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Notre classe

Les oubliés du Segur de la santé

Grève des techniciens de laboratoires : « Oui au PCR, non aux petits salaires » !

Ce mardi, une grève des techniciens de laboratoires a été organisée sur tout le territoire. Ces « invisibles » du secteur hospitalier dénoncent le manque de reconnaissance alors qu’ils sont au cœur de la gestion de la crise sanitaire.

mardi 18 mai

Après la grève nationale des infirmiers anesthésistes, lundi 17 mai, ce sont les techniciens de laboratoires qui se sont mis en grève sur tout le territoire. Une mobilisation appelée par la CGT-Santé pour le secteur public, et la CGT Chimie pour le privé, les « petites mains » essentielles à la chaîne de soins dénonçant la dégradation de leurs conditions de travail depuis le début de la crise sanitaire.

Si la crise du Covid-19 a mis en avant le rôle essentiel joué par tous les professionnels de santé, les retombées pour les travailleurs de la première ligne n’ont été que très maigres. Après avoir travaillé pendant des années dans des conditions précaires, la crise sanitaire a été la goutte d’eau de trop pour de nombreux techniciens de labo. C’est ce qu’expliquait Etienne Leclercq, représentant syndical CGT au sein du groupe Synlab, à France Info : «  On souhaite être enfin visibles, mettre en avant les incohérences que l’on vit depuis le début de la crise sanitaire ». Il dénonce également qu’au sein des labos privés, les contrats précaires sont nombreux, et beaucoup doivent faire face à une énorme pression : « On a un renouvellement de personnel énorme, parce que les gens saturent et ne souhaitent pas renouveler leurs contrats. On a sous-payé et exploité ces employés ».

Aujourd’hui, des salariés des labos du privé comme du public se sont mobilisés dans de nombreuses villes : Paris, Toulouse, Limoges, Le Havre, Le Mans, Saint-Etienne… pour revendiquer une augmentation des salaires, la revalorisation des coefficients, le déplafonnement de la prime d’ancienneté, mais aussi la « réingénierie », à savoir une reconnaissance du niveau de leur formation.

A Montparnasse, un rassemblement était organisé aujourd’hui, où les techniciens de laboratoires affichaient des pancartes « Oui au PCR, non aux petits salaires », « Indispensables pour tester, et pourtant oubliés »

Floriane, technicienne de laboratoire à l’hôpital Saint-Antoine, racontait au micro de Révolution Permanente : « parce que pour certains on a un bac +2, ils ne veulent pas revaloriser notre métier sans avoir revalorisé les diplômes. Actuellement, sans les techniciens de laboratoire, avec la crise sanitaire, je pense que l’État ne serait pas au même endroit, donc on mérite une revalorisation. ». De son côté, Laurent, technicien à l’hôpital Bichat, nous explique : « On veut montrer au gouvernement qu’on est présents et qu’on est là depuis le début de la crise, et pendant que les prélèvements continuent d’augmenter, nos salaires n’augmentent pas ». Il termine en disant ce que beaucoup de techniciens décrivent : « On est les oubliés du Ségur de la Santé ! »

Car si le gouvernement, après le premier confinement, a été forcé de revoir les conditions de travail du personnel hospitalier, dont le rôle joué pendant la crise était apparu aux yeux de tous, la mise en place du Ségur de la Santé n’a été qu’une vaste mascarade. Après le Ségur, les augmentations de salaires restent en effet dérisoires, d’autant plus qu’il vient creuser le fossé entre contractuels, précaires et titulaires, et tend à diviser les travailleurs entre eux.

A l’heure actuelle, alors que la crise sanitaire dure depuis plus d’un an, et qu’elle est loin d’être résolue, le personnel hospitalier dans son ensemble continue d’être en première ligne sans moyens conséquents. Le gouvernement, qui rechigne à ne donner que des miettes à ceux qui permettent au système de santé de ne pas s’écrouler, n’hésite pas à manifester au côté des policiers et investir pour avoir plus de moyens pour réprimer la contestation sociale. Face aux dangers que représentent les nouveaux variants et la lenteur de la campagne de vaccination, les travailleurs de la santé risquent de rester en première ligne pour un certain temps encore. De ce point de vue, et après un an et demi de mépris par le gouvernement, il est primordial de construire des mobilisations unitaires, réunissant l’ensemble des travailleurs de la santé pour pouvoir imposer un véritable plan d’urgence sanitaire financé par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes.




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