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Politique

Intervention impérialiste au Mali

Gouvernement et extrême-droite s’acharnent contre Sophie Pétronin et diffusent des fake news

En accablant cette femme résidant au Mali depuis 2001 et aspirant simplement à y retrouver sa vie d’avant, cette polémique occulte la responsabilité de l’intervention militaire français dans la déstabilisation de la région.

jeudi 4 novembre

L’annonce du retour au Mali de Sophie Pétronin a provoqué une déferlante de réactions nauséabondes de la part du Gouvernement et de l’extrême-droite. Tandis que Gabriel Attal, porte-parole du Gouvernement, a accusé l’ex-otage d’être « irresponsable » à la sortie du Conseil des ministres du 3 novembre, Aurore Bergé a quant à elle considéré que son retour constituait une « insulte » aux soldats français déployés au Mali. A cela, s’ajoutent les remarques islamophobes insinuant que sa conversion à l’islam, antérieure à sa captivité, serait un indice d’une proximité fantasmée avec ses ravisseurs.

En réalité, l’image des soldats français combattant pour délivrer Sophie Pétronin de ses geôliers islamistes est tout simplement fausse. En effet, sa libération est intervenue le 8 octobre 2020 en même temps que celle de deux ressortissants italiens, mais surtout de Soumaïla Cissé, homme politique malien, figure de l’opposition et trois fois candidat à l’élection présidentielle. C’est avant tout pour la libération de ce dernier que les autorités maliennes avaient négocié et concédé la libération de 200 prisonniers, désignés comme djihadistes, mais regroupant plus vraisemblablement des profils très divers, du véritable dirigeant islamiste au simple suspect.

Résidant au Mali depuis 2001 où elle est engagée contre la malnutrition infantile et a adopté un enfant, Sophie Pétronin aspire à retrouver sa vie d’avant sa captivité. En s’acharnant sur son cas personnel, le Gouvernement occulte les véritables conséquences de l’intervention militaire au Mali, à savoir la multiplication des groupes islamistes, l’extension de leurs zones de présence au Sahel, une catastrophe humanitaire avec plus de 4,2 millions de personnes déplacées de force, dont 918 000 demandeurs d’asile selon le HCR, ainsi que de multiples bavures de l’armée française, à l’image des six jeunes civils maliens morts sous les bombardements au printemps dernier.




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