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Grève des profs en Californie : les suites du « teacher spring » de 2018 ?

A Oakland, en Californie, après la victoire des profs de Los Angeles en janvier dernier, 3 000 enseignants des écoles publiques sont en grève depuis le jeudi 21 février. L’année dernière, une grève similaire avait touché plusieurs Etats de la côte Est dont la Virginie Occidentale où les enseignants avaient obtenu des augmentations des salaires.

mercredi 27 février

Il y a à peine un mois, le 14 janvier dernier, une grève monstre touchait les écoles de Los Angeles avec près de 30 000 personnels d’éducation, enseignants, assistants, conseillers d’éducation qui sortaient dans la rue. En cause, des classes surchargées, des salaires trop bas, et des budgets en baisse. En l’espace de 2 ans, il y a eu 22% de démissions parmi les enseignants de la ville de Los Angeles, rapporte le journal de l’organisation syndicale « Denver Classroom Teachers’ Association ».

Dans le cadre des négociations, la mairie proposait, en guise d’accord, de limiter les effectifs maximaux d’élèves à 35 par classe au collège et 39 au lycée. 9 jours plus tard, les grévistes qui se comptent par dizaines de milliers arrachent un accord avec la municipalité : 6% d’augmentation de salaires, une limitation des effectifs par classe, la mise en place d’une infirmière à plein temps dans chaque école… Une victoire inédite après un mouvement social d’une ampleur jamais vu depuis plus de trente ans.
Dans la foulée, les personnels d’éducation d’Oakland se mettent en branle le 21 février. Là encore, ce qui est au cœur des revendications ce sont les augmentations de salaires – de 12% - pour des enseignants qui doivent cumuler plusieurs emplois pour terminer les fins de mois, la réduction des effectifs par classe, et l’embauche d’infirmières. Mais c’est l’annonce de la fermeture de 24 écoles publiques des quartiers populaires d’Oakland et de leur privatisation dans le cadre d’un plan d’économie budgétaire, qui a mis le feu aux poudres. 3 000 enseignants sont descendus dans les rues jeudi dernier et en étaient, ce mercredi 27 février, à leur 5ème jour de grève. L’impact est massif puisque seulement entre 3 et 6% des élèves sont allés en classe durant les 5 derniers jours. La municipalité a déjà fait une proposition d’augmentation salariale de 7% en 3 ans : insuffisant pour les grévistes qui en réclament 12% et une réduction significative du nombre d’élèves par classe. Verdict : la grève continue..

Cette mobilisation inédite des enseignants en Californie rappelle le « Teacher Spring » qui avait soufflé sur la côté Est au printemps dernier. Les enseignants de Virginie Occidentale avaient créé la surprise en février 2018 en lançant une grève dure de près de deux semaines, victorieuse. Un mois plus tard, en mars, le « teacher spring » s’empare de la côte est : les écoles publiques du Kentucky, Oklahoma, Arizona, Caroline du Nord sont à leur tour touchées par un mouvement de grève inédit depuis plusieurs décennies et qui rompt, selon l’analyse de Charlie Post, professeur de Sciences Sociales à l’université de New York, avec l’atonie sociale qui a prévalu dans le pays depuis des décennies.

Avec, en toile fond, les coupes budgétaires drastiques dans l’Education Nationale et la destruction avancée de toute forme de service publique, les grèves enseignantes marquent aussi le grand retour de la lutte des classes victorieuses au sein de la première puissance mondiale.

Après les mobilisations pour l’augmentation du salaire minimum dans la restauration rapide sous Obama, la grève des enseignants, aussi massive que la situation de ces travailleurs du secteur public est désespérée exprime la reprise du mouvement social et une forme d’opposition à la politique antisociale et anti-pauvres de Donald Trump.




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