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Régularisation de tous les sans-papiers !

140 étudiants réfugiés d’Ukraine à Paris 8 : exigeons inscription et régularisation pour tous !

À Paris 8, près de 140 étudiants ayant fui l'Ukraine demandent une inscription pour poursuivre leurs études. Pour le moment, aucune garantie d’obtenir la moindre inscription, et encore moins une régularisation. « Il faut attendre » !

Le Poing Levé Paris 8

23 mars 2022

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À l’université Paris 8, 140 étudiant.es réfugié.es viennent d’arriver d’Ukraine, fuyant la guerre, et espèrent pouvoir s’inscrire, sans avoir pour l’instant aucune garantie de pouvoir le faire. Nous avons pu rencontrer certains d’entre eux, et, à rebours des discours humanistes du gouvernement, la réalité semble bien différente pour ces derniers. Ils étaient étudiants en médecine, agronomie, mathématiques. Du jour au lendemain ils ont pris la route suite aux premiers bombardements, abandonnant leurs appartements et leurs affaires, n’emportant que le minimum vital et le peu d’argent qu’ils ont pu sortir des banques. Ils sont arrivés à Paris après des périples de plusieurs jours, de longues marches dans le froid, ils ont pour beaucoup vécu les violences racistes aux postes frontières et les camps de réfugiés. Ils souhaitent maintenant pouvoir poursuivre les études qui ont été interrompues par l’invasion russe, mais sont maintenus par l’État français dans une situation de précarité indigne.

Un traitement inégal en fonction de l’origine des réfugiés

Cela va bientôt faire un mois que la guerre entre l’Ukraine et la Russie a commencé, le 24 février dernier. Dès le début du conflit, on a pu voir se multiplier dans les médias bourgeois les déclarations en faveur de l’accueil des réfugié.es de guerre ukrainien.nes. Sans surprise, ces déclarations n’étaient pas dépourvues d’une tonalité ouvertement raciste.

En effet, on se rappelle des déclarations du député MODEM Jean Louis Bourlanges qui qualifiait la vague d’immigration ukrainienne de « qualité », en opposition à une supposée immigration de « mauvaise qualité ». Dans la même veine, on se rappelle des déclarations de Philippe Corbé qui déclarait : « on parle pas de Syriens qui fuient les bombardements du régime syrien, on parle d’européens qui partent dans leurs voitures qui ressemblent à nos voitures, et qui essayent juste de sauver leur vie ».

Le 8 mars dernier, l’Union européenne décidait en ce sens « d’accorder une protection internationale immédiate aux personnes fuyant la guerre ». Seulement, dans les faits, il n’en va pas de même pour tout le monde. Et pour cause : fin février, nous assistions à un véritable tri raciste aux frontières entre personnes ukrainiennes et celles d’origine africaine, maghrébine ou indienne. En France, dans la même logique, le gouvernement a publié une instruction précisant que certains ne seront pas concernés par cette « protection internationale », en particulier « les ressortissants de pays tiers qui sont en mesure de regagner leur pays d’origine dans des conditions sûres et durables ». Autrement dit, beaucoup de réfugié.es d’Ukraine d’origine d’Afrique de l’Ouest ou de l’immigration maghrébine risquent d’être potentiellement expulsé.es du territoire français, rapporte Le Monde.

140 réfugié.es de guerre, à majorité maghrébin.es, délaissé.es à Paris 8

A Paris 8, il n’ y a aucune procédure en cours pour les 140 étudiants venus d’ukraine qui ont été recensé comme voulant s’inscrire. Ils ont pour la plupart traversé d’abord la Pologne, puis l’Allemagne, pour se retrouver à Saint-Denis dans l’espoir de trouver une place pour étudier, souvent au prix de beaucoup de difficultés : « On a du marcher des dizaines de kilomètres dans le froid, j’ai vu des gens mourir, c’était horrible. J’ai compris ce que voulait dire le mot guerre », nous racontait Jack*. Avant d’ajouter « on ne peut même pas aller à la préfecture demander des papiers, sinon on a le risque de recevoir une obligation de quitter le territoire français ». Un troisième ajoute que « si tu n’as pas la nationalité ukrainienne, tu ne peux pas avoir de permis de travailler, tu dois travailler sans contrat ».

Du côté de l’administration de l’Université, il faut patienter en attendant d’avoir des consignes plus claires qui émaneront du gouvernement. Pour le moment, on recense le nombre de réfugiés, on prend les numéros, les adresses mails, et on fait attendre. Concrètement, il n’y a pas d’inscription prévue pour accueillir les étudiants réfugiés, qu’ils soient de nationalité ukrainienne ou non.Pour ceux qui n’ont pas la nationalité s’ajoute à cette incertitude le risque imminent de se voir notifier une obligation de quiter le territoire. Cela s’accompagne évidement de multiples discriminations une fois entré sur le territoire français, pour ceux qui ne possèdent qu’un titre de séjour en ukraine. « Arrivé à Paris, si tu montres un titre de séjour ukrainien, mais que tu n’as pas la nationalité, c’est comme si tu n’avais pas fui la guerre. Tu dois te démerder. Il n’y a rien pour toi. Les Ukrainiens ont les trains gratuit, moi j’ai dû payer 100 euros pour venir à Paris » nous racontait Sarah*.

Ces étudiant.es, qui ont tout laissé derrière eux, se retrouvent aujourd’hui confrontés à un mépris et à une hypocrisie de la part de l’État français. L’Université quand à elle ne donne pour l’heure absoluement aucune garantie que ces étudiants pourront s’inscrire, se cachant derrière le fait que l’année soit bientôt finie, ou encore qu’il faille qu’il y ait un dispositif mis en place nationalement.

Au poing levé, nous avons toujours défendu l’accueil de toutes et tous les réfugiés, et ce, inconditionnellement. Nous exigeons qu’ils et elles soient immédiatement inscrit.es à l’université, que toustes, sans distinction de nationalité, puissent disposer d’un permis de travail sur le territoire, ainsi que d’une aide au logement, et qu’ils et elles soient immédiatement régularisé.es ! Et pour mettre en place ces mesures, ce n’est pas l’argent qui manque : Macron a annoncé tout récemment sa volonté d’augmenter à nouveau le budget de la police à hauteur de 15 milliards d’euros, et augmenter celui de l’armée de 3 milliards par an, pour contribuer à l’escalade guerrière sur le continent européen et préparer de nouvelles guerres, plus importantes encore, dont ce seront toujours les mêmes qui feront les frais. Autant d’argent qui ne sera pas investi dans les services publics, l’éducation, la santé, et l’accueuil des réfugiés qui fuient la guerre et la misère.

*Les prénoms ont été modifiés


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