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Sixième jour de grève

Grève chez PSA Hordain : « Il faut une mobilisation générale pour les salaires ! »

Déjà six jours de grève chez PSA Hordain : le mouvement est déjà historique dans l’usine, et les salariés comptent poursuivre le mouvement jusqu’au 27. Un conflit à la portée nationale qui se veut porte flambeau des grèves pour les salaires.

mercredi 21 septembre

C’est peut-être le début d’une nouvelle séquence de grève qui s’ouvre chez PSA Hordain, dans le Nord. Alors que depuis la fin de la grève à Roissy Charles de Gaulle à la mi-juillet, les quelques mouvements de grèves qui avaient pu avoir lieu dans les usines françaises avaient rarement dépassé une journée de mobilisation, c’est une grève d’une toute autre ampleur qui a lieu dans ce site du groupe Stellantis (ex-PSA), qui compte 2200 salariés dont 20% de CDD et d’intérims. Le site, qui produit la gamme d’utilitaires K-zéro, est aujourd’hui en ébullition. En effet, jeudi dernier, après un énième « overtime » (une disposition autorisant la direction de l’usine d’étendre le temps de travail de 20 minutes), les salariés ont tout simplement arrêté le travail. Rapidement, le mouvement s’étend à l’équipe suivante, et, vendredi, les trois équipes du vendredi s’arrêtent. Ce mercredi, selon Franck Théry, secrétaire général de la CGT PSA-Hordain, « la grève se poursuit, et les salariés ont décidé de maintenir le bras de fer jusqu’au 27 septembre [date de négociations prévues avec la direction du groupe], en mettant en place des grèves de deux heures par jour  ». Encore aujourd’hui, sur chacune des équipes, près de 100 salariés ont arrêté le travail pour des durées variables.

Si le mouvement fait écho aux nombreuses grèves qui ont émaillé les usines françaises cet été, chez Carrefour, Renault, Goodyear, à la SNCF, dans de nombreuses entreprises de transports ou dans les hôpitaux, en mettant une nouvelle fois en avant la nécessité d’augmenter les salaire, il semble qu’un pas en avant ait été fait dans la mise en place d’un rapport de force avec le patronat. En effet, si de nombreuses grèves d’une journée, parfois avec arrêt de l’activité, ont fleuri cet été, c’est la première fois qu’une grève de cette ampleur, dans une entreprise aussi centrale qu’est Peugeot-Citroën, a lieu. Les grévistes ne s’y trompent d’ailleurs pas : « c’est une des premières mobilisations qui a une portée aussi importante nationalement. On met tout en œuvre pour amplifier le mouvement dans tout le groupe PSA et au-delà, explique Franck Théry. Depuis mardi, la CGT du groupe PSA appelle à des arrêts de travail pour les salaires sur tous les sites ». Selon le syndicaliste, c’est la première fois depuis 2015 qu’une grève de cette ampleur a lieu dans l’usine. Il y avait bien eu une journée de grève très suivie en 2020 pour des questions de congés, mais rien de comparable.

C’est donc une détermination nouvelle qui s’exprime aujourd’hui chez PSA Hordain, avec d’ores et déjà une réflexion sur ce qui doit suivre. Localement, les grévistes comptent tenir jusqu’au 27 septembre, et si la direction ne plie pas sur les salaires, ceux-ci promettent « qu’aucune voiture ne sortira ». La direction a déjà reculé sur deux points : le paiement des samedis travaillés en heures supplémentaire, et la réduction des « overtimes ». C’est insuffisant, mais un début qui montre la peur du patronat de voir s’enflammer les ateliers. A une échelle nationale, Franck Théry voit la grève comme un porte-étendard : « Cette grève donne des idées, du courage à tout le monde. Il faut bloquer l’économie et une mobilisation générale dans toute la France. Il faut que ça pète partout, il n’y a que ça qu’ils comprennent. Du fric, il y en a plein, PSA c’est 8 milliards au premier semestre, et alors que c’est nous qui faisons cette richesse, plus personne n’arrive à boucler les fins de mois ».

Concernant l’appel intersyndicale à la grève le 29 septembre, pour le syndicaliste, une chose est sûre : « il faut que cela amène à d’autres journées : ce n’est pas tout de faire grève le 29, il faut que la confédération programme des journées de grève et un calendrier et mobilisation. Une journée ça ne suffit pas, il faut plusieurs jours ». Une détermination qui tranche avec l’attentisme actuel des confédérations, ainsi qu’avec la politique de division menée par la direction de Force Ouvrière qui a refusé d’appeler à la journée de grève du 29. Les grévistes de PSA Hordain ont le mérite de montrer qu’une autre alternative est possible, celle d’un rapport de force réel, dans la durée, par la grève reconductible, plutôt que des journées isolées qui restent plus souvent des journées testimoniales que des jalons vers un vrai plan de bataille.



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