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Grève massive pour les salaires : trois usines Lustucru à l’arrêt

Depuis lundi soir, 90% ouvriers des usines Lustucru dans le Rhône et la Loire sont en grève pour exiger une augmentation de salaires. La colère est généralisée et après deux ans de crise sanitaire les bénéfices record ont mis le feu aux poudres.

vendredi 11 février

Crédit photo : BFM

Depuis lundi, les sites de Lorette, de Communay et de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône et la Loire, sont paralysés par une grève de 90% des ouvriers de ces usines Lustucru. La revendication au cœur de la lutte : une augmentation des salaires de 150€ bruts par mois. Une représentante de l’intersyndicale –CGT, FO, UNSA- confiait ce vendredi à l’AFP : « Les trois sites de production et le site logistique répartis entre Lorette (Loire), Communay et Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, qui comptent 420 salariés, sont toujours à l’arrêt à l’issue de cinq réunions infructueuses de négociations annuelles obligatoires des salaires pour 2022 ».

La colère est généralisée, et les bénéfices record touchés par les actionnaires ont mis le feu aux poudres. Et pour cause le groupe Ebro Foods, propriétaire de Lustucru, a vu ses bénéfices nets augmenter d’environ 36% grâce à la crise sanitaire et, selon Le Progrès : « le chiffre d’affaires 2021 de l’entreprise, qui dépasse les 150 millions d’euros, aurait affiché une progression de plus de 8 % pour un bénéfice (avant intérêts et impôts) de plus de 10 millions d’euros. » Sans surprise les travailleurs n’ont pas vu la couleur de cet argent, c’est ce que confiaient des grévistes au micro du même journal : « Ils ont affiché dans les locaux que l’entreprise venait de réaliser une année exceptionnelle, avec un record des ventes. Déjà, l’entreprise tournait bien, mais c’est encore mieux depuis la crise sanitaire… Nous aussi, on veut notre part du gâteau. Ils font des bénéfices énormes et ne veulent pas partager. »

De plus, selon Christophe Giraud, conducteur de machine, représentant du personnel et délégué FO pour France bleu « Ils sont en train d’agrandir le site pour pouvoir y produire de la farce, c’est une extension à plus de 13 millions d’euros. Donc ils ont les moyens. C’est bien d’investir dans l’entreprise, mais il faut aussi penser aux salariés ».

Et c’est pour défendre leurs droits et leurs conditions de vie que les travailleurs se sont mis en grève. A la très minime augmentation de 50€ proposés dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires, ils opposent et exigent une hausse généralisée de 150€ bruts par mois. Mais selon Stéphane Bonnet, salarié sur le site de la Lorette et délégué syndical central FO, pour le Figaro : « À l’issue d’une réunion infructueuse qui s’est tenue jeudi après-midi, la direction nous a dit qu’elle ne voulait pas reprendre les négociations. Donc, la grève se poursuit jusqu’à la semaine prochaine. » Selon les grévistes, ce mouvement pourrait durer, d’autant plus que, comme explique Mehdi, conducteur de ligne qui gère les machines de production, à France bleu « On n’a rien à perdre, avec nos bas salaires… On charbonne du matin au soir, l’usine tourne sept jours sur sept, et à la fin on ne récolte rien. On se sent comme des pions. »

Cette grève est loin d’être isolée : les mouvements pour la revalorisation des salaires se multiplient dans divers secteurs, le groupe LVMH est secoué par une grève dans cinq maroquineries, dans l’aéronotique chez Satys Cornebarrieu des revendications semblables se font entendre ou encore dans le secteur automobile avec la grève d’ISS, sous-traitant de PSA-Poissy. La grève des salariés du groupe Lustucru est un mouvement de plus dans la séquence actuelle où les travailleurs et les travailleuses sont de plus en plus nombreux à se mettre pour revendiquer des salaires à la hauteur d’une vie digne.



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