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Politique

Surenchère raciste

Grenoble. Polémique islamophobe sur le burkini suite à un projet municipal déposé par EELV

Retour des beaux jours, retour du débat islamophobe autour du port du burkini. A Grenoble, où le maire écologiste Éric Piolle propose de l’autoriser dans les piscines municipales, les réactionnaires de tous bords sont de sortie, non pour profiter du soleil, mais pour se vautrer dans la boue du racisme et du sexisme.

vendredi 13 mai

Crédit phot : Alliance Citoyenne

Le dossier qui devrait être soumis au vote du Conseil municipal lundi 16 mai prévoit la possibilité pour les femmes de se rendre dans les piscines publiques en portant un burkini. Soutenu par le maire écologiste de la ville, Éric Piolle, ce projet marque un certain tournant au sein d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) où jusqu’à récemment, en septembre 2020, Yannick Jadot défendait que « le burkini, [n’avait] rien à faire dans une piscine ! ». Éric Piolle, lui-même, avait en juillet 2021 fait violemment réprimer des militantes de l’organisation Alliance Citoyenne par la police, en juillet 2021, à l’occasion d’une action pour le droit des femmes à porter le burkini dans les piscines municipales.

Contre le projet municipal, la levée de bouclier réactionnaire ne s’est pas faite attendre, brandissant et détournant les mêmes arguments qu’à l’accoutumée. Dans le concert de ceux qui se prétendent grand défenseur de la cause des femmes pour mieux affirmer leur idéologie raciste et patriarcale s’élève bien entendu la voix de Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. Celui-ci est allé jusqu’à menacer la municipalité de couper l’ensemble des subventions dont elle bénéficie de la part de région si les femmes obtenaient le droit de se baigner en burkini.

Jean Michel Blanquer, n’a évidemment pas pu se retenir de se joindre au hurlement des loups, et a annoncé sur RMC être « très défavorable au burkini », en profitant pour accuser le maire de Grenoble de faire de la « provocation » avec un tel projet.

Le président de Grenoble-Alpes Métropole, Christophe Ferrari, ancien membre du parti socialiste reconverti à la République en Marche, s’est également prononcé contre cette autorisation. Il a été suivi en cela par une quarantaine de maires, autant de conseillers départementaux et une vingtaines de conseillers métropolitains, qui ont signé une tribune et un appel défendant que « permettre des différences de tenues de bain fondées sur la pratique religieuse, quelle que soit cette religion, détruirait cet espace de liberté, d’égalité et de fraternité, cet espace éminemment républicain ». Parmi les signataires, treize de la gauche institutionnelle, douze de la droite, douze sans étiquettes, deux LREM et un Modem : magnifiquement rassemblés par la haine de l’autre et la défense du patriarcat.

L’UNI, syndicat étudiant d’extrême droite, s’est également insurgé, un responsable grenoblois commentant : « si le burkini est autorisé, je n’irai plus me baigner dans les piscines municipales de Grenoble ». Bon débarras.

Face à ces discours islamophobes, racistes et sexistes qui trouvent de nombreux relais parmi les élus en place, il est indispensable de réaffirmer le droit pour toutes les femmes de s’habiller comme elles le souhaitent, et de lutter contre toutes les formes de formes d’oppressions, sexistes, racistes ou islamophobes.



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