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Groupe PSA : Tavares va s’augmenter de 14 %. Pour les ouvriers, des miettes et la précarité

Le PDG du groupe PSA verra sa rémunération augmentée de 14 % cette année, alors que les bénéfices du groupes explosent le record. Carlos Tavares a touché 7,6 millions d’euros en 2018 .

vendredi 29 mars

Crédits photo : AFP/Fabrice COFFRINI

Dans le document de référence publié mercredi on comprend que son salaire s’élèvera à 5,24 millions d’euros contre 4,707 en 2017. En 2017 déjà, il gagnait 18.500 euros par jour, augmentés donc de 14 % pour atteindre 5,24 millions d’euros. Cela revient à une rémunération de 21.000 euros par jour, à laquelle il faut encore ajouter les actions de performance valorisées à 2.4 millions d’euros : de quoi voir venir tranquillement…

Et les salariés eux n’auront que des miettes : une augmentation de 30 euros et des conditions de travail infernales

Puisqu’il faut revenir à la base, examinons ce chiffre d’affaire record et la réalisation de bénéfices en hausse de 47 %. C’est le développement d’une politique de réduction des coûts, de précarisation et de suppression de milliers de postes, ainsi que de fermetures d’usines. Sans parler des gains de productivité dans toutes les usines du groupe PSA avec des postes de travail où les salariés courent après les voitures tellement les postes de travail sont chargés, le passage en mono flux, le travail sur une seule ligne de montage et des samedi et dimanche obligatoires moins payés que la semaine suite à l’accord de compétitivité qui aggrave encore davantage. Voilà le résultat de la politique du groupe PSA, du toyotisme et du Lean management qui détruisent tous les temps morts au travail. Comprenez bien que chaque mouvement doit être productif, plus question de souffler entre deux voitures, à tel point que les salariés malades ou âgés qui ne peuvent travailler sur les chaînes sont poussés vers la sortie, puisque « non productifs ». C’est cette politique inhumaine que développe le PDG Carlos Tavares et qui est encensée par tout le patronat pour ses résultats historiques. Mais ce qui est historique ce sont les massacres des emplois et des familles ouvrières avec plus de 25 000 emplois supprimés. En revanche, cela ne fait pas la une dans les journaux.

Des usines de précaires chez PSA

10 000 précaires travaillent sur le groupe PSA. La plupart sur les lignes de montage, avec des salaires inférieurs à 1100 euros sans heures supplémentaires et au moindre faux pas ils sont renvoyés, puisque les cadences doivent être tenues, tout cela sans faire de défauts avec les postes les plus difficiles. L’exploitation n’a pas de limites pour les plus précaires. Et pour la fameuse prime de 3800 qui n’est en réalité que de 2900 euros, seuls les embauchés peuvent la toucher, les précaires, eux, ne toucheront rien. Un scandale de plus et du mépris pour tous ces intérimaires qui fabriquent les voitures et créent les richesses. Comme nous le disons : demain sans les intérimaires chez PSA, pas une voiture ne pourrait sortir des lignes de montage.

Et le vrai visage de PSA c’est celui de la souffrance au travail et de la précarité et l’augmentation de Carlos Tavares est une provocation de plus pour tous ceux qui ne peuvent pas boucler leur fin de mois. 21.000 euros par jour, plus qu’une année de salaire d’un intérimaire. Avec les 3 milliards réalisés il y aurait pourtant de quoi embaucher tous les précaires et augmenter tous les salaires.




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