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Grève à RTE : « On continuera la grève tant que nos salaires ne seront pas augmentés »

Les travailleurs de plusieurs sites RTE en France (gestionnaire du réseau de transport d'électricité français) étaient en grève ce jeudi pour exiger l’augmentation de leurs salaires face à l’inflation. Sur le site girondin à Floirac, près d’une cinquantaine d’agents tenaient ce matin un piquet de grève.

jeudi 24 novembre

Crédits photo : Révolution Permanente

« On nous donne des miettes alors que RTE a reversé 660 millions de dividendes ! »

Ce mercredi matin à Floirac, sur le site GMR (Gestion Maintenance Réseau) de Gascogne, l’entrée était bloquée par les travailleurs de RTE qui tenaient leur piquet de grève autour d’un brasero de feu. Pour cause, à l’instar d’un certain nombre de sites de RTE en France, les travailleurs de RTE se mobilisaient pour exiger 7,5% d’augmentation des salaires à leur direction.

Comme l’explique Delphine, élue CGT, depuis le piquet « une augmentation de nos salaires de 7,5% cela correspond à l’inflation aujourd’hui. Depuis le 23 novembre, le lendemain des résultats de négociation nationale avec la direction, nous avons décidé de bloquer les sites pour porter nos revendications plus fort alors que la direction ne nous renvoie que du mépris »

Dans cette perspective « le rapport de force va continuer de monter » nous explique-t-elle. Depuis lundi, les grévistes, syndiqués et non syndiqués, s’organisent en ce sens en Assemblée Générale afin de définir collectivement les contours de leur mouvement.

Après que les négociations d’entreprise n’ont débouché sur aucune augmentation des salaires, un appel national à la grève a été lancé par la CGT ce mardi, suivi par la CFDT, FO et CFE-CGC jeudi. Pour l’heure, la direction propose une prime de 1000€ sous condition ainsi qu’une augmentation de 40€. Une proposition méprisante que les salariés estiment insuffisante et hypocrite.

« La direction ne nous propose que des miettes » ajoute Delphine surtout que RTE « une entreprise de service publique a généré plus de 660 millions de bénéfices reversés en dividende aux actionnaires et que d’autre part notre président du directoire s’est octroyé une augmentation de 4 500€ par mois sur son salaire mensuel. C’est ce qui nous pousse à renforcer le mouvement ».

En plus d’exiger une augmentation de salaire de 7,5%, les grévistes revendiquent également une meilleure reconnaissance de leur métier qui demande notamment de monter sur les lignes haute-tension, ou d’opérer leur maintenance à un certain niveau de qualification. Sur place, les grévistes nous expliquent aussi les conditions parfois difficiles pour les jeunes dans l’entreprise, qui finissent souvent par partir : « à RTE on a des étudiants qui vivent en coloc parce qu’ils ne peuvent pas payer un appartement seul, d’autres qui ont dû repartir chez leurs parents ou dorment directement dans leur voiture ».

Une grève qui tient tête à la répression brutale de la direction

Ce mouvement et ces revendications sont en réalité portés par les travailleurs de RTE depuis le printemps dernier où avait émergé les premières mobilisations dans l’entreprise. Comme nous l’explique Delphine :« la répression syndicale a été brutale, elle a été telle qu’ils ont fait intervenir la DGSI et qu’ils ont procédé à beaucoup de conseils de discipline ». En octobre dernier, 4 salariés et syndicalistes de la CGT avaient été arrêtés à leur domicile par la DGSI pour des faits de grève.

Avec cela en tête, les grévistes promettent une intensification du mouvement jusqu’au premier décembre, date des négociations “conclusives”. Lundi prochain, une nouvelle journée de grève de deux heures est prévue. « On continuera la grève tant que nos salaires ne sont pas augmentés » conclue Delphine.



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