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Politique

Élections européennes

« Grande confrontation » : Nathalie Arthaud, seule voix des travailleurs

Lundi, sur LCI, se déroulait un débat en deux parties avec les têtes de liste présentes aux élections européennes. Nathalie Arthaud, pour Lutte Ouvrière, représentait la seule liste composée entièrement d’ouvriers, de travailleurs, qui luttent au quotidien contre l’exploitation, dans tous les secteurs.

mardi 21 mai

Deux débats mais pas la même audience : l’anti-démocratie de la campagne

La « Grande Confrontation » a été organisé ce lundi 17 mai sur LCI en deux parties, la première à 18h00, la suivante à 20h45. 14 candidats ont participé à ce débat au total, mais le moins qu’on puisse dire c’est que le découpage, au prétexte qu’un débat à 14 ne serait pas audible pour les téléspectateurs, était encore une fois l’illustration des règles des plus anti-démocratiques qui règnent dans cette campagne.

Dans les faits, les candidatures auxquelles les sondages prédisent un faible score ne semblaient pas mériter un passage à une heure de grande audience. Nathalie Arthaud, pour Lutte Ouvrière, a donc été forcée de participer à la première partie de ce débat en deux temps. Une nouvelle illustration du fait que ce sont bien les médias dominants, à la solde des grands groupes, qui contrôlent l’information et qui décident de ce que les électeurs doivent voir et entendre. Un véritable hold-up anti-démocratique, en pleine campagne électorale des Européennes.

Contre les suppressions d’emplois et pour l’augmentation des salaires : une liste du côté des travailleurs

Au commencement du débat, où les candidats devaient chacun présenter une photo de leur choix, Nathalie Arthaud a d’entrée de jeu mis en avant les salariés d’Auchan qui sont sur le point de perdre leur emploi, dans 21 magasins en France, sous prétexte qu’ils ne seraient pas rentables, « victimes du choix d’une poignée d’actionnaires ».

Elle a dénoncé le fait que dans le même temps, le groupe Mulliez (qui possède Auchan) génère pas moins de 57,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et détient une fortune personnelle de 38 milliards. Largement suffisant pour maintenir l’ensemble des emplois chez Auchan…

Les questions qui ont suivi concernaient la question du SMIC Européen. Tandis que chaque candidat y va de son chiffre ou – pour la plupart des candidats de droite et d’extrême droite – répondent par refus catégorique et proposent même parfois de le niveler par le bas, Nathalie Arthaud rappelle que dans les faits le SMIC est nettement insuffisant et ne permet pas aux salariés de vivre décemment. Lutte Ouvrière revendique un salaire minimum à 1800 euros et son indexation sur l’augmentation du coût de la vie.

Alors que les entreprises du CAC 40 ont engrangé 91,15 milliards en 2018 et versé à leurs actionnaires 57,2 milliards, alors que dans le même temps on a vu la baisse des cotisations sociales s’appliquer dans les entreprises et le gouvernement faire un cadeau de 20 milliards au patronat via le CICE, Nathalie Arthaud démonte la rhétorique qui cherche à nous faire croire qu’il n’y aurait pas de quoi augmenter le SMIC. « Je suis convaincue que ce salaire minimum à 1800 euros pourra être imposé par des luttes puissantes du monde du travail » martèle la candidate.

Contre la fausse alternative « pour » ou « contre » l’Europe, liberté de circulation et d’installation

Alors que l’ensemble des candidats cherchent à polariser le débat autour de la question de la sortie de l’Union européenne et de l’Euro, Nathalie Arthaud refuse de rentrer dans ce jeu : « Que l’on soit payé en franc ou en euro, si l’on est payé une misère, ça ne change pas grand-chose. Cette concurrence et cette exploitation, c’est l’ADN de cette société capitaliste que vous défendez » oppose-t-elle aux questions des journalistes.

La question de la sortie ou du maintien dans l’Union européenne ne changera pas la réalité de la classe ouvrière, les bas salaires, la précarité et les suppressions d’emploi.

A l’opposée de tous les candidats qui revendiquent le repli national et portent un discours xénophobe, Nathalie Arthaud affiche son internationalisme en revendiquant le droit de circulation et d’installation et de circulation pour l’ensemble des populations, partout dans le monde.

« Les frontières nationales, les murs, les barbelés, ne sont rien d’autre qu’un moyen réactionnaire de rejeter ceux qui sont nos frères et sœurs de classe, qui fuient leur pays, les guerres et la misère. » Des guerres générées bien souvent pas les pays impérialistes comme la France, qui sont les mêmes qui refusent leur installation et tuent à la frontière. Lutte Ouvrière dénonce fermement cette politique de répression contre les migrants, ainsi que les politiques réactionnaires, à l’instar de Salvini qui punit de 5500 euros d’amende quiconque vient en aide à une personne migrante qui serait sur point de se noyer, mais aussi en France avec le « délit de solidarité » mainte fois condamné par une justice de classe.

Écologie, lutte des travailleurs… Reprenons nos affaires en main !

Interrogée sur les questions de l’écologie, Nathalie Arthaud se place en creux de tous ceux qui voudraient nous faire croire qu’il s’agit avant-tout d’une question individuelle :

« C’est comment on organise notre société, notre économie, comment on produit notre énergie, comment on se déplace, comment on organise le transport, qu’est-ce qu’on produit ? Où ? Comment ? Et qui apporte ces réponses aujourd’hui ? Qui décide comment produit et en fonction de quels intérêts ? Ce sont les grands groupes, les multinationales. Et tant qu’on laisse les multinationales, c’est-à-dire une poignée de grands capitalistes dans le monde, prendre des décisions engagent l’humanité, la planète entière, on ne s’en sortira pas. Parce que ces gens-là ne défendent pas l’intérêt collectif. Ils défendent leur intérêt individuel. Moi mon programme c’est d’exproprier ces gens-là, ces entreprises on devrait les gérer collectivement. S’organiser, planifier, pour à la fois respecter celles et ceux qui travaillent, les hommes, et la terre. »

A l’issue du débat, on demande à chacun des candidats de donner le nom d’une personne de leur choix. Nathalie Arthaud refuse et préfère évoquer les ouvriers de l’automobile en lutte dans une usine Ford, en Roumanie, établissant un pont entre les luttes ouvrières de par le monde. Une image qui n’est pas sans faire écho à la lutte des Ford, à Blanquefort, qui luttent contre la fermeture de leur usine et la suppression de 900 emplois.

Si pour les révolutionnaires, la participation aux élections n’est pas la question cruciale pour un changement radical de société, le bulletin Lutte Ouvrière est un vote, au-delà de nos importants désaccords, pour la liberté de circulation et d’installation des migrants, contre toute forme de protectionnisme, même aux frontières de l’UE, contre toute forme de conciliation avec ceux qui nous exploitent au quotidien, est un vote de combat contre « le nationalisme comme le souverainisme, qu’ils se présentent de droite ou de gauche ».




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