre le flambeau des mains de Gilles Le Gendre, les candidats ne sont pas nombreux et très loin d’incarner le « sang neuf » que le député appelle de ses vœux. François de Rugy, un an après sa démission du gouvernement suite au scandale de frais de homard qu’il payait sur le dos des contribuables, se positionne depuis quelques semaines pour reprendre du service et incarner le groupe parlementaire marcroniste. De son côté, Christophe Castaner, ex-ministre de l’intérieur et architecte de la répression des Gilets Jaunes, laisse plâner le doute quand à sa possible candidature au poste de Gilles Le Gendre. On le voit, le groupe LREM peine à se renouveler et poursuit sa crise intérieure, témoignant d’une instabilité grandissante du pouvoir macroniste.




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