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Manifestation nationale des Urgences : ambiance festive et combative pour les milliers de paramédicaux mobilisés

Ce mardi avait lieu une grande journée de grève à l’appel de l’Inter-Urgences et des syndicats dans le cadre du mouvement qui, depuis plusieurs mois, secoue plus d’une centaine de services d’urgence pour réclamer une revalorisation salariale de 300€ pour les personnels des Urgences ainsi que l’embauche de 10 000 soignants supplémentaires.

mardi 2 juillet

Dans le communiqué annonçant la manifestation, l’Inter-Urgences rappelait que les mesures annoncées par le gouvernement restaient toujours en décalage complet par rapport aux besoins réels des hôpitaux, et ce même si les discussions ont pu parfois progresser localement. Face au refus d’Agnès Buzyn de les recevoir, l’Inter-Urgences déplore par ailleurs « encore et toujours le manque de courage politique de notre Ministre tutélaire, qui n’a encore jamais daigné nous recevoir dans le cadre d’un dialogue social ».

Pour l’occasion, les personnels des urgences en grève s’étaient donnés rendez-vous à Bercy pour un rendez-vous réunissant Inter-Urgences et organisations syndicales (CGT, FO, SUD) avant de partir pour une manifestation dont le parcours les a conduits jusque devant le Ministère de la Santé. Pour l’occasion des grévistes de toute la France étaient présents à Paris, distinguables à leurs banderoles affichant le nom de leur service.

Passant devant l’Hôpital Necker, les manifestants de l’Inter-Urgences ont réalisé un die-in, une action symbolique qui est devenue l’une des marques de fabrique de l’Inter-Urgences qui les a multipliées ces derniers mois.

L’Inter-Urgences avait par ailleurs annoncé une manifestation à thème autour du mot d’ordre « On n’est pas des robot-soignants », pour l’occasion de nombreux manifestants étaient ainsi déguisés, maquillés en robot, ou avaient inscrit ce mot sur leurs vêtements, donnant à la mobilisation un caractère festif autant que combatif, alors que le mouvement dure depuis plus de 3 mois.

À l’issue de la manifestation qui est arrivée jusqu’au Ministère, une délégation de manifestants a été reçue. Pendant ce temps, 13 membres de l’Inter-Urgences se sont assis devant le Ministère et annoncé s’injecter 5 unités d’insuline toutes les 5 minutes jusqu’à recevoir une réponse de la Ministre, quitte à provoquer « l’hypoglycémie, le coma et la mort ».

Finalement, les militants ont été délogés par les CRS avant d’être pris en charge par le SAMU pour prévenir tout risque pour leur vie.

Des manifestations dans toute la France

Outre Paris, des manifestations avaient également lieu dans toute la France. A Caen une soixantaine de grévistes du CHU ont manifesté autour de l’hôpital et interpellé la Direction des Ressources Humaines sur leurs conditions de travail et le manque d’effectifs.

A Perpignan, dont le service des Urgences a rejoint la grève la semaine dernière, 150 personnes se sont retrouvées devant la Préfecture pour demander des moyens supplémentaires.

A Saint-Étienne, une cinquantaine de grévistes ont réalisé une action symbolique devant l’Hôtel de Ville, mettant en scène la mort des services d’urgence, asphyxiés par le manque de moyens et de personnels.

A Dunkerque, 93% du service d’urgences était en grève :

D’autres grèves, manifestations ou actions ont eu lieu à Chauny, Mercy, Lille, Calais, Douai, Châtellerault, etc. Dans différentes actions, la thématique du « robot » a également été reprise, comme à Trévenans où la trentaine de paramédicaux mobilisés refusent d’être traités « comme des machines » :

Crédit photo : Radio France / Christophe Beck

Une journée réussie qui témoigne de l’ampleur et de l’ancrage de la mobilisation des services d’Urgences dans tout le pays. Alors que la rencontre entre une délégation et le Ministère de la Santé ne semble avoir donné aucun résultat positif, le mouvement devrait se poursuivre pendant tout l’été.

Crédit photo : Stephane DE SAKUTIN / AFP.




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