^

Politique

Réquisition des logements vides !

Grand froid. SDF et migrants subissent la politique criminelle du gouvernement : réquisition !

Trente-six départements en vigilance orange neige, et des ressentis allant jusqu’à moins dix-huit degrés dans le Nord du pays : une vague de froid s’abat sur la France, laissant les personnes sans-abris dans des situations inhumaines. Contre les mesures cosmétiques du gouvernement et la répression des camps de migrants et des SDF, exigeons la réquisition des logements vides et la régularisation de tous les sans-papiers.

mercredi 10 février

Crédit : Utopia 56

Vague de froid : les SDF et migrants victimes d’une politique criminelle

Depuis quelques jours, une vague de froid s’abat sur la France et sur l’Europe, comme le montrent les fortes chutes de neige qui sont tombées aux quatre coins de l’hexagone. Des températures polaires mettant en état de grande précarité et de danger vital les 300 000 personnes qui demeurent sans-domicile-fixe, selon la Fondation Abbé Pierre. Un chiffre qui aurait d’ailleurs doublé depuis 2012. Cette situation d’extrême urgence qui s’illustre de façon particulièrement violente sur le littoral Nord, sur lequel vivent, à la rue ou dans la forêt, plus de 1000 de migrants à Calais et à Grande-Synthe.

Dans un communiqué intitulé « Urgence humanitaire sur le littoral Nord », plusieurs associations dont Utopia 56 ont dénoncé ces conditions de vie catastrophiques : « Températures négatives, neige abondante, Météo France a mis les départements du littoral en alerte. (…) Les préfectures du Nord (62 et 59) annoncent l’ouverture de places d’hébergement mais le dispositif n’est toujours pas adapté à la situation d’extrême urgence. Il est impératif de pouvoir accéder à ces lieux 24 h/24 au risque de retrouver des dizaines de personnes en situation d’hypothermie et d’extrême urgence vitale. »

Utopia56 explique aussi avoir, ce week-end, été à nouveau appelé pour huit naufrages en pleine nuit de personnes voulant se rendre en Angleterre.

Comme le note Utopia56, les solutions apportées par les préfectures du Nord sont bien en deçà des besoins. En Ile-de-France, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et les Hauts-de-Seine, le plan Grand froid a été partiellement activé depuis mardi sous l’impulsion de la Mairie de Paris. Le nombre de lits supplémentaires ouverts s’élève à 614 à Paris. La municipalité d’Anne Hidalgo veut, par ce plan, montrer un visage progressiste quand celle-ci se refuse toujours à poser la question des réquisitions.

Une réponse largement insuffisante au regard de la situation de détresse que vivent des centaines de milliers de personnes sans-domicile-fixe. D’autant qu’elle révèle une impréparation criminelle du gouvernement, puisque cette situation est régulièrement constatée l’hiver, comme à l’hiver 2017 où la vague de froid avait tué plus de 65 personnes eu Europe, dont plusieurs en France.

Pas de réponse conséquente et une continuation de la répression

D’ailleurs, ce froid polaire n’a pas empêché la police de continuer à intervenir pour déloger les migrants à Calais. Human Rights Observers publiait ainsi ce lundi 8 février des photos d’une confiscation à Calais, sous -3 degrés, de quatorze tentes, vingt-cinq bâches, plusieurs duvets, sacs, habits et chaussures de personnes exilées.

Quelques jours plus tôt, le 5 février, une expulsion avait lieu dans les bois à Grande-Synthe, donnant lieu à quatre arrestations et à la destruction d’une cinquantaine d’abris. Toujours selon Human Rights Obsevers, 528 tentes et bâches ont été prises rien que sur le mois de décembre 2020.

Rien d’étonnant de la part de ce gouvernement qui avait violemment expulsé des centaines de migrants Place de la République à Paris en novembre, provoquant le samedi suivant une manifestation massive pour protester contre la politique raciste et autoritaire du gouvernement. D’autant que l’instauration du couvre-feu à 18 heures a encore plus isolé les personnes sans-domicile-fixe, doublement exposées au virus et qui se retrouvent, la nuit, d’autant plus livrées à elles-mêmes risquant une amende pour violation de celui-ci.

De même, alors que l’Etat se refuse de répondre à l’urgence, il continue d’expulser des lieux d’accueil de fortune que constituent les squats. A Bordeaux par exemple, des squats accueillant notamment des mineurs à la rue subissent une politique de harcèlement et de répression systématique. Ces politiques anti-squats ont d’ailleurs été récemment consacrées par plusieurs articles de la loi d’accélération et simplification de l’Action Publique (Asap), visant à simplifier drastiquement l’expulsion des lieux de vies. Dans le même temps, ces mêmes squats accueillent en urgence des personnes vivant à la rue…

Face à cette situation, il est plus urgent que jamais de revendiquer la réquisition de l’ensemble des logements vides, pour offrir une solution pérenne aux personnes qui vivent à la rue. Des hébergements d’urgence, pour quelques nuits dans un gymnase, ne suffisent pas, c’est un logement stable pour chaque réfugié et chaque exilé que nous devons obtenir. Selon l’Insee, en 2020, 117 000 logements étaient vacants à Paris, et pas moins de 560 000 dans les cinquante plus grandes villes de France. De plus, il s’agit également d’exiger la régularisation immédiate de toutes les personnes sans-papiers, et de cesser ces situations irrégulières qui les expose doublement à la précarité de la rue. Évidemment, pour que personne ne se retrouve à la rue, c’est ce système qui génère inégalités et misère qu’il faudra renverser.




Mots-clés

Migrants   /    SDF   /    Logement   /    Politique