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Grève SNCF à Châtillon : des technicentres se solidarisent et menacent de rentrer en mouvement

Depuis déjà plus d'une semaine les cheminots de Châtillon sont entrés en grève pour défendre leurs conditions de travail. Face à cette grève surprise, la direction a tenté de maintenir l'activité du site en faisant appel à des cheminots des autres technicentres, mais ceux-ci, notamment en région parisienne, sont solidaires et menacent de rentrer dans le mouvement. Les cheminots s'interrogent par ailleurs sur la possibilité que la direction fasse rouler des trains en dehors des mesures de sécurité nécessaires.

mercredi 30 octobre

Soutenez les grévistes en donnant à la caisse de grève en ligne : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/zspgfvwa?1572086731

Crédit photo : LP/Delphine Goldsztejn

Après que les cheminots avaient massivement suivi le droit de retrait à la suite de l’accident de Champagne-Ardenne, 200 cheminots du TATL (Technicentre ATLantique de Châtillon) défient depuis lundi dernier la direction avec une grève surprise depuis plus d’une semaine pour défendre leurs conditions de travail et la sécurité des usagers. Cette lutte prend place dans un contexte où la radicalité des gilets jaunes commence à infuser d’autres secteurs. Les agents de maintenance du réseau TGV Atlantique sont ainsi entrés en grève sans respecter le « délai de prévenance » de 48h, avec une détermination et une radicalité exemplaires !.

Une grève pour la dignité dans laquelle la SNCF refuse de dialoguer

Après le « cheminot bashing » du printemps 2018 qui avait entouré la mise en place de la contre-réforme ferroviaire, les classes dominantes et leurs médias, ainsi que la direction de la SNCF, se sont empressées de criminaliser les cheminots du technicentre de Châtillon en qualifiant la grève d’ « illégitime », d’ « illégale », de « grève sauvage » ou encore en mettant en avant la « responsabilité des grévistes » dans le blocage des usagers partant en vacances.

Face à ce discours, les cheminots n’ont pas baissé la tête et continuent le combat : « Notre colère est réelle et profonde, nous sommes déterminés à nous battre jusqu’au bout de nos revendications, pour le respect et la dignité. » ont-ils indiqués dans un communiqué.

Initialement, les cheminots de Châtillon sont partis en grève pour s’opposer à la suppression de 12 repos annuels. Au bout de 4 jours de grève, la SNCF a plié sur la principale revendication mais a tenté d’attaquer les cheminots sur un terrain disciplinaire. Aussi, les cheminots restent mobilisés et revendiquent le « retrait de l’ensemble des procédures disciplinaire, ainsi que la notification actuelle de nos journées de grève en absence irrégulière » ainsi que « la mise en place d’une prime exceptionnelle, au titre de la revalorisation de nos conditions de salaire, de la charge de travail qui a augmenté, des sous effectifs depuis des années, mais également les chiffres de production félicité par la direction » et « une amélioration financière des astreintes et des dépannages en province » comme expliqué dans leur dernier communiqué.

Or, la direction refuse pour l’instant de dialoguer autour de ces revendications. Mardi, les grévistes ont voulu rejoindre le siège de la direction pour faire entendre leurs revendications et ont été accueillis par des policiers, comme ils l’expliquent : « La même direction qui disait être ouverte au dialogue s’est barricadé à l’intérieur du siège, entourée de camions CRS, et a refusé l’entrée au site d’une délégation des grévistes. ».

Les autres technicentres solidaires de la lutte de Châtillon

Face à la persistance de la grève, la direction a tenté de minimiser l’impact de celle-ci sur l’activité en envoyant les rames à entretenir vers d’autres centres de maintenance. Cette tentative de briser la grève par la direction a été en partie contrecarrée par la solidarité des cheminots des autres centres qui ont refusé de recevoir les rames en provenance de Châtillon.

Au Landy, Sud Rail a ainsi appelé à ne pas toucher aux rames envoyées par Châtillon, de même qu’au Technicentre Est Européen (TEE) et au Technicentre Sud-Est Européen (TSEE). Le soutien à la grève de TATL est donc important de la part des autres centres, solidaires face à la casse du service ferroviaire, à l’échelle nationale.

Au Technicentre du Landy et au TSEE, des demandes de concertation immédiates ont par ailleurs été déposées par les syndicats. Des signes qui pourraient indiquer une potentielle mise en mouvement de ces centres, motivés par la détermination de leurs collègues de Châtillon.

Malgré cette solidarité exemplaire des cheminots, la direction a cependant assuré que 80% des voyages en train seront assurés. Un chiffre difficilement explicable au vu de la grève et qui laisse penser que des rames non habilitées pourraient circuler actuellement, en dépit du danger d’une telle pratique Dans leur dernier communiqué les grévistes expliquent ainsi le fait que « la direction met en danger les usagers de l’axe Atlantique, en faisant rouler des trains avec des dérogations quant aux réparations qui seraient nécessaires pour que les trains roulent en toute sécurité. ». « Nous dénonçons cette mise en danger des usagers et nous avertissons l’opinion publique sur la responsabilité de la direction à faire rouler des trains qui ne réunissent pas les conditions nécessaires pour le faire, en termes de sécurité » ajoutent-ils.

Quelque soit l’issue du mouvement, cette grève et le soutien exemplaire des autres centres qui l’accompagnent sont une première démonstration de la force des cheminots et de leur volonté de se lancer dans la bataille contre ce gouvernement. Une détermination qui pourrait bien exploser et s’unir à de nombreux autres secteurs à partir du 5 décembre.




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