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Non à la guerre !

Guerre économique. La Russie suspend ses exportations de gaz à la Pologne et à la Bulgarie 

La Pologne et la Bulgarie se sont vues notifier la suspension de leurs livraisons en gaz par le géant russe Gazprom. Même si les deux pays européens se veulent rassurants sur l’impact pour la consommation intérieure, cette surenchère russe va continuer d’impacter les travailleurs : un taux d’inflation en flèche depuis le début de la guerre, des pénuries qui s’aggravent et la menace d’une escalade militaire, ce sont bel et bien les classes populaires qui vont payer la facture !

mercredi 27 avril

Crédits photo : REUTERS/Dado Ruvic

« Suspension des livraisons de gaz à partir du 27 avril et jusqu’à ce que le paiement soit effectué »->https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-lapologne-et-la-bulgarie-annoncent-une-suspension-des-livraisons-de-gaz-russe-desmercredi_5104441.html annonçait dans un communiqué, le géant gazier russe Gazprom ce mercredi. Une annonce qui vient s’inscrire dans le bras de fer tendu entre l’OTAN et la Russie de Poutine depuis le début de la guerre Ukraine, et qui va une nouvelle fois impacter la vie de millions de travailleurs.

Les livraisons de gaz sont donc suspendues pour la Bulgarie et la Pologne, après que ces deux pays de l’OTAN aient refusé de payer en rouble comme l’exigeait la Russie, les transactions gazières. En effet, en avril dernier le chef du Kremlin avait pris des nouvelles mesures en réaction notamment, aux sanctions économiques misent en place par l’OTAN, souhaitant que désormais, les achats de gaz russe soient effectués en rouble et non plus en euro pour tous les « pays inamicaux »->https://www.revolutionpermanente.fr/Guerre-economique-Poutine-veut-imposer-le-reglement-du-gaz-russe-en-rouble].

Suite à cette sanction, les deux camps se renvoient la balle et jouent la surenchère de guerre. Alors que la société gazière polonaise PGNiG affirme qu’il s’agit d’une « violation du contrat » et que le gouvernement bulgare affirme avoir « effectué tous les paiements requis dans le cadre du contrat en temps voulu », la Russie n’ayant apparemment pas obtenu satisfaction concernant le payement en rouble des transactions gazières, a répondu en coupant les vannes. Une « bonne décision » selon le président de la Douma, Viatcheslav Volodine.

Si le régime poutinien pérore, cette décision ne saurait pour autant marquer sa faiblesse et ses tergiversations dans un bras de fer très économique très serré. En effet, l’ultimatum sur le paiement en roubles devait être rendu effectif il y a déjà trois semaines. Or, à en croire les annonces des différents gouvernements, seul le très poutinophile gouvernement hongrois était prêt à effectuer ses importations en roubles. La menace n’a donc, pour l’instant, pas été mise à exécution, ou bien commence tout juste à l’être.

Dans son communiqué Gazprom menace « la Bulgarie et la Pologne sont des pays de transit. En cas de prélèvement non autorisé de gaz russe sur les quantités en transit vers des pays tiers, les livraisons de transit seront réduites dans la même quantité ». Une menace en forme d’aveu de faiblesse, car d’une part les livraisons continuent envers d’autres « pays inamicaux » mais aussi car les gouvernements bulgare et polonais ont eu vite fait d’affirmer que les mesures de résilience face à cette sanction étaient prêtes, ce dernier prévoyant de toute façon de ne pas renouveler son contrat avec Gazprom qui arrivait à échéance dans quelques mois.

Ainsi, la ministre polonaise du Climat Anna Moskwa a-t-elle déclaré qu’« il n’y aura pas de pénurie de gaz dans les foyers polonais ». Pourtant, si les deux pays (dépendant à 50% des importations russes pour la Pologne, à 90% pour la Bulgarie) ont prévu des parades, il est clair que la facture va s’alourdir. Côté bulgare, on espère trouver de nouvelles sources d’importation avec l’Azerbaïjan tandis que la Pologne reçoit déjà des livraisons de GNL de la part des Etats-Unis et pévoit de diversifier ses approvisionnements en gaz depuis la Norvège ou les pays baltes. Il n’empêche que les gouvernements des deux pays profitent de l’argument de l’arrivée des beaux jours pour rassurer, car derrière les effets d’annonce, il s’agit d’un changement important qui se répercutera sur une inflation déjà forte.

Alors que l’OTAN et ses alliés réunis en début de semaine sur la base américaine de Ramstein en Allemagne se préparent à une guerre longue, et sont prêts à utiliser la résistance ukrainienne pour infliger une défaite stratégique à la Russie, le jeu des sanctions/contre-sanctions risque de se poursuivre. Pendant ce temps, les répercussions globales de la guerre génèrent des hausses de prix importantes et des pénuries dans de nombreux endroits de la planète. La crise actuelle au Sri Lanka en est une illustration. Le Monde rappelait également que « l’indice des prix des produits alimentaires établi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (« Indice FAO ») a déjà augmenté de 40 % au cours des deux dernières années et grimpé de 3,9 % en février par rapport au mois précédent ».



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