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Augmentation des salaires !

Grève à Daher : « Certains ont eu 5 centimes d’augmentation, on ne peut pas l’accepter »

Ce mercredi 12 octobre, les salariés du sous-traitant d’Airbus Daher Logistics se sont mis en grève. Face à l’inflation et la dégradation de leurs conditions de travail, ils revendiquent une augmentation des salaires de 10 % et une prime PEPA à 1000 euros.

mercredi 12 octobre 2022

Une grève pour les salaires et pour la dignité

Dans un contexte de forte inflation, les salariés de Daher Logistic se mobilisent face à la dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Alors que les prix augmentent, ils voient leurs salaires réels baisser avec de lourdes conséquences sur leurs conditions de vie : « On a des salariés qui cotisent pour que d’autres salariés puissent manger correctement, ou qui partagent leur gamelle à midi. On en est là, c’est pas possible » explique Magalie, militante CGT et salariée en grève.

De plus, la direction a instauré une division et une différence de statut entre les "nouveaux" embauchés et les anciens salariés, issus de l’entreprise suisse Kuehne et Nagel, rachetée par Daher. Ainsi, les anciens salariés de Kuehne et Nagel ont été privés de leurs primes en arrivant dans l’entreprise Daher et se sont vus attribués des primes de « compensation » qui sont utilisées par la direction pour justifier les faibles augmentations de salaires. Conséquence, certains salariés avec dix années d’ancienneté se retrouvent à 12 euros brut de l’heure. A cela s’ajoute des augmentations individuelles attribuées de façon très inégale. « Il y en a qui ont 30 centimes d’augmentation, et les autres seulement 5 centimes, alors qu’on a l’ancienneté, le savoir-faire, on ne peut pas supporter ça » dénonce Magalie.

Face à cette politique de division de la direction, c’est tous ensemble que les salariés se mobilisent pour une augmentation de 10 % des salaires et une prime Macron à 1000 euros. Les deux sites de logistique Airlog 1 et 2 sont mobilisés, ainsi que les salariés de Daher travaillant sur site Airbus de Clément Ader et St Martin du Touch (qui produit au moins un Airbus A320 par jour). En d’autres termes, le rapport de force entamé par les grévistes attaque directement et fortement le portefeuille du patron puisqu’un avion qui ne sort pas coûte des millions.

Un mépris de longue date à Daher

La colère prend sa source quelque temps en arrière. En effet, les patrons de Daher ont été les premiers dans le secteur l’aéronautique à annoncer un PSE pendant la crise sanitaire. A l’époque, 643 postes avaient été supprimés et 1700 intérimaires jetés à la porte.

En réaction à cette brutale réduction des effectifs, les salariés s’étaient mobilisés en juin dernier pour des augmentations de salaire face à une direction qui faisait la sourde oreille.

Du côté des grévistes, l’épisode est resté en travers de la gorge. « Pendant la Covid, on a continué à travailler et nous n’avons pas reçu la moindre marque de gratitude. » explique un gréviste. Aujourd’hui, la direction propose une prime de seulement 90 euros, ce que dénoncent les salariés. « C’est indécent, ils sont super bien sortis de la crise, et ils proposent 90 euros de prime » s’agace un salarié. « On est que des petites fourmis, des pions ou des matricules, mais c’est grâce à nous qu’ils arrivent à se remplir les poches » ajoute Magalie, militante CGT.

« On doit lutter tous ensemble »

Cette grève pour les salaires est l’expression à la base d’une volonté de relever la tête face à l’inflation. Mobilisés hors du cadre des négociations salariales (NAO), les salariés font preuve d’une détermination à lutter pour la dignité et les salaires. Une colère qui dépasse les portes de Daher, comme on a pu le voir chez Sabena Technics, sous-traitant dans l’aéronautique, où une grève de trois jours a récemment éclaté. Adrien, salarié de Sabena, est venu soutenir les grévistes de Daher. Comme de nombreux grévistes, il souligne la nécessité de se coordonner entre sous-traitants pour faire face au patronat d’Airbus, « il faudrait qu’on soit unifiés, sur une journée ou même une semaine de grève » explique-t-il.

Rien ne ferait plus trembler le patronat de l’aéronautique que la coordination des entreprises sous-traitantes. Alors que tous les salariés subissent les conséquences de l’inflation, cette marque de solidarité est un premier pas pour construire l’unité. Dans cette perspective, alors que le gouvernement et les médias cherchent à diriger la population contre les raffineurs en grève, les grévistes de Daher avaient un message à faire passer. Magalie, militante CGT, affirme : « Les raffineurs sont des sacrés modèles. [...] Il faut arrêter avec la division pour mieux régner ».

Face au silence de la direction, les salariés ont décidé la reconduction de la grève. Soyons nombreux à les soutenir ce jeudi 13 novembre sur le piquet de grève !



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