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Grève reconduite ! Les salariés de Cauquil se battent pour leur futur !

Ce lundi 30 novembre, les salariés de Cauquil se sont réunis devant l’entreprise pour s’opposer au plan de suppressions d'emplois qu’impose la direction unilatéralement. En colère contre cette décision qui va ruiner la vie de dizaines de familles, les salariés de Cauquil commencent une grève pour défendre leur avenir !

lundi 30 novembre 2020

Le 5 octobre, le groupe BT2I qui regroupe plusieurs sous-traitants de l’aéronautique (MAP, Cauquil, Simair et Caromar) annonçait la fermeture des sites de Caromar et Simair-Colomiers ainsi que des plans sociaux chez Cauquil, Simair Rochefort et la MAP. La direction de Cauquil a annoncé un "PSE" (Plan de sauvegarde de l’emploi ) qui se traduit par 33 licenciements sur les 74 salariés de l’entreprise.

En plus des pratiques managériales agressives, la goutte de trop pour les salariés a été une manœuvre de la direction. Celle-ci a réduit de moitié le montant promis à propos des indemnités de départ, qui ne volaient déjà pas bien haut !

À ce jour, aucune expertise n’a même été mise en place par le CSE. La direction justifie son plan en parlant de difficultés économiques. Mais tout salarié à qui l’on demande de sacrifier sa vie et celle de sa famille au nom du profit de son patron a le droit de connaître tous les chiffres, et de savoir en détail la situation réelle. Toujours, les directions parlent de "baisse du chiffre d’affaire". Elles ne la mettent jamais en parallèle avec la baisse de la "masse salariale" dont elles ont en même temps bénéficié, en virant des intérimaires, en utilisant le chômage partiel, etc. Jamais elles ne parlent des aides de l’Etat, des subventions provenant du "fonds de modernisation" (le fameux "plan de relance de l’aéro") ou encore des énormes Prêts Garanties par l’Etat (PGE) pour assurer leur trésorerie en faisant peser les risques sur l’argent public (mais les gains, eux, seront privés).

Pour y voir clair dans tout cela, non seulement au niveau de l’entreprise, mais au niveau de TOUT le groupe (il est connu que les directions ne veulent jamais discuter à échelle des groupes et des holdings où partent une partie des dividendes...), les salariés ont raison d’exiger une expertise ! Le groupe BT2I, qui a annoncé la fermeture des sites de Caromar et Simair-Colomiers ainsi que des plans sociaux chez Cauquil, Slimair Rochefort et MAP, enregistre pourtant des chiffres records : 50M de chiffres d’affaires ! A l’image de ce succès, Battistella Florent, principal actionnaire du groupe, se place ainsi parmi les 500 plus grosses fortunes de France. La prétendue faillite n’est qu’une excuse pour faire payer la crise aux salariés, qui ont vu clair dans les manœuvres de la direction. On peut même faire remarquer, comme nous le disions à propos d’Airbus dès le premier confinement, qu’à l’échelle de toute la filière aéronautique, d’énormes profits et dividendes ont été faits ces dernières années. Où est parti cet argent aujourd’hui ? Où sont les 40 milliards de bénéfices (pas chiffres d’affaire mais bien bénéfices !) réalisés dans la seule année 2017 par exemple ?

Ce lundi matin dès 6h, une trentaine de salariés étaient rassemblés devant l’entreprise. L’objectif : dire non aux suppressions d’emplois et discuter avec les salariés qui ne seraient pas encore au courant du PSE pour les convaincre de rejoindre la lutte. Organisés en assemblée générale, ils ont pu échanger pour élaborer ensemble des revendications et s’accorder sur le message qu’ils veulent faire passer à la direction. Ils ont constitué tout récemment une section syndicale CGT et nommé un RSS (Représentant de Section Syndicale). Les salariés veulent lutter pour une augmentation des indemnités supra-légales, notamment une meilleure prise en compte de l’ancienneté et une baisse du nombre de suppressions d’emplois, ainsi que pour une expertise qui ne concerne pas seulement l’entreprise Cauquil mais l’ensemble du groupe BT2I.

Les salariés vont devoir s’affronter à une direction qui cherche à les diviser. Ce matin, certains d’entre eux qui sont au chômage partiel ont même reçu un message de la direction pour les contraindre à reprendre le travail demain. Il s’agit d’une manœuvre qui vise à casser la grève en faisant du chantage aux salariés, manœuvre qui utilise d’ailleurs le principe du chômage partiel individualisé (la direction décide qui travaille ou non) mis en place par Macron depuis le 22 avril 2020 alors même que le patron ne l’aurait pas fait validé en CSE comme la loi l’impose pourtant (pour plus de détails sur cette ordonnance, se reporter à notre article sur le sujet). Enfin, au lieu de recevoir une délégation comme les salariés le demandaient, le patron a d’abord utilisé la gendarmerie comme "médiateur", avant de daigner descendre lui-même dire aux grévistes... qu’il ne leur dirait rien ! "Consigne du groupe", comme le répète tout directeur d’entreprise qui parie sur le "pourrissement" de la grève.

Pourtant, les salariés comptent bien défendre leur dignité : ils reconduisent la grève, cherchent à l’étendre, appellent à soutien et à médiatiser leur combat. Autrement dit, les salariés relèvent la tête, et la peur pourrait bien commencer à changer de camp !

Rendez-vous sur leur piquet de grève, à partir de 6h30. Cauquil, Chemin des Landes, ZA les Landes, 31850 Mondouzil




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