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Plus d'un mois de grève

Sanofi : les grévistes et de nombreux soutiens se donnent rendez-vous ce 11 mars à 11h à Bercy

Six semaines après le début de la grève, les différents sites se sont retrouvés le 4 mars pour dénoncer la casse de la recherche. Déterminés à lutter, ils expriment leur solidarité avec leurs collègues du Bangladesh, également en lutte contre le groupe.

jeudi 4 mars

Marche funèbre : @CGTAirLiquideEC

Les travailleurs de Sanofi sont en grève depuis le 19 janvier. Ils se battent contre les suppressions d’emplois annoncées par le groupe au début de l’année, à savoir 1 700 suppressions d’emplois en Europe dont 1 000 en France.

Marche funèbre symbolique pour la recherche

Ce 4 mars les grévistes des différents sites, répondant à un appel à la grève posé par la CGT Sanofi, étaient réunis à Vitry-sur Seine pour une marche funèbre, celle de la recherche.

Le cortège a regroupé plus de 200 personnes : des grévistes et des soutiens, notamment des travailleurs de la SNCF et de la RATP. Les grévistes ont pointé la politique de suppression de postes pratiquée par le groupe ces dernières années. Celle-ci est allée de paire avec une réorganisation de la recherche en cycle de 2 ou 3 ans qui a conduit à la situation actuelle : en pleine crise sanitaire l’entreprise est aujourd’hui paralysée au moment où toute la population a besoin plus que jamais d’une industrie du médicament capable de répondre aux besoins de la population. 

Face à cette situation qu’il dénonce Jean-Louis Peyren coordinateur CGT de Sanofi-France nous explique : « Nous on souhaite que l’enterrement de la recherche n’ait pas lieu. Et pour ça il faut que Sanofi revienne sur sa politique purement financière. Depuis le début du conflit on a la même exigence : l’arrêt des plans de suppressions d’emploi, l’augmentation des salaires et l’embauche des intérimaires en CDI. »

La mobilisation se poursuit : « sans la lutte on n’obtient rien »

« La direction pendant ce temps, elle continue de s’enterrer ou de se terrer dans le silence » ajoute Jean-Louis Peyren. Mais si elle refuse d’écouter leurs revendications, en face les grévistes sont déterminés. Après le 4 février où ils ont organisé le procès de Sanofi, ils se sont retrouvé le 4 mars pour la marche funèbre, ils appellent maintenant le 11 mars prochain à partir de 11h devant le ministère de l’économie et des finances.

« Nous on appelle à la grève parce que ce qu’on voit c’est que sans la lutte on n’obtient rien ! Les dernières années il y a eu des attaques à répétition, il n’y a pas eu de réponse des salariés et voilà où on en est aujourd’hui. Alors maintenant on se bat » nous explique avec colère le syndicaliste CGT.

Une bataille contre Sanofi, au delà des frontières : quand la lutte se poursuit au Bangladesh

Il n’y a pas qu’en France que Sanofi pratique la casse sociale : « Sanofi se désengage de certaines de ses activités au Bangladesh et va faire porter ses activités par un prestataire de service. Dans cette opération les salariés de Sanofi vont être cédés à cette nouvelle entreprise, sauf qu’il est d’usage que l’entreprise qui reprend les salariés les mettent à la porte dans la foulée » nous explique-t-il.

En réaction les salariés se sont mis en grève de la faim, et un gréviste est décédé. La réponse de la direction face aux grévistes a été de les menacer : « Nous ne sommes pas là pour discuter. Si vous ne partez pas, vous et votre famille en subirez les conséquences » comme en témoigne le communiqué de la CGT Sanofi.

«  Dans un des pays les plus pauvres au monde le groupe Sanofi n’hésite pas à faire serrer la ceinture aux salariés et ça alors qu’ils font des milliards de bénéfices ! » Alors qu’à travers le monde la pandémie continue de faire des ravages, la politique de Sanofi est la même partout : profit pour les actionnaires, licenciement et casse sociale pour les travailleurs et la population. Et les travailleurs de Sanofi en grève en France apportent leur solidarité à la grève en cours au Bangladesh !

Face à la situation sanitaire, pour Jean-Louis, en France comme au Bangladesh : « Le problème des vaccins c’est le capitalisme. Aujourd’hui on a les compétences, le savoir-faire et l’outil industriel, mais le problème c’est la propriété privée qui nous empêchent d’y accéder. Nous on revendique la réquisition, pour répondre au besoin de tout le monde. » C’est dans cette perspective que les grévistes inscrivent la suite de leur grève.




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