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Notre classe

Conditions sanitaires et bas salaires

Grève dans l’Éducation : l’exaspération touche tous les personnels

Retour de flamme de la mobilisation du monde de l’Éducation. Après la grève sanitaire de novembre, que Blanquer croyait avoir calmé en lâchant quelques mesures pour les lycées, la colère reprend de plus bel… et s’étend à tous les personnels. Aux côtés des enseignants du primaire et secondaire – dont un tiers était en grève aujourd’hui selon la FSU -, les infirmières scolaires, les assistants d’Éducation (AED) et les accompagnatrices scolaires (AESH) mais aussi les étudiants sont descendus battre le pavé.

mercredi 27 janvier

Deux mois après la grève sanitaire, la colère ne s’est pas éteinte

Quoiqu’en dise le ministère – qui table sur 11% de mobilisation enseignante – la grève a été largement suivie par les professeurs du primaire et du secondaire. Cela, seulement deux mois après les mobilisations massives de novembre pour exiger des conditions sanitaires dignes et des demi-groupes, revendications très partiellement satisfaites par Blanquer qui a convenu à des aménagements dans les lycées uniquement. Pour la FSU syndicat majoritaire ce sont 40% des enseignants qui ont fait grève ce mardi, preuve que la grogne de novembre concernant les conditions sanitaires ne s’est pas éteinte. D’ailleurs, la mobilisation a été particulièrement vive chez les enseignants des écoles primaires et des collèges, toujours dispensés d’un réel protocole sanitaire efficace et sans possibilité d’instauration des demi-groupes.

Une revalorisation salariale fantôme

Si la toile de fond de la colère enseignante reste l’impossible gestion de l’explosion des contaminations dans les écoles, le motif initial de la grève du 26 janvier portait sur les salaires. En effet, les chiffres de la revalorisation salariale, de longue date réclamée par les organisations syndicales, et promises par Blanquer pour 2021 sont tombées : un budget de 400 millions d’euros pour 800 000 profs a été budgété, soit l’équivalent d’une augmentation de 41 euros par mois par enseignant. Pas de quoi compenser les pertes de pouvoir d’achat accumulées par 10 ans de gel du point d’indice… D’autant que seulement 31% des enseignants devraient être concernés par ces augmentations de salaires. Et que les Assistants d’Éducation, les personnels AESH (accompagnante d’élève handicapé), les AVS (Assistants Vie de Scolaire) ou encore les ATSEM (Agents territoriaux Spécialisés des Écoles maternelles) sont exclus de ces revalorisations salariales alors qu’ils constituent un personnel indispensable et très précarisé de l’Éducation Nationale.

ASH, AEDs, Psy-EN, infirmières scolaires… : une mobilisation de l’ensemble du monde de l’Éducation

L’autre grande surprise de ce mardi, c’est que la mobilisation s’est étendue largement au-delà des profs. Dans la manifestation parisienne, partie du Luxembourg vers le ministère, rue de Grenelle, le cortège le plus visible, était celui des infirmières scolaires. Très nombreuses, enrobées d’une couverture de survie dorée, les infirmières scolaires manifestaient contre la loi « 4D » : avec ce projet de loi de décentralisation, « on prévoit de sortir les infirmières des établissements scolaires et de les mettre à la disposition du département », explique une infirmière scolaire d’un établissement toulousain venue battre le pavé à Paris. « En fonction des besoins, le département pourra décider de nous affecter pour combler les trous : dans des EPHADs, dans des maisons de santé, alors que le cœur de notre travail et ce pour quoi on a passé un concours c’est pour être aux côtés des élèves dans les écoles ». A cette colère s’ajoute les problématiques posées par la gestion du Covid dans les établissements : surchargées par les cas Covid, les infirmières scolaires peinent à prendre en charge les élèves.

Les précaires de l’Educ battent le pavé

Aux côtés des profs, des infirmières scolaires, devant le carré de tête et les ballons syndicaux, un cortège d’AEDs, d’AESH, d’AVS, ces précaires de l’Éducation, a pris le devant de la manifestation parisienne. « Sans pions, les rois n’existent pas » on pouvait lire sur une pancarte. Eux aussi, trop souvent oubliés, sont en première ligne de l’épidémie, auprès des élèves, pour des salaires modiques et des contrats précaires. Revalorisation salariale, amélioration de leurs conditions de travail, recrutement massif et stabilité du statut sont leurs revendications phares. Ce mardi, et pour la deuxième fois ce mois-ci, les vies scolaires étaient en grève et ont pris les rênes de la manif’.

Les étudiants réclament des cours et un réel plan de lutte contre la précarité

A défaut de voir leurs profs dans les amphis, les étudiants sont venus les rejoindre en manifestation pour protester contre la détresse étudiante et réclamer un plan d’aide d’urgence. Un cortège dense et dynamique s’est élancé du boulevard Saint-Michel à la rue de Grenelle à Paris. Cette union ne concernait pas que la capitale : que ce soit dans les villes du Midi (Carcassonne, Narbonne, Nîmes, Montpellier, Perpignan) en passant par Angers, Lyon ou Lille, les manifestations ont embrasé largement le monde de l’Éducation : de la maternelle au supérieur, toutes catégories confondues.

Une belle démonstration qui doit être reconduite le 4 février, journée de mobilisation interprofessionnelle, pour exiger à l’heure de l’alerte sanitaire et sociale, des conditions d’études et de travail dignes pour les personnels et les usagers du service public d’Éducation : alors que le chômage s’aggrave et que l’Éducation manque de moyen, il faut un réel plan d’embauche massif, une augmentation des moyens matériels pour accueillir les élèves et les étudiants dans des conditions sanitaires dignes (locaux, matériel informatique…) et des revalorisations salariales pour l’ensemble des catégories dans le service public d’Éducation.




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