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Cheminots en lutte

Grève des conducteurs de train en Occitanie Est : la SNCF annonce 150 embauches pour calmer la colère

Depuis le 14 septembre, les agents de conduite étaient en grève reconductible dans l’Est de la région Occitanie, dénonçant la dégradation des conditions de travail due au manque d’effectifs. La direction a annoncé 150 embauches dans différents métiers pour calmer la colère.

jeudi 22 septembre

Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS / AFP

Alors que l’augmentation du prix du carburant incite de plus en plus de travailleurs et d’étudiants à se déplacer en train, et que la fréquentation des TER augmente significativement chaque année, les embauches et les infrastructures ferroviaires ne suivent pas. C’est ce que dénoncent les conducteurs de train de l’ancienne région Languedoc-Roussillon, entrés en grève reconductible le 14 septembre pour revendiquer des embauches.

Tandis que les usagers des trains régionaux voient les plans de transport se réduire à peau de chagrin, que nombre d’abonnés sont restés sur le quai à Montauban, Saint-Sulpice, Narbonne ou Montpellier à cause de trains bondés lors de la rentrée scolaire, les cheminots subissent eux aussi le manque de personnel. Conséquences pour les conducteurs de train en sous-effectif : des journées de 12 heures d’amplitude, des repos réduits, des congés refusés, un accroissement des risques ferroviaires dus à la fatigue et de nombreux trains supprimés pour cause d’agents en arrêts non remplacés.

Plusieurs écoles de conduite existent en Occitanie (il faut environ un an pour former un conducteur de train) mais les nouvelles embauches sont insuffisantes pour pallier les départs à la retraite, les démissions et surtout l’augmentation du trafic, « Le trafic a déjà augmenté de 20 % cette année en Occitanie, c’est le record de France » se félicite le directeur régional de SNCF Voyageurs, Philippe Bru. La région s’est donné pour objectif de transporter par TER 100 000 voyageurs quotidiens d’ici 2030, sans proposer de véritable plan d’embauches sur la durée.

La grève des conducteurs, revendiquant en particulier plus de moyens humains, a été particulièrement suivie dans l’Est de l’Occitanie. « Ce lundi [19 septembre, ndlr], sur 250 trains prévus, 50 ont circulé » a déclaré le secrétaire du syndicat CGT Cheminots de Nîmes, Thierry Barnier, aux journalistes de Midi Libre. Il rappelle également que depuis le 14 septembre, on comptait entre 65 et 70 % de conducteurs en grève dans l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Une assemblée générale à Narbonne lundi 19 septembre a réuni plus d’une centaine de grévistes et c’est à cette occasion qu’ils ont échangé avec Philippe Bru, directeur régional de SNCF Voyageurs. Un échange peu concluant sur l’instant puisque les conducteurs avaient voté à l’immense majorité la reconduction de la grève.

Mais ce mercredi, la direction régionale de la SNCF a annoncé de manière anticipée (une table-ronde sur l’emploi était déjà prévue début octobre) l’embauche de 150 nouveaux cheminots, différents métiers confondus : 60 contrôleurs, 50 conducteurs de trains, 30 agents de maintenance du matériel roulant et 10 opérateurs d’exploitation ferroviaire.

Auprès des journalistes de L’Indépendant, Sébastien Mourgues, responsable de la CGT Cheminots Languedoc-Roussillon revendique ces annonces comme une victoire : « L’annonce de ces embauches fait suite à une forte mobilisation et ça satisfait en partie nos revendications. On a contraint la direction à avancer ses annonces parce qu’il y a urgence. »

Ces annonces montrent un recul de la part de la direction de la SNCF, qui a préféré céder face à la pression et dans un contexte d’inflation grandissante qui ne fait qu’attiser de jour en jour la colère chez les travailleurs. Mais ces embauches vont à peine pallier les départs et l’augmentation du trafic et le syndicaliste poursuit auprès du journal : « On perd 75 postes par an en Occitanie tous services confondus. On ne baissera pas la pression. Et il y aura encore plus de trains en 2024, il faudra donc encore anticiper. »

Pour faire céder la direction jusqu’au bout, obtenir des augmentations de salaire et en finir avec la dégradation des conditions de travail, il est urgent de construire le rapport de forces plus largement et ce tous ensemble, avec l’ensemble du monde du travail. C’est en ce sens-là que la manifestation du 29 septembre sera une première date pour coordonner l’ensemble des colères et à la base et construire un plan de bataille à la hauteur de la situation.



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