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Russiagate

Grâce présidentielle pour un collaborateur condamné dans l’affaire russe : Trump assure ses arrières

Donald Trump se dépêche d’utiliser ses prérogatives présidentielles avant la fin de son mandat. Il a choisi de gracier un de ses proches, Michael Flynn, impliqué dans l’enquête sur la « collusion russe ».

jeudi 26 novembre 2020

Crédit photo : Fox News

Bien que Trump ait perdu l’élection présidentielle, il reste président des États-Unis jusqu’à l’investiture de Joe Biden en janvier. Il en profite donc pour faire le ménage avant de perdre le pouvoir pour se protéger dans l’affaire qui a occupé les deux premières années de son mandat : l’affaire de la « collusion avec la Russie ».

En effet, il vient de gracier un de ses proches, l’ancien général Flynn, qui avait déjà été condamné pour parjure dans le cadre de l’enquête sur le Russiagate. Cette grâce n’a pas uniquement pour effet de lever la peine du général mais aussi de clôturer définitivement le dossier. Il ne pourra donc plus être inquiété dans cette affaire.

Le Russiagate fait référence à cette affaire de 2016 dans laquelle des proches de Donald Trump ont été accusés de rencontrer des représentants russes qui auraient conduit à des actions de collusion russe lors de la campagne de 2016 pour la présidence états-unienne. Cette collaboration aurait culminé lors de la divulgation de mails d’Hillary Clinton alors qu’elle était Secrétaire d’État de Barack Obama. Ces mails avaient joué un rôle non-négligeable lors de la victoire de Trump en 2016.

Cette affaire s’était montrée être une épine dans le pied de Trump lors des deux premières années de son mandat avec une enquête du FBI et une enquête du congrès débouchant sur un rapport de 1 000 pages du sénat concluant à l’absence de « collusion » mais attestant des liens entre des membres de l’équipe électorale de Trump et la Russie. Au cours des années, cette affaire a connu de nombreux rebondissements avec notamment le limogeage de James Comey, alors directeur du FBI. A l’époque, les républicains avaient qualifié cette affaire de chasse aux sorcières menée par des démocrates revanchards après la défaite de Clinton.

Les différentes personnes incriminées dans l’affaire n’ont donc pas été directement condamnées pour collusion mais pour parjure ou pression sur des témoins. Cependant, avec le changement d’administration, le nouveau gouvernement démocrate pourrait rouvrir l’enquête conclue par la majorité républicaine. Cette réouverture pourrait conduire à mettre en cause des proches de Trump, voire Trump lui-même.

C’est dans ce contexte qu’intervient la grâce présidentielle de Michael Flynn. Ce dernier avait tout d’abord accepté de collaborer dans l’enquête avant de revenir sur son choix en échange d’une intervention du département de la justice. C’est ce que William Barr, l’homme à la tête du département de la justice, a fait. Il avait abandonné les poursuites assurant que l’interrogatoire à l’origine du parjure était « injustifié » car « sans lien » avec l’enquête. Mais le juge fédéral chargé du dossier, Emmet Sullivan, avait contesté cette procédure, provoquant la réouverture de l’enquête. C’est pourquoi Trump a gracié Flynn. C’est le deuxième proche qu’il blanchit dans cette affaire.

Le 10 juillet dernier, il a gracié le consultant politique Roger Stone, reconnu coupable en 2019 de mensonges au Congrès et de subornation de témoin. Il est considéré comme un intermédiaire entre la campagne de Donald Trump et le site WikiLeaks. Par ces grâces, Trump achète le silence des personnes mises en cause dans l’affaire. Elles sont désormais inattaquables et voleront sans doute au secours de Trump si celui-ci est inquiété après avoir été contraint de quitter le pouvoir.




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