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IRLANDE DU NORD

Grève pour le climat : des dockers occupent les chantiers navals de Belfast

Les chantiers navals de Harland & Wolff à Belfast, là où le Titanic a été construit, ont fait faillite. 130 ouvriers et leurs familles se retrouvent sur le carreau. En réaction, ceux-ci ont fait grève et occupé le chantier naval, dont ils revendiquent la nationalisation et l’utilisation pour la production d’énergies renouvelables.

samedi 24 août

Article initialement publié sur La Izquierda Diario - Mexique, qui fait partie du même réseau de quotidiens que Révolution Permanente. Traduction : Joachim Valente.

Une centaine d’ouvriers de chantiers naval, de la métallurgie, de soudeurs et de riveteurs ont occupé les chantiers navals de Belfast, entrés dans l’histoire en 1909 avec la construction du Titanic. Les chantiers Harland & Wollf appartiennent au groupe norvégien Dolphin Drilling, qui s’est déclaré en situation d’insolvabilité fin juillet.

Les travailleurs occupent les docks, dont ils revendiquent la nationalisation et la reconversation vers la production d’énergies renouvelables. Ils se sont également emparés des machines dont les deux grues jaunes, connues sous le nom de Samson et Goliath, qui sont une partie du paysage de Belfast.

Les ouvriers sidérurgistes ont bloqué l’accès pour empêcher le démantélement des machines : « Personne ne rentre ou sort de ce site tant que les ouvriers ne l’ont pas autorisé » confiait un représentant syndical à des médias locaux.

« Personne ne change quoi que ce soit à ce site à moins que les ouvriers ne lui ouvrent la porte. Les ouvriers resteront ici jusqu’à ce qu’ils obtiennent un résultat » ont-ils déclaré à la presse.

Ces chantiers navals employaient autrefois plus de 30 000 ouvriers. Aujourd’hui, ils se trouvent à l’abandon car ils n’ont pas trouvé de repreneurs. Désormais, les ouvriers exigent du Premier ministre britannique, Boris Johnson, la nationalisation des chantiers navals et la création de nouveaux emplois dans les énergies renouvelables.

« Le potentiel des éoliennes et de l’énergie marémotrice est énorme. Cela pourrait créer des milliers d’emplois dont nous avons besoin pour une transition juste vers les énergies renouvelables » dit un un des grévistes. Ces dernières années, les travailleurs de Harland & Wolff ont déjà construit des pièces d’éoliennes. Les grévistes avancent qu’il s’agirait d’une solution non seulement écologique mais aussi pratique, compte tenu de leur savoir-faire.

Cette grève a aussi lieu dans un contexte de mobilisations de la jeunesse pour l’écologie – une dynamique dont le mode d’action principal a été la grève scolaire. L’appel à une grève mondiale pour le climat le 20 septembre doit aussi être le moyen, à l’échelle internationale, que cette jeunesse se lie à des travailleurs et au pouvoir qu’ils possèdent quand il s’agit d’arrêter l’économie et de la reprendre à leur compte. Une tradition de grèves ouvrières dont les dockers de Belfast sont les héritiers, du début du vingtième siècle aux années 1990 lors du conflit d’indépendance Nord-irlandais, jusqu’à la bataille qui s’ouvre pour l’écologie.

Crédit photo : Unite the Union




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