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Grève suspendue chez Renault Choisy : « Le mouvement ne s’arrête pas là, on est prêt à rebloquer le site »

En grève reconductible contre la fermeture du site Renault de Choisy-le-Roi depuis le mardi 2 juin, les ouvriers de l’usine ont repris le travail ce lundi, après la venue de la direction générale du groupe jeudi et vendredi dernier. La grève est suspendue dans l’attente du prochain comité social et économique central le 16 juin, où sera présenté dans le détail le plan d’économies annoncé par le groupe automobile.

lundi 8 juin

Crédit photo FRANCOIS GUILLOT / AFP

L’usine Renault de Choisy-le-Roi est le premier site français officiellement victime du « plan de compétitivité » annoncé par le groupe automobile et qui prévoit la suppression de 15 000 emplois dans le monde dont 4600 en France. Une véritable attaque contre les travailleuses et travailleurs de chez Renault mais également du secteur automobile et contre la classe ouvrière dans son ensemble. Une offensive qui se fait avec la bénédiction de l’État qui a concédé 5 milliards d’euros de prêt au groupe automobile.

Face à cette offensive de la part de la direction du groupe, les ouvriers de l’usine de Choisy-le-Roi (260 salariés), sont entrés en lutte par une grève reconductible et un blocage de l’usine entamé le mardi 2 juin dernier. La revendication des ouvriers est simple : pas de fermeture d’usine. Une mobilisation importante dans une usine qui a connu peu de luttes sociales et contre laquelle le patronat de Renault a cru bon de s’attaquer en premier, estimant à tort qu’il y serait plus facile de licencier.

La grève a été suspendue depuis, à l’appel de l’Intersyndicale locale FO, CFDT, CGT, CFE-CGC à la veille d’une manifestation qui s’est tenue samedi 6 juin et qui a rassemblé plusieurs centaines de manifestants. Les ouvriers de différents sites Renault, leurs familles, ainsi que des militants syndicaux et des élus politiques locaux étaient présents.

La décision de suspendre la grève intervient après la venue de la direction générale du groupe Renault dans l’usine jeudi et vendredi dernier. Selon les propos de Filipé Capitao-Rebelo-da-Silva de la CGT, recueillis par l’AFP, la direction est venue insister sur le fait de ne pas commettre « de délit d’entrave tant que le dossier n’est pas passé devant le comité économique et social » (un délit d’entrave est passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 7500 euros). Ce rappel à la loi de la part de la direction est une menace claire qui illustre la stratégie du patronat dans la bataille qui s’annonce : attaquer encore et encore les ouvriers en lutte en utilisant tous les moyens à sa disposition. Nous ne pouvons donc que nous montrer solidaire et afficher notre soutien total aux ouvriers en lutte face à ces mises sous pression indignes contre des travailleurs qui se battent pour défendre leur emploi, sauver leurs vies et leurs familles.

« On a décidé de lever le piquet de grève et de laisser passer les camions mais le mouvement ne s’arrête pas là. On est prêt à rebloquer le site. » a rappelé Filipé Capitao-Rebelo-da-Silva de la CGT.

Si l’intersyndicale a appelé à interrompre la grève suite, il va sans dire qu’il va bien falloir construire une grève dure en lien avec les autres sites Renault. Face aux coups de pressions du patronat, il nous faut opposer l’unité des travailleurs en grève. La lutte doit se faire en conséquence : sans concessions et sans négociations !




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