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Politique

Candidat des patrons pollueurs

Greenwashing et "barrage" : à Marseille, Macron se repeint en vert pour draguer la jeunesse

Ce week-end, Macron tenait à Marseille son meeting d'entre-deux tours. Une échéance qu'il a choisi de placer sous le signe de l'écologie, jouant à fond la carte du greenwashing pour tenter de convaincre la jeunesse et la gauche.

lundi 18 avril

Crédit photo : LUDOVIC MARIN/AFP

Après une semaine de déplacements dans toute la France pour mettre en scène une « campagne de contact » avec la population, Emmanuel Macron s’est rendu ce week-end à Marseille pour y tenir son meeting d’entre deux tours. Ce samedi 14 avril, le président-candidat a ainsi renouvelé son appel du pied aux électeurs de gauche, se rendant dans la ville où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête du premier scrutin avec 31 % des voix, avec un discours qui met au centre la question écologique – et qui cherche en même temps à faire oublier son bilan catastrophique sur le sujet.

Dans le parc (à moitié vide) du Pharo (7ème arrondissement), devant à peine quelques milliers de spectateurs, Macron a multiplié les promesses symboliques, jurant que son second mandat « sera écologique ou ne sera pas ». Annonçant des mesures creuses, censées répondre à l’urgence climatique, telles que la création d’une « fête de la nature », la nomination d’un premier ministre « directement chargé de la planification écologique » et d’un ministre en charge de la « transition énergétique » pour que la France soit « la première à sortir du gaz, du pétrole et du charbon », il a tenté dans le même temps de justifier la politique de greenwashing qu’il a mené ces cinq dernières années. Car derrière les pseudo tournants « verts » du gouvernement Macron, tels que la loi climat où le plan France 2030 se cache un soutien indéfectible aux patrons-pollueurs.

Alors qu’il joue le trône présidentiel, le candidat des riches est cependant prêt à tout, et surtout à utiliser la rhétorique de ses anciens adversaires. Reprise du terme d’« avenir en commun » et des promesses de « planification écologique » profondément associés à Jean-Luc Mélenchon, intégration de mesures du programme de Yannick Jadot… un appel du pied à leur électorat, inscrit dans la logique de se poser en « barrage » à l’extrême-droite par le biais de la question climatique. Évoquant « projet climatosceptique » de Marine Le Pen, Macron a ainsi scandé : « le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre l’écologie. Le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre notre jeunesse ».

Pourtant, ces cinq dernières années, ça n’est ni les jeunes, ni l’écologie, mais bien le patronat qui a bénéficié de ses mesures. A ce titre, difficile de faire oublier que c’est sous son mandat que l’État a été jugé coupable pour « inaction climatique », ou encore la débâcle de la convention citoyenne sur le climat, qu’il a organisé pour ensuite abandonner une énorme partie des mesures votées. Un bilan catastrophique, qui à l’aune des catastrophes climatiques que promet le dernier rapport du GIEC, n’offre aucune crédibilité aux promesses d’Emmanuel Macron.

Le tournant vert de Macron n’est rien d’autre qu’une nouvelle manœuvre, qui vient compléter une semaine de campagne du second tour où le candidat a fait feu de tout bois. Ce greenwashing a cependant l’intérêt d’être beaucoup plus acceptable pour les classes dominantes que le « bougé » annoncé sur une mesure aussi centrale que la réforme des retraites. Une semaine après avoir déclaré « envisageable » que le report de l’âge de départ à la retraite reste limité à 64 ans, LREM a ainsi dû réaffirmer en urgence le « cap de 65 ans » sous la pression des secteurs pro-patronaux.

La capacité de Macron à convaincre sur le terrain écolo la jeunesse et l’électorat de gauche est quant à elle plus douteuse. A ce titre, lors des mobilisations étudiantes comme l’occupation de la Sorbonne et des manifestations organisées ce week-end dans toute la France, de nombreux jeunes reliaient le « Ni Macron, ni Le Pen » à l’urgence climatique. Les deux candidats apparaissent en effet aussi incapables l’un que l’autre de répondre à l’enjeu.

En ce sens, les étudiants mobilisés ont montré la voie : qu’il s’agisse de la lutte pour l’écologie, pour les salaires, contre le racisme et la xénophobie, ou pour les droits des femmes et LGBT, il est fondamental de refuser les appels au « moindre mal », et de construire dès maintenant la résistance face aux attaques à venir.



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