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Grève aux ateliers RATP de Sucy-en-Brie : « il faut un raz-de-marée dans la maintenance ! »

Sur le piquet de Sucy-en-Brie ce 21 novembre, de nombreux grévistes et soutiens de plusieurs sites de la maintenance de la région parisienne se sont rassemblés contre la tentative de la direction de briser la grève, et pour faire gagner cette lutte pour 300 euros d’augmentation de salaires !

lundi 21 novembre

Crédits photos : Révolution Permanente

Ce lundi, les travailleurs des ateliers de maintenance RATP du RER A et B de Sucy-en-Brie organisaient un rassemblement sur leur piquet de grève. Après un mois de grève, sous pression du nombre de trains qui ne sortent plus des ateliers et de l’impact sur le trafic, la direction a engagé des équipes de cadres et d’agents de maîtrise pour travailler à la place des grévistes. Pour faire front face à cette tentative de briser la grève de la part des patrons, les grévistes appelaient les agents de maintenance de tous les ateliers RATP à les rejoindre sur leur piquet. Un message se dégage du rassemblement : celui de réaffirmer la nécessité de lutter tous ensemble pour arracher ces 300 euros d’augmentation de salaires.

Un mois de grève pour les salaires, et la ferme intention d’aller jusqu’à la victoire

Après plus d’un mois de grève, avec les pertes de salaires en conséquence, les grévistes sont déterminés à ce que tous ces efforts n’aient pas servi à rien. Alors que les grévistes réclament 300 euros d’augmentation de salaires et que la grève atteint sa 34ème journée, les sacrifices commencent à peser de plus en plus lourd pour ces travailleurs mais aussi leurs familles. Face à eux, la direction continue de les mépriser et leur refuse ces augmentations malgré les 207 millions d’euros de bénéfices engrangés en 2021 au niveau du groupe.

Comme le dénonce Renaud, élu CGT de l’atelier de Sucy-en-Brie, « Nous on a des problèmes à la fin du mois ! Le tôlier, il n’en a rien à secouer ! » avant de rappeler que la direction n’a rien voulu entendre quand les travailleurs ont prévenu qu’ils n’accepteraient pas qu’on touche à leurs primes. Et c’est pourtant cette attaque qui a mis le feu aux poudres, à travers le « chantier primes » qui annonçait retirer aux travailleurs des primes pouvant aller de 60 à 250 euros en fonction de la pénibilité du travail. Aujourd’hui, face à cette même direction qui les appelle à cesser la grève, Renaud appelle dans sa prise de parole à rester fermes : « continuons à être sourds [face aux pressions de la direction, ndlr], comme nous sommes sourds depuis un mois ! Continuons le combat ! » Une détermination largement partagée qui fait monter la pression sur la direction qui tente à tout prix de tempérer et éteindre le mouvement, sachant qu’après une grève de la maintenance, longues peuvent être les semaines avant un retour à la normale.

Pour les conditions de travail et la qualité du service de transport pour les usagers

Comme les travailleurs le répètent souvent, c’est avant tout pour les usagers qu’ils se battent quand ils demandent des salaires et des conditions de travail dignes. La logique de rentabilité et de profit de l’entreprise pousse à une réduction des stocks de pièces et de trains potentiellement en circulation. Cela a pour conséquence d’accélérer les cadences pour les travailleurs, et provoque une dégradation du service de transports et de la sécurité des usagers. Les grévistes dénoncent aussi la direction qui, depuis une semaine, va plus loin encore sur cette voie en mobilisant des cadres et des agents de maîtrises pour travailler à la place des grévistes. Cette méthode qui a pour but de briser la grève pose des problèmes de sécurité importants puisque ces salariés ne sont pas à jour de formation, pas qualifiés à la hauteur des postes sur lesquels ils sont placés. Les grévistes sont dans ce sens allés à la rencontre des usagers avant le rassemblement, pour partager leur lutte et appeler à la solidarité pour ce combat qui nous concerne tous.

Lutter dans l’unité pour aller jusqu’au bout !

L’objectif est clair : durcir la grève et aller jusqu’à la victoire. Il faut « créer un raz de marée de la maintenance ! […] Aujourd’hui on a créé une dynamique et une unité incroyable » déclare ainsi Gabriel. Il souligne lors des prises de parole que les militants de « Solidaires, FO et la CGT marchent main dans la main » au-delà des étiquettes syndicales. « La lutte elle est là, elle est belle. Il faut continuer, dans l’unité » conclut-il. A ce titre, la participation au rassemblement des travailleurs des ateliers de Choisy, de Torcy et Vaugirard (en grève également depuis le 18 octobre), des ateliers de Pleyel, ou encore de la maintenance du bus des centres de Belliard ou Croix-Nivert, pose les bases d’une coordination entre les différents centres, pour une grève qui dépassent les murs des différents sites de maintenance.

Loïc, élu CGT aux ateliers de la maintenance des bus de Croix-Nivert, interviewé par Révolution Permanente, déclarait dans ce sens « Leur combat c’est aussi notre combat, c’est celui de toute la maintenance. » Et plus largement, dans le contexte actuel d’inflation galopante, « on est face à un patronat qui ne veut pas augmenter les salaires. La solution c’est que tous les travailleurs rentrent dans la lutte, tous ensemble, et qu’on obtienne également l’indexation des salaires sur l’inflation. » Cette volonté de dépasser la stratégie des journées isolées et sectorielles est très partagée parmi les grévistes, tout comme celle de s’étendre aux autres corps de métiers et aux autres secteurs, de généraliser cette méthode de la grève reconductible pour la bataille sur les salaires. C’est dans cet état d’esprit, prêts à se battre jusqu’au bout, pour leurs salaires, que les grévistes ont manifesté dans les ateliers en scandant la revendication des « 300 euros ! » ou encore « On est chez nous » rappelant au patron qui tente de faire tourner la machine, de quel côté est la force de travail, et que jusqu’à l’obtention de toutes les revendications, les trains ne sortiront pas.



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