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Guerre commerciale. Trump met fin au traitement préférentiel de Hong Kong

Trump saisit l'occasion de la loi de sécurité, qui restreint encore davantage les libertés à Hong Kong, pour mener sa guerre commerciale contre la Chine au prétexte d'une soi-disant défense de la démocratie. Dans un cadre de montée des tensions géopolitiques, la Chine annonce des représailles.

mercredi 15 juillet

Crédits photo : Jonathan Ernst, Reuters

Lors d’une conférence de presse ce mardi, Donald Trump a déclaré : « Aujourd’hui, j’ai signé une loi et un décret pour faire rendre des comptes à la Chine en raison de sa répression de la population de Hong Kong ». Il a précisé : « J’ai aussi signé un décret mettant fin au traitement préférentiel pour Hong Kong » ; « Hong Kong sera traité comme la Chine : pas de privilège spécial, pas de traitement économique spécial et pas d’exportations de technologies sensibles ».

Hong-Kong était jusque-là exonéré des restrictions qui s’appliquent à la Chine continentale. Une situation favorable économiquement non seulement pour Hong-Kong, mais par ricochet à toute la Chine. Hong Kong est ainsi devenu l’un des centres financiers les plus importants du monde mais aussi l’un des principaux ports mondiaux pour le trafic de conteneurs.

Guerre commerciale et hypocrisie de Donald Trump

Prétexte à cette nouvelle offensive états-unienne, la très sévère loi de sécurité mise en place par Pékin pour réprimer Hong Kong. En évoquant « de puissants nouveaux outils pour faire rendre des comptes aux individus et aux entités impliqués dans la répression des libertés à Hong Kong », Trump présente cette nouvelle attaque comme une sanction aux autorités chinoises et hongkongaises qui répriment le mouvement et les libertés démocratiques. En réalité, ce soutien apparent à la population est avant tout une manœuvre dans le cadre de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Le mouvement de contestation de ces derniers mois à Hong Kong a ouvert une brèche dans laquelle Trump s’est engouffré afin d’affaiblir un peu plus la Chine. Comme nous l’écrivions dans la dernière édition de RPDimanche, l’objectif de Washington est de forcer la Chine à ouvrir davantage son marché de consommation aux multinationales nord-américaines, ce qui pourrait représenter un danger pour l’économie nationale chinoise.

Ainsi, la concurrence entre la Chine et les États-Unis n’a rien à voir avec la « défense de la démocratie ». Il s’agit d’une concurrence stratégique sur plusieurs plans liés entre eux : économique, commercial, militaire, technologique, etc. Les États-Unis tentent d’utiliser une énième fois le prétexte de la défense de la démocratie pour atteindre leurs propres objectifs impérialistes.

Tensions géopolitiques croissantes

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères chinois a répondu au discours de Trump : « Afin de sauvegarder ses intérêts légitimes, la Chine apportera la réponse nécessaire et imposera des sanctions aux personnes et aux entités américaines concernées », menaçant ainsi les États-Unis de représailles.

La suspension de la contribution financière des Etats-Unis à l’Organisation mondiale de la santé, la course au vaccin contre le Coronavirus, les sanctions contre la Chine dans le cadre de la guerre commerciale : autant d’exemples qui témoignent des tendances actuelles au « désordre mondial ».

L’affaiblissement de l’hégémonie des États-Unis – accéléré notamment par une gestion désastreuse de la crise sanitaire et une explosion du taux de chômage – vient accélérer le bouleversement de la situation internationale. Les États-Unis cherchent donc à réaffirmer leur leadership mondial. Dans ce contexte, les grandes puissances concourent pour être les premiers à résorber les conséquences de la crise causée par le Covid-19 et rétablir leur influence économique. De cette concurrence entre grandes puissances, les travailleurs et les classes populaires de Hong Kong, de Chine continentale ou même des États-Unis n’ont rien à gagner, et auraient davantage intérêt à s’allier et combattre ensemble contre ce système.




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