^

Notre classe

Contre la casse des services publics

IDF. Grève dans onze dépôts de bus ce jeudi contre l’ouverture à la concurrence

Ce jeudi et ce vendredi a eu lieu une grève des chauffeur.se.s de bus de plusieurs dépôts d’IDF pour s’opposer à l'ouverture à la concurrence- ou à ses premières conséquences. Une attaque qui a pour conséquence la destruction des conditions de travail des travailleurs et travailleuses ainsi qu’une baisse de leurs revenus.

vendredi 19 novembre

Crédits : afp.com/Riccardo Milani

La grève qui a eu lieu ce jeudi, a pour point de départ l’ouverture à la concurrence de plusieurs dépôts de bus d‘Île de France. Onze dépôts se sont mis en grève, ils sont principalement situés dans le Val d’Oise, à Argenteuil la grève s’est poursuivie vendredi. La grève y est majoritaire, avec près de 80% des chauffeurs de bus dans le mouvement et on recense plus de 200 grévistes au dépôt TVO Argenteuil. Malgré une interdiction de la préfecture de manifester vers le siège d’IDFM (Ile de France mobilités), les piquets de grève étaient, eux, bien présents notamment à Magny-en-Vexin et TVO Argenteuil (Transdev), Beauchamp (Lacroix), Saint-Ouen-l’Aumône (Stivo) et Génicourt (RATP).

Cette ouverture à la concurrence est mise en place par Ile-de France Mobilité en réponse à un cadre posé par l’Union européenne. Cela toucherait le réseau Optile, c’est-à-dire 36 lots de lignes bus. Cette concurrence consiste à mettre ces lots de lignes sur le marché en laissant les différentes entreprises faire un appel d’offre sur les lots qu’elles souhaitent exploiter ou qu’elles exploitent déjà. Mais dès lors que l’on ouvre la porte à la concurrence, les conséquences pour les travailleurs sont désastreuses : salaires à la baisse et casse des conditions de travail. Finalement, quel que soit le secteur, les travailleurs et travailleuses finissent toujours par se retrouver victimes de la concurrence.

Des baisses de rémunérations qui s’accompagnent d’une dégradation des conditions de travail, à Magny-en-Vexin, où les travailleurs roulent déjà pour Transdev Vexin depuis le 1er août, la situation est terrible : « Nous sommes sur une amplitude horaire de 13 heures. Mais on a perdu 500 euros sur nos feuilles de salaire » explique Hafed Guerram au Parisien, délégué syndical CGT. D’autre part, il existe aussi un risque de licenciements pour certains salariés suite au transfert d’entreprise comme c’est notamment le cas au dépôt de bus d’Argenteuil. Le transfert de Transdev à Keolis -qui s’appliquera à compter du 1er janvier 2022- implique en effet la possibilité de licenciement économique de douze personnes.

D’autre part, Allison Benoît, délégué syndical UNSA et gréviste au dépôt TOV d’Argenteuil, nous a expliqué que ce transfert qui risque de dégrader leurs conditions de travail, va impliquer la séparation des travailleurs notamment entre les agents d’ambiance (contrôleurs) et les agents de sécurité, les empêchant de se réunir, et par conséquent de s’organiser en tant que travailleurs. Le délégué syndical, qui s’exprime au nom du reste des organisations syndicales et des grévistes, explique qu’une réduction du nombre d’agents est aussi à déplorer. « On le subit tous » explique-t-il. Les grévistes du dépôt de bus d’Argenteuil, qui ont fait grève jusqu’au vendredi, veulent faire passer un «  message fort  » face à la possibilité de la perte de leurs acquis et compte bien continuer la grève si Transdev et Keolis ne répondent pas à leurs demandes.

Les revendications sont claires : un maintien des conditions de travail et des rémunérations, voire une augmentation de celles-ci. Le préavis de grève qui rassemble différentes organisations syndicales (CGT, FO, UNSA, CFE-CGC, CFDT, SAP), développent sur celle-ci :

- Abandon du projet de mise en œuvre de l’article L1224-1 du code du travail, en réalité inapplicable, au titre de l’appel d’offre relatif à la DSP 33
- Abandon des appels d’offres IDFM
Intégrationd’unvoletsocialdanslecahierdeschargesIDFM
- Paiement pour l’ensemble des salariés de tous les compteurs (RECUP / Rnuit / RTT / CPS-1 / CPA-1 /CPN-2 / CPS-2 / CPA-2 / RC etc.) au 30 novembre 2021.

Alors que pour certains dépôts le changement d’entreprise n’est pas encore effectif et le sera au début 2022, la possibilité d’imposer leurs conditions de reprise est bien présente et il s’agit de les soutenir ! Si la grève n’a pas dépassé, pour le moment, la journée de jeudi ou pour certains celle de vendredi, les grévistes entendent bien la reprendre si leurs revendications ne sont pas entendues. Et pour imposer un véritable changement il faudra sans doute durcir le rapport de force et dans ce sens la voie empruntée par certains de leurs collèges ces dernières semaines qui ont tenu jusqu’à huit semaines de grève reconductible contre les conséquences de l’ouverture à la concurence est à suivre !




Mots-clés

Privatisation   /    Services publics   /    mouvement ouvrier   /    Grève   /    Notre classe