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Grève historique chez General Motors : 50.000 grévistes pour les salaires et la convention de travail

Depuis 10 jours, 50.000 grévistes font face à la direction de General Motors aux Etats-Unis. Une grève historique depuis les années 1970, revanche des exploités après les licenciements massifs suite à la crise de 2008.

mercredi 25 septembre

Ce qui est en train de se passer aux Etat-unis chez General Motors (GM), où les salariés sont en grève depuis 10 jours, est d’une importance considérable dans la lutte des classes en Amérique du Nord dans le secteur automobile. 50.000 ouvriers et employés sont en grèves pour exiger de meilleurs salaires et une assurance médicale plus avantageuse. En effet, couverture sociale, maladie, salaires et pensions de retraites tout est discuté dans l’entreprise, entre le grand syndicat UAW (United Auto Workers) et la direction de GM. La situation étant devenue intenable avec des conditions de travail pénibles, des salaires au rabais comme on les connaît dans le secteur automobile mondial, des menaces de licenciements massifs (un plan de suppression de 14.000 emplois et la fermeture de quatre usines), les salariés se sont auto-organisés avec une campagne de tractage, de vente de t-shirts, des discussions, en dehors de leur temps de travail pour organiser la lutte. C’est bien cette pression de la base, l’auto-organisation et la radicalisation des salariés qui a imposé la grève.

Le syndicat UAW a dû appeler à la grève sous la pression des salariés

La victoire n’était pas gagnée d’avance face à la bureaucratie du syndicat, réputé pour sa corruption et sa collaboration avec les géants du secteur automobile. Ce sont ces directions bureaucratiques qui ont négocié et accepté en 2009 des plans de licenciements hors-norme de plus de 47.000 ouvriers par GM et d’autres constructeurs comme Chrysler pour faire payer la crise financière aux travailleurs du secteur de l’automobile aux États-Unis. GM trouvait par ailleurs les conditions de travail trop avantageuses, ils ont ainsi pu casser tous les contrats de travail et réembaucher des ouvriers et employés avec des contrats moins avantageux en échange des financements publics de l’Etat américain pour sauver le secteur automobile, c’est-à-dire les profits mais pas les familles ouvrières ! Le tout avec l’accord du syndicat UAW. Les salariés en grève aujourd’hui exercent une pression pour que les discussions entre la direction du groupe et le syndicat ne se fassent pas au profit des truands de General Motors qui croulent sous les profits avec pour 2018, 8,1 milliards de dollars de bénéfices... De quoi préserver tous les emplois !

La lutte continue dans tous les sites concernés. Des usines à l’arrêt ou au chômage technique

La plus grosse grève depuis 30 ans chez General Motors dure et commence à faire des dégâts chez les sous-traitants et les usines de pièces détachées qui se retrouvent au chômage technique : 1225 aux États-Unis, une au Canada à l’arrêt. Et cela fait boule de neige, bien d’autres vont suivre si le conflit se prolonge. D’ailleurs des piquets de grève devant les usines sont évacués par les forces de répression et les grévistes commencent à faire des provisions pour tenir ! De quoi dérouter ceux qui croyaient que le classe ouvrière et son arme, la grève, n’existaient plus au pays de Donald Trump : voilà la meilleure des oppositions aux politiques réactionnaires et anti-ouvrières

Le massacre des emplois de 2009 et la crise qu’Obama et General Motors ont fait payer aux travailleurs est toujours dans les esprits

Il ne faut jamais oublier que la crise capitaliste et le crack de 2008 qui ont mis sur le la paille pas seulement des banquiers et autre voleurs qui spéculent sur nos vies, mais surtout des centaines de milliers de salariés. Ceux de GM on payé le prix fort, sous prétexte de sauver le système financier mondial et les banques. Dans cette opération à 750 milliards le sauvetage de l’industrie automobile étasunienne a coûté la petite sommes de 85 milliards de dollars avec en prime des vagues de licenciements. En fait c’est les profits qui ont été sauvés et la gréve des General Motors, c’est aussi la revanche des exploités !




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