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Notre classe

"Halloween des révolté.es de la sous-traitance"

Grève Ibis Batignolles : après trois mois de grève illimitée les révoltées de la sous-traitance manifestent !

24 grévistes de l'hôtel Ibis Batignolles sont en grève illimitée depuis trois mois pour la fin de la sous-traitance et pour des conditions de travail et des salaires décents. Face à la direction du groupe ACCOR qui reste sourde à leurs revendications, et mène contre eux des procédures judiciaires, les grévistes organisent une manifestation ce jeudi 31 octobre avec les grévistes de Chronopost.

mercredi 30 octobre

Les grévistes de l’hôtel Ibis Batignolles tiennent un piquet de grève tous les jours depuis le 17 juillet. Ces femmes de chambre - sur les 24 grévistes on compte seulement un homme - sont en grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Les revendications sont nombreuses dans un secteur très précarisé et difficile : contre le paiement à la chambre, les cadences infernales, les temps partiels imposés, l’abus de la clause de mobilité et les clauses arbitraires etc. Ce à quoi s’ajoute une plainte pour agression sexuelle sur une des employées, qui est en arrêt maladie depuis, contre le directeur de l’hôtel. La colère est donc grande contre la direction qui les maltraite, les harcèle et leur impose des conditions de travail abîmant leur santé physique et mentale.

Tous les matins depuis trois mois, les grévistes se donnent rendez-vous devant l’hôtel et distribuent des centaines de tracts pour faire connaître leur grève et les raisons de leur colère, le tout dans une belle ambiance combative. Leur grève a rapidement attiré les médias obligeant la secrétaire d’Etat à l’égalité hommes-femmes Marlène Schiappa à promettre de les rencontrer ainsi que le groupe ACCOR, mais pour le moment aucune sortie de conflit ne semble se dessiner. Les déclarations de Marlène Schiappa sonnent d’autant plus creux quand cette dernière travaille aux côtés d’un président qui a été l’une des têtes pensantes de la loi travail ayant approfondi la dégradation des conditions de travail de ces travailleuses.

Déterminées à ne rien lâcher et avec le soutien du syndicat CGT-HPE qui a dirigé plusieurs grèves victorieuses dans la sous-traitance hôtellière ces dernières années, les grévistes organisent donc depuis trois mois leur quotidien en fonction de la grève. Mais le groupe ACCOR qui ne veut rien entendre a décidé de s’attaquer aux grévistes sur le terrain judiciaire. Ainsi, depuis le 17 octobre, une décision du juge des référés est tombée à la demande (saisine) du groupe ACCOR. Cette décision impose aux grévistes, à la CGT-HPE et à tous leurs soutiens sous peine de sanctions : l’interdiction d’émettre du bruit devant l’hôtel au delà de 50 décibels (ce qui signifie concrètement que les grévistes devraient chuchoter), l’interdiction de déverser sur le sol aux alentours de l’hôtel tout produit ou objet et surtout pas de confettis, l’interdiction de pénétrer dans l’établissement, l’obligation de nettoyer les espaces si déversement de tout objet ou produit, ou encore l’obligation de laisser le libre accès à l’hôtel. Tout cela est assorti d’une astreinte à 200 euros par personne et par infraction et le tout applicable dès le prononcé du jugement.

Les grévistes sont donc sous la menace permanente de sanctions et de poursuites depuis plusieurs jours. Réunis en assemblée, ils ont décidé pour contester la décision de faire des "piquets volants" c’est -à-dire de se rendre chaque jour devant un nouvel hôtel de luxe de la chaîne ACCOR et ainsi continuer à rendre visible leur grève et leurs revendications.

Ce jeudi 31 octobre, les grévistes bien décidées à se faire entendre et à faire du bruit, organisent une manifestation baptisée "l’halloween des révolté.s de la sous-traitance d’Ibis et de Chronopost". "On les appelle les petites mains, les hommes ou les femmes de l’ombre : elles/ils nettoient vos chambre d’hôtel pour les un-e-s, trient et livrent vos colis pour les autres. Elles et ils ont en commun d’être des salarié-e-s invisibilisé-e-s par les politiques de sous-traitance qui font d’elles/eux des salarié-e-s de seconde zone. Depuis plusieurs mois, ces salarié-e-s (près de 5 mois pour ceux de Chronopost et plus de 3 mois pour celles et ceux de l’IBIS Batignolles) elles/ils réclament la fin de l’esclavage moderne, des condition de travail correctes et des salaires décents." est-il écrit dans la présentation de l’événement.

Avec Révolution Permanente et le collectif féministe révolutionnaire Du Pain et des Roses, nous serons présent à la manifestation. Nous appelons le plus de monde possible à s’y joindre pour exiger la fin de la sous-traitance, des procédures judiciaires à l’encontre des grévistes, dénoncer la précarité et les conditions de travail dans ce secteur mais aussi les violences sexistes et sexuelles dans les lieux de travail et dans l’ensemble de la société ! Faisons flipper les patrons de ces hôtels qui exploitent et harcèlent les employées de la sous-traitance !

Rendez-vous à toutes et tous ce jeudi 31 octobre à 17h devant l’hôtel Sofitel Le Scribe Paris Opera (1 Rue Scribe, 75009 Paris) pour un départ collectif à l’Hôtel Novotel Paris les Halles (8 Place Marguerite de Navarre, 75001 Paris).




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