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Notre classe

Ce n'est pas aux travailleurs de payer la crise !

Grève dans l’énergie pour les salaires et contre la hausse des prix

Dans un contexte où le prix de l’électricité et du gaz flambent, et que les dividendes des actionnaires d’EDF atteignent des records, les travailleurs de l’énergie se sont mobilisés ce mercredi 19 octobre un peu partout en France, mettant la question des salaires au cœur des revendications.

mercredi 20 octobre

Crédits photo : AFP / ALAIN JOCARD

Ce jeudi 19 octobre, un peu partout en France, les travailleurs et travailleuses de l’énergie se sont mis en grève dans le cadre d’un mouvement national appelé par la CGT et FO. Dans le cadre de la négociation annuelle de revalorisation des salaires qui s’ouvrait aujourd’hui, des centaines de travailleurs se sont rassemblés dans les différentes régions de France. À Paris, à Bordeaux, Toulouse ou encore à Marseille les travailleurs ont répondu à l’appel dans une ambiance combative avec la question des salaires au coeur des préoccupations.

Dans ces négociations la CGT revendique une revalorisation de 10% de la grille salariale pour compenser la perte de pouvoir d’achat suite à l’inflation ces dernières années. Comme l’explique Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT Energie Marseille, dans les tribunes de la Marseillaise ce mercredi, « si l’on reprend les différentes augmentations depuis 2015, on a plus de 12% de retard par rapport à l’inflation ». A contrario, la direction nationale d’EDF propose une augmentation du niveau de rémunération de 1%, contre 2,5% précédemment. Une position qui déplait fortement aux travailleurs, à Marseille on pouvait lire sur la banderole de la CGT énergie Marseille lors d’une action menée sur les toits des locaux de la direction régionale, « Elec et Gaz augmentés, actionnaires gavés, salaires bloqués - personnel énervé ».

Certains rassemblements ont été l’occasion de porter des revendications locales. C’est le cas en Ardenne où les salariés GDF et EDF ont bloqué tous les sites du département (Charleville-Mézières , Sedan, Rethel et Revin) protestant contre un projet de regroupement des sites Sedan et Charleville-Mézières qui selon les propos relatés par le média local L’Ardennais devrait amener une détérioration des conditions de travail. De même en Normandie, à Dieppe, où les agents d’Ennemi et de GRDF dénonçaient en plus des revendications nationales, un manque d’effectif comme l’explique un travailleur au média Paris-Normandie : « On manque d’effectifs. Ceux qui partent parce qu’ils sont en retraite ou qu’ils en ont ras-le-bol ne sont pas remplacés. On arrive à des charges de travail qui sont impossibles ». Un retraité témoigne pour le même média : « J’ai connu le site rue Claude-Groulard, on était 147 agents sur l’ex-subdivision de Dieppe. Quand on est montés au Val Druel en 1983, on était encore une centaine. Et maintenant ils sont une trentaine pour le même territoire. » Des situation locales, qui hier s’ajoutaient aux revendications nationales, démontrant les conséquences néfastes pour l’emploi des projets de restructuration et de privatisation entrepris dans le secteur de l’énergie par son patronat.

Une journée de contestation avec au centre des préoccupations la question de la revalorisation des salaires. « En 32 ans de boite je suis à 1 500 euros », témoigne la marseillaise Davide Margani, syndicaliste CGT sur le site EDF à Marseille. Des situations qui contrastent fortement avec l’état financier d’EDF bien loin d’être en difficulté. Pour cause, les profits de la société EDF devraient avoisiner les 7 milliards d’euros en 2022, battant tous les records depuis son introduction en bourse ! Toujours pour le média marseillais, Henry Renaud explique, «  les factures sont constamment en hausse pour les usagers, l’emploi au statut constamment en baisse et d’une autre côté les actionnaires privés se gavent de dividende  ».

Une situation qui n’est pas sans lien avec l’explosion du prix de l’énergie que nous connaissons depuis quelques semaines. Quand le prix de l’électricité augmente fortement de 12% pour l’année 2022, se combine à l’augmentation du prix du gaz, du carburant et des denrées alimentaires précarisant toujours plus, les dividendes du patronat atteignent des records.

Ainsi ces mobilisations du 19 octobre dans l’énergie doivent en appeler d’autres et chercher à la construction d’un rapport de force, en lien avec les usagers, au moment où le patronat et le gouvernement font payer la crise aux travailleurs par la hausse des tarifs de l’énergie et la précarisation des conditions de travail. Les salaires doivent être augmentés et indexés sur les prix pour que l’inflation ne tire pas les travailleurs vers la précarité ; dans le même sens les profits accumulés par les grandes entreprises de l’énergie doivent être rétribués aux travailleurs et consommateurs. L’énergie doit être un bien public et ne doit pas servir à l’enrichissement de quelques-uns, les entreprises de l’énergie en voie de privatisation, comme EDF, doivent être nationalisées et gérées directement par les travailleurs et les usagers.




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