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Grève chez BFM et RMC : un salarié sur trois visé par un plan de licenciement massif

La direction de NextRadio Tv a annoncé un plan massif de licenciements, menaçant plus de 500 postes. En face la réaction ne s’est pas faite attendre et suite à une assemblée générale les journalistes se sont mis en grève ce mercredi.

mercredi 24 juin

Crédit photo : BERTRAND GUAY/AFP

Le 17 juin dernier la direction de NextRadioTV (BFM-TV, BFM Business, RMC, RMC Sport et les télévisions locales de BFM) a annoncé un plan massif de licenciements, mettant sur la sellette près d’un tiers des effectifs soit entre 330 à 380 postes en CDI et 50% pigistes et intermittents. Les raisons ? La direction justifie ce plan par la baisse des revenus publicitaires qui serait le fait d’une baisse du nombre de téléspectateurs détournés par le numérique, qui ce serait accentué avec la crise sanitaire. Le groupe a vu une baisse de 25% de son chiffre d’affaire, selon le délégué syndicale de la CGT qui ajoute : « L’année n’est pas terminée, notamment en radio ou en télé. La masse publicitaire est beaucoup sur la fin d’année, donc on a encore la possibilité de performer sur ces revenus-là ». La crise sanitaire a bon dos, permettant de justifier, comme dans beaucoup de secteurs, l’idée des « efforts partagés ». Des efforts que le principal actionnaire du groupe ne semble pas vouloir engager pour l’emploi de ses salariés, Alain Weill, pourtant 368ème fortune de France estimée à 240 millions d’euros selon Challenges.

Face à cette offensive, les salariés ne sont pas restés silencieux. Une assemblée générale a eu lieu mardi parmi lesquels 650 salariés étaient présents et où la grève y a été voté à 90% à partir de minuit et pour toute la journée du mercredi. Un syndicaliste estime pour Le Monde qu’il y a eu « trois ou quatre contre, et 9 % d’abstention ». Une partie des programmes ont été annulés par la grève, et le très attendu dernier débat des municipales à Paris a été annulé et reporté ! 200 grévistes se sont retrouvés dans la matinée devant le siège d’Altice pour manifester leur colère. On pouvait y croiser des pancartes en référence au débat annulé "Non au débat. Respectez les emplois".

En effet ce plan de licenciements est une bombe pour cette profession déjà très précaire. Plus précisément la part de précaires (pigistes, CDD et intermittents) est de 42% (+ 14 points par rapport à 2013 !) contre 52% de journalistes en CDI (- 6 points depuis 2013) selon une étude SCAM de 2019.

Les grévistes exigent que ces licenciements soient uniquement basés sur un plan de départs volontaires, que les licenciements visant les postes précaires soient annulés mais aussi que les rémunérations annuelles soient réévaluées, sachant que le groupe a décidé de supprimer la prime d’intéressement des salariés pour cette année 2020. La direction a promis de les recevoir jeudi et la grève a été suspendue pour la journée de jeudi.

La revendication selon laquelle il ne faut accepter que les départs volontaires est couramment proposée mais n’est en rien une solution, au regard des pressions et méthodes de harcèlements opérées par les directions pour pousser vers la porte de sortie et la précarité. Dans ce sens et dans cette période de crise économique où les licenciements se multiplient dans tous les secteurs et où le chômage augmente, les départs « volontaires » ne sont qu’une mascarade de plan de licenciements. Face à ça il est nécessaire de revendiquer l’interdiction des licenciements et d’exiger la fin des contrats précaires ou de la course aux piges pour payer le loyer.

Enfin, cette grève historique à BFM, pourrait soulever un ensemble de problématiques alors que beaucoup contestent de plus en plus le contenu clairement orienté des programmes et émissions des médias dominantes ou encore la présence systématique d’invités réactionnaires tels que Eric Zemmour sur les plateaux. Dans ce sens, Anasse Kazib, militant et syndicaliste, ex-invité des Grandes Gueules sur RMC espère : « Au delà du plan dit social, comme si c’était social d’être licencié, il faut que les grévistes posent centralement dans cette grève la question du rôle que jouent les médias bourgeois, la tonalité, la surreprésentation de la droite et maintenant de l’extrême-droite par exemple ».




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