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Politique

Nos vies, pas leurs profits !

Grande distribution : la vie de plus en plus chère, les profits de plus en plus faramineux

Les capitalistes et leurs relais médiatiques affirment qu'il n'y a pas de hausse des prix, mais entre le prix du caddie et les pénuries, Coronavirus est synonyme de vie plus chère. Pendant ce temps, les les bénéfices du secteur de la grande distribution ont bondi de 22% et ces grandes enseignes rechignent à verser la prime de 1000€ aux salariés en première ligne.

mardi 21 avril

 Crédits photo : www.jupiterimages.com

Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes mettent en avant le fait que les montants sur les tickets de caisses ont bondis depuis le début du confinement. « Mon panier de courses a augmenté de 80 euros » indique ainsi une mère de famille de Viry-Châtillon, interrogée par le Parisien ce 20 avril.

Face à la polémique qui enfle, les capitalistes et leur relais médiatiques l’affirment : il n’y a pas de hausse générale des prix sur les produits de premières nécessités, selon une étude de l’UFC Que choisir. Toutefois, la journaliste Justine Weyl a précisé, sur le plateau du journal de 13h de France 2 que « c’est vrai, les courses coûtent plus cher depuis le début du confinement. D’où vient ce paradoxe ? Des pénuries qui touchent plusieurs rayons. À cause d’elles, les consommateurs sont obligés de se rabattre sur les seuls ou les derniers produits qui restent en rayon, et ce sont souvent les plus chers […] Cela se traduit sur une hausse de 2,5% en moyenne sur l’ensemble des produits ».

Pourtant, certains produits semblent avoir vu leur prix exploser. Comme l’a indiqué Anasse Kazib, cheminot syndiqué à Sud Rail et militant au NPA/Révolution Permanente sur Twitter, le prix des tomates au kilo a explosé – photo à l’appui.

Dans des propos relayés par France Bleu, Marie, habitante de Thorigny-sur-Oreuse explique elle aussi qu’ « en sept jours de temps, la laitue a pris vingt centimes, un kilo de courgettes 2,99 euros, un chou-fleur 2,39 euros et le poivron 1,20 euros pièce ».

Dans ce même article, Jacques Creyssel, délégué général de la fédération du commerce et de la distribution, avance deux raisons à cette augmentation réelle des prix. « Nous avons fait le choix avec le gouvernement et la filière agricole, de privilégier les produits français, donc les produits français sont un peu plus chers. Sur un concombre par exemple, le prix d’achat aux Pays-Bas est trois fois inférieur à celui d’un concombre en France » explique Creyssel, avant de poursuivre, sur la question du prix des transports qui se répercutent sur les prix des marchandises. « Il n’y a quasiment plus que les transports alimentaires qui fonctionnent. Tout ce qui est non-alimentaire ne fonctionne pas. Or très souvent, les camions partent à plein avec des produits alimentaires et reviennent avec d’autres types de produits. Aujourd’hui, ils reviennent souvent à vide, donc il y a une répercussion sur l’ensemble des coûts du transport ».

Un argumentaire qui vise à nous faire verser quelques larmes si nous ne savions pas que, depuis quatre semaines, les bénéfices du secteur de la grande distribution ont bondi de 22% quand, dans le même temps, les grandes enseignes rechignent à verser la prime de 1000€ aux salariés qui mettent leurs vies en danger. Autrement dit, derrière l’argumentaire visant à démontrer qu’il n’y a pas de hausse générale des prix, les masses populaires voient le prix de leur caddie exploser, tout en voyant les bénéfices des grandes enseignes s’envoler grâce à la crise du Coronavirus.

Dans son Programme de transition publié en 1938, Léon Trotsky semble répondre directement à la situation. « La lutte officielle, bureaucratique, contre la vie chère ne sert qu’à tromper les masses. Les paysans, les artisans, les commerçants peuvent cependant, en tant que consommateurs, main dans la main avec les ouvriers, s’immiscer activement dans la politique des prix. Aux lamentations des capitalistes sur les frais de production, de transport et de commercialisation, les consommateurs répondront : ’’Montrez nous vos livres ; nous exigeons le contrôle sur la politique des prix’’. Des comités de surveillances des prix, formés de délégués d’usines, des syndicats, de coopératives, d’organisations paysannes, de petites gens des villes, de ménagères, etc., doivent se faire les organes d’un tel contrôle ».

Ainsi, la question qui se pose aujourd’hui est celle de qui va payer la crise sanitaire. Il est clair que les enseignes de la grandes distributions entendent faire payer le prix de la crise sanitaire et économique aux les masses populaires, tout en continuant à accumuler toujours plus de profits, et ce alors que les témoignages sur les difficultés à se nourrir pour de nombreuses familles précaires se multiplient. C’est pourquoi il serait nécessaire de reprendre la préconisation de Trotsky, et d’organiser la riposte à la base, par le biais de comités de surveillances des prix rassemblant les organisations du mouvement ouvrier, les consommateurs et l’ensemble des travailleurs du secteur de la grande distribution. Cette mesure devrait s’accompagner d’une indexation des salaires et des pensions sur l’inflation : les pensions de retraite et autres allocations devraient chaque mois augmenter automatiquement au même niveau que l’inflation.




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