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Grève nationale à la Poste face à la dégradation des conditions de travail

A La Poste, ce mardi 18 mai, un appel à la grève nationale a mobilisé les postiers qui dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le gel des salaires et les primes amputées durant la crise sanitaire

mardi 18 mai

La même partie se joue un peu partout : à l’hôpital public, à l’éducation, à la poste, à la SNCF ou encore chez EDF. Procédant méthodiquement, en dégradant les conditions de travail, en réduisant les effectifs, en recourant aux contrats précaires, le patronat main dans la main avec l’Etat continuent de saper le service public avec une régularité de métronome. Les dégâts causés par la privatisation de France Télécom au tournant des années 2010 ont montré que la souffrance au travail fait partie des « coups à jouer », avec 35 suicides dans l’entreprise entre 2008 et 2009.

A La Poste, ce mardi 18 mai, un appel à la grève nationale a mobilisé les postiers qui dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le gel des salaires et les primes amputées durant la crise sanitaire. Les salariés réclament une revalorisation et la reconnaissance de leur travail quotidien et concret, effectué dans les bureaux et sur les tournées du courrier, contre l’application 2.0 du taylorisme algorithmique pratiqué par la direction. Ils revendiquent aussi l’arrêt des suppressions de postes et de fermetures des bureaux.

Alors les postiers ont continué de travailler pendant le confinement de 2020, en mettant sa santé, sa vie et celle de ses proches en risque en distribuant les courriers mais aussi les colis à une échelle de masse en raison des commerces fermés, la direction de l’entreprise - qui a fait un bénéfice de 2,1 milliards d’euros en 2020, en raison là aussi du confinement - a décidé d’augmenter les salaires de seulement 0,2% cette même année.

Ce refus de reconnaître la centralité du travail quotidien des salariés de La Poste s’ajoute à la dégradation générale des conditions de travail, avec les tournées chronométrées et calculés par modélisations mathématiques et totalement déconnectées des réalités du terrain. Et cela dans un contexte où les réorganisations suppriment des postes et augmentent les contrats précaires, le recours à des sous-traitants ubérisant de plus en plus le travail des facteurs. Les syndicats dénoncent ainsi une logique purement marchande et uniquement articulée à l’augmentation des gains de productivité, au détriment de la qualité du travail et des missions de service public de La Poste.

Ces pour ces raisons que la CGT-FAPT et SUD-PTT ont lancé un appel nationale à la grève pour réclamer « une revalorisation des salaires » et « l’arrêt des suppressions des postes et fermetures des bureaux. ». Comme l’explique la CGT-FAPT dans un communiqué « La non-reconnaissance du travail des postiers par la suppression de l’intéressement et le gel des salaires, la pression mise sur les congés, les réorganisations en cascade (...) ont nourri un fort sentiment d’injustice sociale ». Et poursuivait : « Les postiers exigent avant toute chose les moyens de bien faire leur travail pour assurer un service public postal de qualité, des emplois stables et qualifiés, plus de reconnaissance à travers les salaires ainsi que la prise en compte de leurs qualifications, des droits et garanties de haut niveau et plus de démocratie dans l’entreprise ».

Sous cette appel, selon la CGT-FATP, ce 18 mai, « partout en France, les postières et les postiers ont décidé de se mobiliser, d’agir, de cesser le travail, de se rassembler devant des bureaux de postes, devant des directions. S’il est encore un peu tôt pour avoir les remontées des chiffres de grève globaux, nous savons qu’il y avait 70% de grévistes à Narbonne PPDC, 80% à Port la nouvelle, 500 salariés étaient rassemblés devant le siège de La Poste, ce que l’on peut dire c’est que depuis très tôt ce matin c’est près d’une centaine de piquets de grève et/ou de départs en manif qui ont eu lieu sur tout le territoire (Marseille, Bordeaux, Narbonne, Evreux, Niort, Nice, Caen, Rouen, Nîmes, Nantes, Valence, Lyon, Toulouse, Moulins, La Rochelle, Aubin, Quimper, Le Mans, Clermont Ferrand. ».

L’appel à la grève nationale ce mardi 18 mai est une première étape pour affronter le projet du patronat et de l’Etat contre les services publics. Cette journée a coïncidé avec la mobilisation nationale du personnel technique des laboratoires ainsi que des anesthésistes et des infirmiers. Cela pose les bases pour construire l’unité entre les différents secteurs en lutte et construire un rapport de force par la grève qui puisse faire le gouvernement et le patronat.




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