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Politique

Dans la ville rose

Grève mondiale pour le climat : 5000 jeunes manifestent à Toulouse

Ce vendredi 15 mars, la jeunesse se mobilise à l’occasion de la grève mondiale pour le climat appelée par Greta Thunberg. À Toulouse, la manifestation organisée par des lycéens et des étudiants a été une réussite.

Une mobilisation réussie !

« Grève des jeunes pour le futur // Vous ne faites rien : on prend la relève ! », peut-on lire sur la banderole en tête du cortège de la jeunesse toulousaine. En effet, que peut-on attendre de Macron et son monde à l’heure où l’on découvre sans grande surprise que leur parti pour les élections européennes est financé par des multinationales aux politiques antisociales et climaticides telles que Bayer-Monsanto

L’auto-organisation de la jeunesse est donc à l’ordre du jour face à l’absence de politique écologique et aux attaques perpétrées par l’État sur le terrain environnemental. La marche de 14h, non déclarée en préfecture et de ce fait distincte de celle prévue plus tard dans l’après-midi par le Collectif Citoyens pour le climat, est organisée par des lycéens et par des étudiants mobilisés et soutenue par une trentaine d’organisations associatives et syndicales. Les jeunes ont donc décidé de faire grève de leurs cours pour prendre la rue dans une ambiance festive et déterminée, avec une moyenne d’âge remarquablement jeune puisque même des collégiens ont suivi l’appel. La rectrice de l’académie de Toulouse invitée par les lycéens à rejoindre la marche a bien sûr décliné l’invitation, trahissant une fois de plus que ses intérêts sont contraires à ceux des jeunes qui se mobilisent pour leur avenir.

Le risque de la canalisation

La police a empêché le cortège de se diriger vers le centre-ville mais n’a pas tenté de réprimer les manifestants, ce qui est de l’ordre de l’exceptionnel par les temps qui courent. En effet, la police n’hésitait pas à réprimer les lycéens et les étudiants quand il se mobilisaient spontanément contre les réformes des lycées et de l’enseignement supérieur à la fin de l’année 2018, comme nous le rappellent les vidéos glaçantes de Mantes-la-Jolie ou encore celles des scènes d’apocalypse dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse.

Si on ne peut que se réjouir de l’absence de répression du mouvement de grève des jeunes pour le climat, cela traduit néanmoins le caractère très consensuel et de ce fait propice à la récupération politique des marches pour le climat plus « traditionnelles » qui se sont récemment développées en France et dans d’autres pays occidentaux, comme en Belgique ou au Canada. Le ministre de l’éducation Blanquer — le même qui est à l’origine de réformes visant à la sélection des jeunes— cherchait déjà à organiser un débat sur l’écologie dans les lycées à l’approche du 15 mars. Mais les jeunes ne sont pas dupes et n’attendent rien du gouvernement, comme l’ont fait comprendre notamment les Jeunes Déters - un collectif de « jeunes anticapitalistes et déterminé-e-s » étudiants et lycéens toulousains qui ont fait leur première apparition pour porter la voie anticapitaliste à l’occasion de cette journée de grève mondiale pour le climat, avec des slogans largement repris jusqu’à la tête du cortège. Puisque qu’une nouvelle journée de grève des jeunes a été annoncée pour vendredi prochain même lieu même heure, il s’agit en effet de porter dans ce mouvement plein d’espoir l’idée que capitalisme et écologie sont tout simplement incompatibles.